Gabriel Attal mise sur une équipe ouverte pour s’imposer dans la bataille du centre avant la présidentielle 2027
Gabriel Attal dévoile une équipe mêlant élus, experts et personnalités issues de la société civile pour préparer la présidentielle 2027. Ce dispositif doit renforcer sa candidature face à Édouard Philippe et mobiliser le centre.

Gabriel Attal a présenté une équipe de campagne mêlant cadres de Renaissance, élus locaux et personnalités venues des médias ou de la société civile. Céline Géraud prend en charge la communication et le porte-parolat. Cette organisation doit aider le candidat à gagner en visibilité face à Édouard Philippe et à préparer un éventuel rassemblement du centre.
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À quoi ressemble une campagne présidentielle quand le candidat veut se présenter comme l’antithèse des appareils politiques ? Gabriel Attal mise sur une équipe composée de responsables politiques, mais aussi de profils venus des médias, du sport, de la police et de la société civile.
Un affichage de renouvellement pour 2027
Gabriel Attal a présenté, jeudi 3 septembre 2026, son dispositif de campagne pour l’élection présidentielle de 2027. L’ancien Premier ministre et actuel secrétaire général de Renaissance veut installer une image de mouvement et de renouvellement.
Le candidat a parlé de « nouveaux visages » et d’« optimisme ». Son objectif affiché : préparer « une autre présidence » et se distinguer des équipes traditionnelles, souvent organisées autour des équilibres entre partis, élus et courants internes.
« C’est une équipe de campagne qui ne ressemble à aucune autre », a déclaré Gabriel Attal. Selon lui, elle ne correspond pas à un organigramme conçu dans un état-major pour répartir des titres et des fonctions. Elle ne serait pas non plus composée uniquement de professionnels de la politique.
Le candidat a également insisté sur son propre parcours. « Je ne suis pas un homme d’appareil. Je ne l’ai jamais été », a-t-il affirmé. Gabriel Attal assure avoir toujours privilégié le contact direct avec les Français, malgré son expérience gouvernementale et son rôle à la tête de Renaissance.
Céline Géraud au premier plan de la communication
La figure la plus visible de cette présentation est Céline Géraud. Ancienne judokate de haut niveau, puis journaliste et présentatrice de télévision, elle devient responsable de la communication et du porte-parolat de la campagne.
Elle a animé la conférence de presse aux côtés du candidat. « Il paraît que la politique est un sport de combat. Ça tombe bien, j’adore ça », a-t-elle lancé. Elle a expliqué s’engager « non pas pour un camp », mais « pour un cap ».
Ce choix répond à un double objectif. D’un côté, Gabriel Attal cherche à élargir son image au-delà du cercle militant de Renaissance. De l’autre, il veut donner à sa campagne une tonalité plus médiatique et plus accessible.
Céline Géraud pilotera une équipe de porte-parole présentée comme « ancrée dans le réel ». Elle réunira Violette Spillebout, députée Renaissance du Nord, Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, Rachel Flore-Pardo, avocate et conseillère de Paris, Jad Zahab, essayiste et porte-parole du parti, ainsi qu’Abdoulaye Kanté, policier et conseiller de Paris.
Cette diversité revendiquée doit permettre de parler à plusieurs catégories d’électeurs. Les élus apportent leur expérience du terrain. Les personnalités issues de la société civile peuvent toucher des publics moins familiers de la politique. Mais cette stratégie devra aussi prouver qu’elle ne se limite pas à un dispositif de communication.
Trois codirecteurs et un réseau d’élus locaux
La direction opérationnelle de la campagne reposera sur trois codirecteurs. Maxime Cordier, directeur général de Renaissance, en fera partie. Il connaît les structures du parti et ses réseaux militants.
Fanny Anor rejoint également la direction. Elle a dirigé plusieurs cabinets ministériels de Gabriel Attal et vient de quitter son poste de préfète de l’Aisne. Son profil associe l’expérience administrative à une proximité politique avec le candidat.
Le troisième codirecteur est Franck Riester, ancien ministre et responsable des élections au sein de Renaissance. Sa mission devrait notamment concerner l’organisation politique et électorale du mouvement.
Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, prend la tête du « comité des maires ». Cette structure vise à mobiliser les élus locaux, qui jouent un rôle décisif dans une campagne présidentielle. Ils disposent de relais dans les communes, les départements et les territoires ruraux.
La députée des Hauts-de-Seine Prisca Thévenot est chargée de la mobilisation des territoires. Le défi est important pour Renaissance. Le parti conserve une implantation nationale, mais il reste moins enraciné localement que les formations disposant d’un réseau municipal ancien.
Le vrai enjeu : exister face à Édouard Philippe
Derrière la présentation des postes, la campagne répond surtout à un problème politique. Gabriel Attal et Édouard Philippe se disputent le leadership du bloc central, qui rassemble une partie des forces politiques situées entre la gauche réformiste, le centre et la droite modérée.
Édouard Philippe, président d’Horizons, a engagé sa propre démarche présidentielle. Les deux hommes ont été Premiers ministres d’Emmanuel Macron, mais ils cherchent désormais à construire une identité distincte du chef de l’État et de son bilan.
Des enquêtes d’opinion récentes placent Édouard Philippe devant Gabriel Attal dans les intentions de candidature. Une étude Ifop publiée en mai 2026 mesurait ainsi le souhait de voir Édouard Philippe candidat à 37 %, contre 29 % pour Gabriel Attal. Ces indicateurs ne prédisent pas une élection. Ils montrent toutefois le rapport de force actuel au sein du centre.
La concurrence entre les deux anciens Premiers ministres crée une difficulté supplémentaire. Une candidature unique pourrait concentrer les soutiens. Deux candidatures risquent, au contraire, de disperser les voix au premier tour.
Gabriel Attal affirme qu’un rassemblement devra s’opérer si le risque d’un second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise persiste. Cette perspective suppose que les deux camps acceptent, à terme, de se ranger derrière le mieux placé.
Une équipe qui doit maintenant convaincre
Pour Gabriel Attal, la composition de l’équipe bénéficie d’abord à sa stratégie de différenciation. Elle lui permet de se présenter comme un candidat plus jeune, plus direct et plus ouvert que les appareils politiques classiques.
Les élus locaux, eux, peuvent y trouver une place dans la définition du projet et dans la mobilisation électorale. Les professionnels de Renaissance disposent d’un cadre pour organiser la campagne. Les profils extérieurs au parti apportent une capacité de prise de parole auprès d’un public plus large.
Mais les critiques portent déjà sur le risque d’une campagne centrée sur l’image. Le principal reproche adressé à Gabriel Attal par ses adversaires consiste à juger son positionnement trop dépendant de la communication et des sondages. La présence de personnalités médiatiques ne suffira donc pas à répondre aux questions de fond : pouvoir d’achat, dette publique, services publics, immigration, sécurité ou transition écologique.
Édouard Philippe avance avec une méthode différente. Son camp met davantage en avant l’expérience, la solidité et la capacité à gouverner. Ses détracteurs y voient une démarche plus prudente, moins mobilisatrice et plus difficile à distinguer du bilan de la période Macron.
Le débat ne porte donc pas seulement sur les personnes. Il concerne aussi le type de candidature que le bloc central veut présenter aux Français : une campagne de rupture dans le style, ou une offre fondée sur la continuité et l’expérience.
Les prochaines étapes du duel centriste
La campagne de Gabriel Attal entre désormais dans une phase plus structurée. Il faudra observer la répartition concrète des rôles, les déplacements dans les territoires et la capacité de l’équipe à produire des propositions détaillées.
Le rapport de force avec Édouard Philippe sera également surveillé. Les prochains sondages, les soutiens d’élus et les éventuels ralliements pèseront sur la stratégie des deux candidats.
Une échéance se dessine déjà : les deux camps se donnent jusqu’au début de l’année 2027 pour créer les conditions d’un éventuel rassemblement autour du candidat le mieux placé. D’ici là, chacun cherchera à imposer son rythme, son style et sa définition de l’avenir du centre.



