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ÉLECTIONS Le pari du recours

Présidentielle 2027 : pourquoi François Hollande laisse les électeurs de gauche attendre jusqu’à décembre

François Hollande repousse à la fin décembre sa décision sur une candidature en 2027. Hors de la primaire de gauche, l’ancien président cherche à préserver sa liberté tout en avançant ses propositions pour une gauche capable de s’élargir.

Citoyens anonymes échangeant avec un élu devant une mairie française, dans une scène locale et lumineuse
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En bref

François Hollande ne participera pas à la primaire de la gauche et attend la fin décembre pour décider s’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2027. Son livre et ses déplacements lui permettent déjà de défendre une ligne sociale-démocrate ouverte au centre, tout en conservant une liberté de décision.

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Pour les électeurs de gauche, la question est simple : qui portera leurs couleurs en 2027, et avec quelle stratégie ? François Hollande entretient cette incertitude. L’ancien président ne ferme pas la porte à une candidature, mais il refuse encore de l’ouvrir officiellement.

Une décision repoussée à la fin de décembre

François Hollande a annoncé qu’il attendrait « la fin du mois de décembre » pour faire connaître sa décision. Il l’a répété jeudi 3 septembre, lors de sa visite à la foire de Châlons-en-Champagne, dans la Marne.

Son calendrier est assumé. « Si je me lance, c’est au bon moment », a-t-il déclaré. L’ancien chef de l’État estime qu’une campagne présidentielle doit commencer suffisamment près du scrutin. Il s’appuie sur son expérience de la campagne de 2012, remportée face à Nicolas Sarkozy, puis de celle de 2017, conclue par sa décision de ne pas se représenter.

François Hollande considère aussi qu’une campagne trop longue expose les candidats. Elle multiplie les prises de position, les attaques et les occasions de se contredire. En repoussant son choix, il conserve donc une marge de manœuvre.

Cette stratégie ne signifie pas qu’il reste totalement en retrait. Son nouveau livre, Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche, publié chez Robert Laffont, rassemble plusieurs propositions politiques. Le député de la Corrèze y défend une gauche capable de parler au-delà de son électorat traditionnel, jusqu’au centre droit.

Interrogé sur ce positionnement, il a reconnu être déjà engagé dans une forme de campagne. « Si émettre des idées, c’est être en campagne, oui », a-t-il répondu. Une manière de présenter ses déplacements et ses prises de parole comme un travail de fond, plutôt que comme une déclaration de candidature.

Pourquoi la primaire ne l’intéresse pas

François Hollande a également confirmé qu’il ne participerait pas à la primaire de la gauche. Une primaire est un vote organisé pour départager plusieurs candidats avant l’élection elle-même.

Il juge que cette procédure ne correspond pas au moment politique. « Je ne pense pas que ce soit le bon calendrier », a-t-il expliqué. Il estime aussi que la méthode pourrait empêcher la gauche sociale-démocrate de choisir rapidement une figure capable de rassembler.

Son choix le place en dehors du processus de désignation soutenu par une partie du Parti socialiste et de ses partenaires. Les candidats qui y participeront devront convaincre les militants ou les sympathisants selon les règles retenues. François Hollande, lui, veut pouvoir observer le résultat sans être lié à l’un des prétendants.

Il affirme qu’il suivra néanmoins les débats et qu’il votera. « Je ne vais pas soutenir un candidat de la primaire parce que ce n’est pas à moi de soutenir. Mais je vais faire ce que doit faire tout citoyen : voter », a-t-il déclaré.

Cette position lui permet de préserver une liberté politique. Elle comporte aussi un risque. S’il se présente ensuite, il pourrait être accusé d’avoir contourné le vote organisé par la gauche. Ses soutiens peuvent y voir la possibilité d’un recours. Ses adversaires peuvent y voir une façon de ne pas accepter la règle commune.

Un espace politique entre la gauche et le centre

Le projet de François Hollande repose sur une idée centrale : la gauche ne gagnera pas en 2027 en s’adressant seulement à son socle électoral. Il cherche donc à défendre une ligne sociale-démocrate, favorable aux services publics et à la redistribution, mais aussi compatible avec les attentes d’une partie du centre.

Cette orientation vise plusieurs publics. Elle peut rassurer les électeurs qui souhaitent une alternance sans rupture radicale. Elle peut également intéresser des responsables locaux et des élus qui cherchent une candidature jugée expérimentée et capable de gouverner.

