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ÉLECTIONS Le tandem face aux épreuves

Programme RN 2027 : les choix de Bardella pourraient changer les retraites, l’immigration et les finances publiques

Jordan Bardella précise le rôle qu’il veut jouer auprès de Marine Le Pen et détaille les priorités du RN pour 2027. Immigration, retraites, économies budgétaires et financement de campagne sont au cœur de ses annonces.

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En bref

Jordan Bardella se présente comme un futur Premier ministre aux côtés de Marine Le Pen, candidate annoncée du RN pour 2027. Il défend 125 milliards d’euros d’économies, un référendum sur l’immigration, une réforme des retraites et une règle constitutionnelle contre le déficit. Le financement bancaire de la campagne reste incertain.

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Que ferait Jordan Bardella s’il entrait demain à Matignon ? À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le président du Rassemblement national expose déjà ses priorités : immigration, baisse des dépenses, retraites et financement politique.

Un tandem Le Pen-Bardella affiché

Lors de son déplacement à la Foire de Châlons-en-Champagne, le samedi 29 août 2026, Jordan Bardella a voulu clarifier sa relation avec Marine Le Pen.

La décision de la cour d’appel de Paris a réduit la peine d’inéligibilité qui frappait l’ancienne présidente du RN. Elle peut donc désormais se présenter à l’élection présidentielle, sous réserve des suites judiciaires de son dossier.

Pour Jordan Bardella, Marine Le Pen reste la « candidate naturelle » du parti. Il assure qu’il mènera campagne à ses côtés. Il affirme aussi se préparer à devenir le prochain chef du gouvernement.

Cette répartition des rôles est stratégique. Marine Le Pen conserve l’objectif présidentiel. Jordan Bardella se positionne comme un possible Premier ministre. Le parti cherche ainsi à éviter une rivalité publique entre ses deux principales figures.

Le président du RN rejette toute idée de déception personnelle. Il assure que les ambitions individuelles ne doivent pas passer avant la victoire de son camp. Cette mise au point vise aussi les militants et les électeurs qui le voient comme une solution de remplacement.

125 milliards d’euros d’économies annoncées

Sur le terrain économique, Jordan Bardella promet un plan d’économies de 125 milliards d’euros d’ici à 2032. Cette date correspondrait à la fin d’un éventuel quinquennat de Marine Le Pen.

Il dénonce le niveau des prélèvements et accuse l’État de gaspiller l’argent public. Sa première mesure consisterait à supprimer environ 120 taxes et impôts jugés peu rentables.

Le RN veut ainsi adresser un message aux ménages et aux entreprises qui supportent une forte pression fiscale. Les contribuables bénéficieraient d’un allègement si ces suppressions étaient effectivement financées.

Mais la promesse pose une question centrale : quelles dépenses seraient réduites ? Supprimer une taxe diminue les recettes publiques. Il faut donc compenser cette perte par des économies, une croissance plus forte ou de nouvelles recettes.

Les secteurs dépendants de la dépense publique pourraient être directement concernés. Les collectivités locales, les services publics et les ménages modestes ne subissent pas les choix budgétaires de la même manière. Une baisse uniforme des dépenses peut donc produire des effets très différents selon les territoires et les revenus.

Le RN a annoncé vouloir présenter un plan de redressement avant l’examen du prochain budget. Le débat portera moins sur l’objectif affiché que sur les mesures précises permettant de l’atteindre.

Une « règle d’or » inscrite dans la Constitution

Jordan Bardella souhaite également inscrire dans la Constitution l’objectif de réduction du déficit public. Cette « règle d’or » imposerait un cadre durable aux gouvernements successifs.

Le principe existe déjà dans plusieurs pays européens, sous des formes différentes. En France, cependant, une règle constitutionnelle ne suffirait pas à régler le problème des comptes publics. Elle devrait être accompagnée de choix annuels sur les retraites, la santé, les salaires publics et les investissements.

Le président du RN n’exclut pas de censurer le gouvernement sur le budget. Une motion de censure est un vote par lequel les députés peuvent renverser le gouvernement. Dans un Parlement sans majorité stable, cette menace peut peser lourd sur les négociations.

Pour le RN, le budget sera donc un test politique. Le parti devra choisir entre obtenir des concessions, laisser passer le texte ou provoquer une crise institutionnelle. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour les marchés, les collectivités ou les Français confrontés aux dépenses courantes.

Un référendum sur l’immigration dès les législatives ?

Jordan Bardella veut organiser « très rapidement » un référendum sur l’immigration. Il souhaite que ce vote ait lieu lors du premier tour des prochaines élections législatives.

Le projet comprendrait plusieurs mesures. Le RN cite la suppression du droit du sol, l’expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers, ainsi que la priorité nationale dans l’accès à certaines aides sociales.

Le droit du sol permet, sous certaines conditions, à une personne née en France de devenir française. La priorité nationale consisterait à réserver certains droits ou prestations aux Français, ou à les traiter différemment des étrangers.

