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ÉLECTIONS Le premier tour décisif

Primaire de la gauche : Jérôme Guedj veut éviter le duel Le Pen-Mélenchon dès le premier tour en 2027

Candidat à la primaire de la gauche, Jérôme Guedj refuse de considérer un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon comme inévitable. Il veut imposer une ligne républicaine, sociale et centrée sur la santé.

Citoyens anonymes échangeant devant une mairie française lors d’une scène de vie civique locale
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En bref

Jérôme Guedj veut faire de la primaire de la gauche un moyen de désigner une candidature républicaine capable de modifier le rapport de force en 2027. Il refuse de trancher sur un éventuel duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qu’il juge révélateur d’un échec dès le premier tour, et met en avant la santé, les services publics et les vulnérabilités.

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Que ferait un électeur de gauche si le second tour de la présidentielle opposait Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon ? Pour Jérôme Guedj, la question ne doit surtout pas devenir le scénario central de 2027. Car, selon lui, attendre ce duel reviendrait déjà à avoir perdu la bataille décisive : celle du premier tour.

À gauche, une primaire pour éviter la dispersion

La présidentielle de 2027 se prépare sur fond de fragmentation à gauche. Plusieurs responsables cherchent à incarner une alternative au macronisme, tout en refusant, pour certains, une nouvelle alliance avec La France insoumise.

Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à départager les candidats de la gauche sociale-démocrate et républicaine. Une primaire est un scrutin interne ou élargi qui permet de désigner un candidat commun avant l’élection présidentielle.

Raphaël Glucksmann a confirmé sa participation le 23 août 2026. Olivier Faure a, lui aussi, officialisé sa candidature à la primaire le 30 août. Jérôme Guedj, Philippe Brun, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel figurent également parmi les prétendants annoncés à ce stade. La composition annoncée de la primaire de la gauche reste toutefois susceptible d’évoluer.

Cette compétition ne porte donc pas seulement sur des personnes. Elle oppose aussi plusieurs stratégies. Faut-il rechercher un rassemblement très large de la gauche ? Ou construire une candidature autonome, éloignée de La France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon ?

Jérôme Guedj défend une gauche « républicaine »

Jérôme Guedj revendique une ligne claire. Il se présente comme le candidat d’une gauche républicaine, sociale-démocrate, laïque et universaliste. Dans son discours, la République et la laïcité doivent servir de repères pour distinguer son projet de celui de La France insoumise.

Le député socialiste de l’Essonne rappelle avoir refusé l’accord conclu avec LFI lors des élections législatives de 2024. Il présente ce choix comme une preuve de cohérence, plutôt que comme une simple déclaration de principe.

Dans son livre La République, c’est nous !, publié le 27 août 2026, il critique à la fois Jean-Luc Mélenchon et les responsables de gauche qui, selon lui, se seraient accommodés de sa ligne politique. L’ouvrage est présenté par son éditeur comme un plaidoyer pour une République sociale, laïque et fraternelle. La présentation de l’ouvrage de Jérôme Guedj précise les thèmes qu’il souhaite porter dans la campagne.

Le candidat ne veut pourtant pas réduire la primaire à un référendum sur Jean-Luc Mélenchon. Il affirme que l’adversaire prioritaire reste le Rassemblement national. Son objectif consiste à faire émerger une alternative au macronisme, mais sans laisser les débats internes de la gauche occuper tout l’espace.

Le duel Le Pen-Mélenchon, un scénario que Guedj refuse

Interrogé sur un éventuel second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, Jérôme Guedj refuse de choisir entre les deux hypothèses. Il affirme qu’il voterait pour « le candidat de la gauche républicaine », tout en excluant que Jean-Luc Mélenchon puisse représenter cette famille politique.

Lorsque la possibilité d’un vote blanc lui est soumise, il ne donne pas de réponse directe. Sa position est stratégique : il refuse de considérer ce duel comme inévitable. « C’est déjà perdu si on en arrive à cette situation », assure-t-il.