Mais cette stratégie ne répond pas aux attentes de toute la gauche. Les formations plus radicales reprochent généralement à la social-démocratie son bilan gouvernemental et ses compromis économiques. Pour leurs électeurs, une candidature Hollande pourrait symboliser le retour à une gauche de gouvernement déjà sanctionnée dans les urnes.

La question du bilan reste donc incontournable. François Hollande a dirigé la France de 2012 à 2017. Cette période a été marquée par des réformes économiques, la loi sur le mariage pour tous, les attentats de 2015 et une forte contestation sociale autour de la loi travail.

Son expérience constitue un atout pour ceux qui recherchent un candidat familier des institutions et des crises internationales. Elle représente, au contraire, une faiblesse pour ceux qui veulent renouveler les visages et les propositions de la gauche.

Une primaire fragilisée par les candidatures extérieures

Le refus de François Hollande complique la lisibilité de la compétition à gauche. Une primaire peut servir à désigner un candidat commun. Elle perd une partie de son efficacité si plusieurs personnalités importantes annoncent qu’elles resteront en dehors du processus.

Les candidats engagés dans la primaire ont intérêt à défendre sa légitimité. Elle leur offre un cadre, une visibilité et une méthode pour se départager. En revanche, ils prennent le risque de sortir affaiblis d’une confrontation interne, surtout si le vainqueur ne bénéficie pas du soutien de toutes les sensibilités.

François Hollande bénéficie d’une situation différente. En restant en retrait, il peut attendre de voir si le candidat désigné rassemble largement. Il peut aussi mesurer ses chances face aux autres prétendants à l’Élysée, notamment ceux qui cherchent à occuper l’espace central.

Cette position profite d’abord à l’ancien président et à son entourage. Elle laisse cependant les électeurs dans l’attente. Ceux-ci ne connaissent ni ses intentions définitives, ni les conditions précises qui déclencheraient sa candidature.

Ce qu’il faudra surveiller d’ici la fin de l’année

Les prochaines semaines permettront d’évaluer la réception de ses propositions et la solidité de son réseau politique. Ses déplacements, ses interventions publiques et les réactions d’élus locaux donneront des indications sur sa capacité à élargir son audience.

Il faudra surtout observer le déroulement de la primaire de la gauche. Son organisation, sa participation et le profil de son vainqueur pèseront directement sur le calcul de François Hollande.

La fin du mois de décembre constitue donc l’échéance annoncée. À cette date, l’ancien président devra choisir entre une candidature personnelle, un soutien à une autre figure ou un nouveau retrait. Pour l’instant, il entretient volontairement le suspense, tout en occupant déjà le terrain des idées.

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RÉACTIONS

1 commentaire

  1. JY2M

    Ce serait assez drôle si la situation n’était pas pour le moins critique. En effet quand on voit les différents candidats s’agiter et se transformer comme d’habitude en véritables bonimenteurs quand l’élection approche en mettant en avant quelques exemples (seulement « certains ») de ce qu’ils feraient en annonçant une partie des mesures « salutaires » qu’ils prendraient s’ils étaient élus on serait presque tenté de sourire mais il faudrait sans doute que les Français réalisent que la Présidentielle de 2027 ne sera pas une élection ordinaire car elle se situera dans un contexte particulier à cause de la dette publique gigantesque de 3.500 milliards que nous avons et de la possibilité que celui ou celle qui l’emportera n’obtienne pas une majorité aux législatives qui suivront (à cause de l’existence désormais de 3 grands blocs politiques) ce qui l’empêcherait d’appliquer son programme. Pour la dette publique il conviendrait que tous les candidats nous disent, en ne se contenant pas de simples déclarations (« les écuries d’Augias ») mais en nous donnant des détails chiffrés et non contestables, comment ils pourraient stabiliser et réduire la dette surtout si leur programme serait au contraire susceptible de l’augmenter. Et il serait aussi souhaitable que les candidats du bloc central nous disent quelles garanties nous aurions, s’ils obtenaient une majorité absolue, que des abus en tous genres ne seraient pas commis. En effet même si nous l’avons oublié la majorité absolue permet de prendre toutes les mesures que l’on souhaite même si elles n’ont pas été prévues dans le programme initial et même si elles sont excessives, le gouvernement ne pouvant être renversé. Enfin si comme c’est possible aucune majorité n’est obtenue aux prochaines législatives il faudrait sans doute et ceci d’autant plus si la candidate RN était élue à la présidentielle que les partis modérés de gauche et de droite réussissent à s’entendre pour gouverner ensemble tout en commençant à réduire la dette d’une manière acceptable.

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