Le parti veut aussi que les demandes d’asile soient examinées dans les ambassades et les consulats des pays de départ. Cette proposition modifierait profondément le fonctionnement actuel de l’asile, qui repose notamment sur la possibilité de demander une protection une fois arrivé sur le territoire ou à ses frontières.

Les partisans du projet y voient un moyen de reprendre le contrôle des frontières et de réduire l’immigration irrégulière. Les associations de défense des droits et les oppositions politiques contestent, elles, la compatibilité de plusieurs de ces mesures avec les principes constitutionnels, européens et internationaux.

Un référendum ne permet pas automatiquement de contourner toutes les règles juridiques. Le contenu de la question, la procédure choisie et le contrôle des institutions seraient déterminants. La procédure de révision constitutionnelle et le recours au référendum obéissent à un cadre précis.

Les retraites, point de divergence avec Marine Le Pen

Le dossier des retraites révèle une différence plus nette entre Jordan Bardella et Marine Le Pen.

Marine Le Pen défend un départ à la retraite à 60 ou 62 ans pour certaines catégories de travailleurs. Jordan Bardella préfère abandonner une référence fixe à l’âge légal. Il veut davantage prendre en compte la durée de cotisation.

Il estime également que le système actuel par répartition est « insoutenable ». Dans ce modèle, les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. Lorsque le nombre de retraités augmente plus vite que celui des actifs, l’équilibre devient plus difficile à assurer.

Jordan Bardella propose enfin de développer la capitalisation. Dans ce système, chacun accumule une épargne destinée à financer sa future retraite. Les défenseurs de cette solution y voient un complément possible. Ses détracteurs soulignent les risques liés aux marchés financiers et les inégalités entre salariés capables d’épargner et ceux qui ne le peuvent pas.

Le choix pèserait donc différemment sur les travailleurs ayant commencé tôt, les carrières longues, les indépendants et les salariés aux revenus modestes. Il pourrait aussi modifier les équilibres entre solidarité collective et épargne individuelle.

Le financement de la présidentielle en question

Jordan Bardella affirme qu’aucune banque française n’a encore accepté de financer la prochaine campagne présidentielle du RN. Il dit poursuivre ses recherches et appelle le secteur bancaire à prendre ses responsabilités.

Les banques évaluent notamment la capacité de remboursement, le risque juridique et le risque d’image d’un candidat. Pour un parti, l’absence de prêt bancaire peut limiter les dépenses de campagne et compliquer l’organisation d’une grande campagne nationale.

Le RN estime subir une forme de mise à l’écart. Ses adversaires répondent que les banques restent libres de choisir leurs clients et qu’un financement politique doit être encadré par des garanties solides.

Cette question dépasse le seul cas du RN. Elle concerne l’égalité d’accès des partis au financement électoral, la transparence des prêts et le rôle des banques dans la vie démocratique.

Les prochaines échéances à surveiller

La rentrée politique va désormais déplacer le débat vers les actes. Le RN doit préciser son plan d’économies, détailler le financement de ses promesses et harmoniser ses positions sur les retraites.

Les discussions budgétaires, attendues à l’automne, permettront aussi de mesurer sa stratégie parlementaire. Le parti soutiendra-t-il certaines mesures, négociera-t-il des modifications ou menacera-t-il de censurer le gouvernement ?

Enfin, la place de Marine Le Pen et de Jordan Bardella restera un enjeu central. Leur tandem est affiché. Mais les arbitrages sur l’économie et les retraites montreront jusqu’où cette unité peut aller.

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RÉACTIONS

1 commentaire

  1. JY2M

    Certes il reste encore du temps mais pour le cas où Marine Le Pen, aidée par exemple en cela par Jean-Luc Mélenchon si celui-ci se qualifiait pour le second tour, devenait Présidente, il faudrait commencer à réfléchir à ce qu’il faudrait faire pour que le RN n’obtienne pas de majorité aux législatives qui suivraient ce qui serait vraiment une catastrophe puisque au caractère populiste de ses mesures s’ajouterait l’amateurisme de ses équipes, l’aggravation du problème de la dette et les possibles troubles en tous genres que la victoire de l’extrême droite pourrait favoriser. Et à mon avis il faudrait avoir recours à une « technique » consistant à ce que les partis modérés (surtout ceux du centre et de la droite modérée bien que ceux de gauche pourraient aussi le faire) exigent que leurs candidats disent clairement avant le vote des législatives et ceci afin de ne pas tromper leurs électeurs s’ils pourraient envisager ou non, s’ils étaient élus, d’apporter leurs voix au RN si celui-ci obtenait un bon score en lui permettant peut-être ainsi d’obtenir une majorité. Et cette simple question pourrait éviter que le nombre de « collaborateurs » soit trop important et donc que le RN obtienne une majorité et puisse appliquer son programme. Et ensuite en fonction de leurs résultats aux législatives il conviendrait bien sûr que les partis modérés réussissent à s’entendre pour gouverner « à la place du RN ».

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