Son raisonnement repose sur une prophétie autoréalisatrice. Plus les électeurs et les responsables politiques présenteraient le duel Le Pen-Mélenchon comme certain, plus ils contribueraient à installer cette perspective. La primaire doit donc, selon lui, produire une candidature capable de modifier le rapport de force dès le premier tour.

Cette position le distingue de Philippe Brun. Le député socialiste a indiqué qu’il voterait Jean-Luc Mélenchon dans un duel face à Marine Le Pen. D’autres élus socialistes, comme Nicolas Mayer-Rossignol, ont évité de se prononcer clairement sur cette situation. Cette gêne révèle une difficulté concrète : la gauche doit combattre l’extrême droite sans effacer ses désaccords avec LFI.

Des différences de ligne, mais aussi de priorités

Jérôme Guedj insiste également sur son expérience d’élu local. Il a présidé le conseil départemental de l’Essonne. Il met en avant les services publics, l’accès aux soins, l’éducation, la transition écologique, l’innovation et la recherche.

Il veut surtout faire de la santé et des vulnérabilités un axe central de sa candidature. Il cite les personnes âgées, les personnes handicapées et les proches aidants. Selon les chiffres avancés dans l’entretien, la France compte 11 millions d’aidants.

Cette priorité répond à une réalité très concrète. Les difficultés d’accès aux médecins et les dépassements d’honoraires touchent particulièrement les ménages modestes, les personnes âgées et les habitants des territoires éloignés des grands centres urbains. À l’inverse, les électeurs disposant d’une complémentaire solide peuvent mieux absorber une partie de ces coûts.

Le candidat défend une « sécurité sociale intégrale ». L’idée consiste à améliorer les remboursements de l’Assurance maladie et à limiter la dépendance aux complémentaires santé. Une telle réforme bénéficierait d’abord aux personnes qui renoncent à certains soins faute de moyens. Elle supposerait cependant de préciser son financement et son articulation avec les mutuelles.

Guedj veut aussi revaloriser les métiers du soin et du lien social. Il évoque les salaires, la formation et la reconnaissance professionnelle. Là encore, l’enjeu dépasse le débat partisan. Les établissements de santé, les collectivités et les familles sont directement concernés par le manque de personnel et par le vieillissement de la population.

Une primaire sous tension

La primaire peut clarifier les lignes. Elle peut aussi accentuer les rivalités. Raphaël Glucksmann défend une gauche européenne et entend construire une candidature sans LFI. Olivier Faure porte une approche davantage centrée sur l’unité de la gauche, même si le périmètre exact de cette unité reste discuté.

La différence profite d’abord aux candidats qui cherchent à se distinguer. Elle complique, en revanche, la construction d’un accord après le scrutin. Le vainqueur devra convaincre les électeurs des autres candidats, mais aussi éviter une nouvelle dispersion au premier tour de la présidentielle.

La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon se trouvent au cœur de cette équation. Les écarter peut rassurer les électeurs attachés à une ligne républicaine et européenne. Mais cela peut aussi réduire les possibilités de rassemblement électoral à gauche. À l’inverse, une alliance avec LFI pourrait élargir le socle électoral, tout en provoquant des départs et des refus de soutien.

Le premier tour comme véritable rendez-vous

Pour Jérôme Guedj, le prochain enjeu est donc moins de savoir qui choisir au second tour que de construire une candidature crédible dès le premier. Il veut éviter que les électeurs votent uniquement pour empêcher un adversaire d’accéder à l’Élysée.

La primaire devra départager les candidats, préciser les règles de participation et définir le calendrier de la campagne. Elle devra surtout transformer les désaccords sur les alliances en propositions lisibles sur le pouvoir d’achat, la santé, les services publics, l’écologie et les institutions.

Le scrutin à venir dira si la gauche sociale-démocrate peut faire émerger une candidature commune. Il permettra aussi de mesurer si la promesse de clarté sur La France insoumise suffit à créer une dynamique. Pour Guedj, la ligne est fixée : éviter le « piège mortifère » du duel annoncé et reprendre la main avant le second tour.

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