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ACTUALITé NATIONALE Bercy et Matignon sous tension

Budget, pouvoir d’achat et censure : pourquoi la rentrée met la confiance dans l’exécutif à l’épreuve

Après une remontée durant l’été, la confiance accordée à Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu s’effrite à nouveau. Le budget et les négociations parlementaires seront leurs prochains tests auprès des citoyens.

Hall clair d’une institution française avec salle d’audition et agents anonymes préparant des dossiers
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En bref

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu abordent la rentrée avec une confiance limitée, après une amélioration de leurs scores durant l’été. Le budget, le pouvoir d’achat et l’absence de majorité absolue à l’Assemblée vont peser sur leur capacité à décider et à convaincre les citoyens.

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À la rentrée, les Français jugent-ils toujours crédible le tandem exécutif ? Après un léger mieux au printemps et au début de l’été, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu abordent septembre avec une confiance fragile.

Une embellie estivale qui n’a pas duré

La cote de confiance d’Emmanuel Macron reste très basse. Elle avait atteint 15 % en septembre 2025, son niveau le plus faible depuis le début de sa présidence. Puis elle était remontée progressivement jusqu’à 22 % au début de juillet 2026.

Cette progression n’a toutefois pas constitué un retournement durable. La nouvelle mesure du baromètre montre un recul à la rentrée. Le président retrouve donc une situation familière : une amélioration ponctuelle, suivie d’une nouvelle baisse.

Le mouvement est cohérent avec d’autres enquêtes récentes. En août 2026, 24 % des personnes interrogées par Elabe déclaraient faire confiance au chef de l’État pour affronter les problèmes du pays. Ce niveau progressait légèrement sur un mois, mais restait très inférieur à celui observé au début du quinquennat. Les résultats détaillés de l’Observatoire politique Elabe d’août 2026 montrent aussi que 71 % des Français ne lui faisaient pas confiance.

La remontée de l’été apparaît donc davantage comme une respiration que comme une réconciliation. Elle a pu être soutenue par l’activité internationale du président et par une actualité politique moins centrée, pendant quelques semaines, sur les tensions parlementaires. Mais elle n’a pas effacé la défiance accumulée.

Pourquoi la rentrée pèse autant sur l’exécutif

La rentrée politique remet immédiatement les sujets les plus sensibles au premier plan. Le gouvernement doit préparer le budget, répondre aux inquiétudes sur le pouvoir d’achat et trouver des majorités à l’Assemblée nationale. Or ces dossiers touchent directement la vie quotidienne.

Le budget constitue le principal test. Il fixe les dépenses de l’État, les économies demandées et les éventuelles hausses ou baisses d’impôts. Dans une Assemblée fragmentée, chaque choix peut provoquer une crise politique.

Pour Emmanuel Macron, la difficulté est double. Il doit défendre le bilan de son second mandat tout en laissant son gouvernement négocier avec des groupes politiques qui cherchent à se distinguer de l’Élysée. Cette position nourrit une impression de pouvoir affaibli, même lorsque les institutions continuent de fonctionner.

Les conséquences ne sont pas les mêmes pour tous. Les ménages surveillent les prestations sociales, les retraites, les prix de l’énergie et la fiscalité. Les entreprises attendent de la visibilité sur les charges et les investissements. Les collectivités locales, elles, redoutent une nouvelle réduction de leurs marges financières.

Sébastien Lecornu confronté à son propre test

Le Premier ministre n’échappe pas à cette mécanique. Sa cote de confiance recule également après avoir progressé depuis sa nomination. En août, l’enquête Elabe le situait à 24 % de confiance, soit deux points de moins en deux mois. Sa popularité demeurait toutefois proche de celle du président.

Cette proximité peut être un atout. Elle donne à l’exécutif une ligne politique lisible et évite que Matignon apparaisse totalement détaché de l’Élysée. Elle peut aussi devenir un handicap. Si le gouvernement porte les mêmes décisions impopulaires, le Premier ministre risque de ne pas bénéficier d’un « effet Matignon » durable.

Sébastien Lecornu doit par ailleurs convaincre au-delà du socle présidentiel. Les électeurs favorables à Emmanuel Macron lui accordent davantage de crédit que la moyenne nationale. En revanche, les catégories populaires et les retraités se montrent plus réservés. Ces écarts rappellent qu’une cote globale ne résume jamais à elle seule l’état de l’opinion.

La fonction impose aussi une contrainte particulière. Le Premier ministre doit défendre le budget devant les députés, tout en préservant la stabilité du gouvernement. Une motion de censure, c’est-à-dire un vote par lequel l’Assemblée peut faire tomber le gouvernement, reste un risque politique majeur dans une chambre sans majorité absolue.

Une défiance qui dépasse les personnes

La baisse des deux dirigeants ne peut pas être expliquée uniquement par leur communication. Elle s’inscrit dans une crise plus large de confiance envers les institutions et les responsables politiques.

Pour les soutiens de l’exécutif, les enquêtes doivent être lues avec prudence. Une hausse ou une baisse de quelques points peut refléter l’actualité du moment. Ils mettent aussi en avant la capacité du président à représenter la France à l’étranger et celle du Premier ministre à maintenir un dialogue avec des forces politiques rivales.

L’opposition avance une lecture différente. À gauche comme à droite, ses responsables estiment que la défiance traduit surtout un désaccord sur la méthode et les priorités. Ils dénoncent notamment la concentration du pouvoir autour de l’Élysée, les décisions budgétaires jugées socialement difficiles et le manque de résultats rapides sur les services publics.

Les deux lectures peuvent coexister. Une cote de confiance mesure une perception, pas un bilan complet. Elle indique cependant si les citoyens pensent encore que les dirigeants peuvent agir efficacement. Sur ce point, le niveau atteint par le président et le Premier ministre reste préoccupant pour la majorité qui les soutient.

Le budget comme prochaine échéance

Dans les prochaines semaines, l’attention se déplacera vers la présentation du projet de loi de finances et les discussions parlementaires. Le contenu du texte comptera, mais sa méthode d’adoption sera tout aussi scrutée.

Le gouvernement devra arbitrer entre réduction du déficit, protection du pouvoir d’achat et maintien des dépenses publiques. Chaque compromis pourra renforcer sa crédibilité auprès d’une partie de l’opinion. Chaque passage en force pourra, au contraire, raviver la défiance.

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ne jouent donc pas seulement leur popularité. Ils doivent démontrer que l’exécutif peut encore décider, négocier et faire voter un budget dans une période politique instable. La prochaine mesure d’opinion dira si la rentrée aura marqué un nouveau décrochage ou le début d’une stabilisation.

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