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ÉCONOMIE & SOCIéTé Le calendrier face aux souvenirs

Vacances scolaires : le calendrier dément le souvenir d’Emmanuel Macron sur les départs du 14 juillet

Emmanuel Macron a raison sur l’allongement des vacances de la Toussaint et de printemps, mais se trompe sur les grandes vacances. Les archives montrent un calendrier plus nuancé.

Familles anonymes devant une mairie française, organisant les vacances scolaires autour d’un calendrier flou
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En bref

Les archives officielles montrent qu’Emmanuel Macron a connu des départs en vacances d’été au plus tard le 8 juillet durant sa scolarité. Les vacances de la Toussaint et de printemps ont bien doublé, passant d’une à deux semaines, mais la durée totale des congés est restée globalement stable grâce à une pause estivale plus courte.

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Les vacances d’été commencent-elles vraiment plus tard qu’avant ? Oui, dans certains cas. Mais non, elles ne débutaient pas systématiquement le 14 juillet quand Emmanuel Macron était élève. Les archives officielles racontent une histoire plus nuancée.

Une phrase présidentielle, deux affirmations différentes

Le 1er septembre, lors d’un déplacement au lycée Chaptal de Mende, en Lozère, Emmanuel Macron a été interrogé par un lycéen sur les rythmes scolaires. Le président a défendu l’idée d’une évolution récente du calendrier.

« À l’époque où on était à votre place, la Toussaint durait moins longtemps et même à Pâques c’était un peu moins », a-t-il déclaré. Il a ensuite ajouté : « Les grandes vacances se sont en fait allongées, avant c’était 14 juillet, maintenant si on tient jusqu’à fin juin on a fait un exploit. »

Ces propos mélangent deux sujets. Les petites vacances ont bien changé. En revanche, la date du début des vacances d’été ne confirme pas le souvenir présidentiel.

Le ministère de l’Éducation nationale met à disposition des archives officielles des calendriers scolaires depuis 1959. Elles permettent de comparer les dates, année après année.

Dans les années 1960 à 1980, la fin des cours arrivait surtout en juin

Dans les années 1960, 1970 et 1980, les vacances d’été commençaient généralement entre le 27 et le 30 juin. La règle n’était donc pas un départ au 14 juillet.

Les archives montrent toutefois quelques exceptions. En 1962, certaines classes avaient terminé plus tard, jusqu’au 10 juillet. Cette situation ne concerne pas la scolarité d’Emmanuel Macron, né en 1977.

Les années 1981 et 1982 ont également été particulières. Les dates de fin des cours avaient été fixées localement par les services académiques. Certaines académies avaient donc poursuivi les cours jusqu’aux 11 ou 13 juillet.

Mais ces dates ne concernaient pas tous les élèves. Dans l’académie d’Amiens, où Emmanuel Macron était scolarisé, les vacances avaient commencé les 26 et 27 juin ces deux années-là.

Le futur président a connu des départs plus tardifs pendant quatre années seulement. Entre 1991 et 1994, les vacances d’été ont commencé, selon les années, les 5, 6, 7 ou 8 juillet.

Son baccalauréat obtenu en 1995, Emmanuel Macron est donc parti au plus tard un 8 juillet durant sa scolarité. Ce calendrier était exceptionnel. Il ne correspond pas à un départ habituel au 14 juillet.

À partir des années 2000, la fin des cours en juillet est devenue plus fréquente. Elle intervient généralement entre le 2 et le 8 juillet, selon l’année et les zones académiques.

Les vacances de la Toussaint et de printemps ont bien été allongées

Sur ce point, Emmanuel Macron a raison. Dans les anciens calendriers, les vacances de la Toussaint et de Pâques duraient souvent une semaine.

Elles s’étendent désormais sur deux semaines. Cette évolution répond notamment à la volonté de mieux répartir les périodes de travail et de repos dans l’année.

Le calendrier actuel repose sur cinq périodes de cours séparées par quatre périodes de vacances. L’année scolaire compte officiellement 36 semaines de cours. Le ministère présente ce principe dans sa page consacrée aux programmes et horaires de l’école élémentaire.

Ce changement ne signifie pas pour autant que les élèves ont gagné des vacances sur l’ensemble de l’année. Pour mesurer l’évolution, il faut additionner toutes les périodes de repos.

Le volume total des vacances a peu bougé

Depuis les années 1960, le nombre total de jours de vacances scolaires reste globalement stable. Il tourne autour de 115 jours au cours des dernières années.

Les variations ont parfois été plus fortes dans le passé. Pendant la scolarité d’Emmanuel Macron, le total pouvait aller de 111 jours en 1992-1993 à 125 jours en 1989-1990.

Autrement dit, une année pouvait comporter davantage de jours de congé qu’une autre. La date de rentrée jouait aussi un rôle. Elle intervenait parfois le 10 septembre, alors qu’elle est désormais fixée au début du mois.

Le calendrier a donc redistribué les jours de repos. Les vacances intermédiaires ont été allongées. En parallèle, la pause estivale a été raccourcie.

Depuis les années 1960, cette dernière aurait diminué d’environ 20 jours. Le mouvement est important pour les familles, car il modifie la période durant laquelle elles peuvent organiser leurs congés.

Une différence qui ne touche pas tous les acteurs de la même façon

Pour les élèves, deux semaines à la Toussaint ou au printemps peuvent réduire la longueur des périodes de cours. Le rythme paraît alors plus régulier. En revanche, la fin des cours en juillet peut compliquer l’organisation des familles qui travaillent.

Les parents ne disposent pas tous des mêmes solutions. Les ménages capables de poser des congés ou de financer des activités s’adaptent plus facilement. Les familles monoparentales et celles aux horaires contraints subissent davantage les périodes de fermeture des établissements.

Les enseignants sont eux aussi concernés, mais pas de la même manière. La durée des congés ne résume pas leur temps de travail. Préparation des cours, corrections, réunions et examens prolongent souvent l’activité au-delà des jours de classe.

Enfin, les territoires peuvent connaître des situations différentes. Depuis 1995, la France métropolitaine est organisée en trois zones pour les vacances d’hiver et de printemps. Cette répartition étale les départs, ce qui bénéficie notamment au secteur touristique.

Elle ne produit toutefois pas les mêmes effets partout. Les zones très touristiques peuvent tirer profit d’une fréquentation mieux répartie. Les familles, elles, doivent parfois composer avec des calendriers différents entre enfants scolarisés dans plusieurs établissements.

Verdict : vrai pour les petites vacances, faux pour le 14 juillet

La déclaration présidentielle est donc partiellement exacte. Oui, les vacances de la Toussaint et de Pâques sont plus longues qu’auparavant. Elles sont passées d’une à deux semaines dans les calendriers scolaires.

Non, les grandes vacances ne commençaient pas habituellement le 14 juillet lorsque Emmanuel Macron était élève. Durant sa scolarité, elles ont débuté au plus tard le 8 juillet, et seulement pendant quelques années.

Plus largement, la durée totale des vacances n’a pas augmenté de façon nette. Le calendrier a surtout déplacé les jours de repos. Les petites pauses se sont allongées, tandis que la coupure estivale s’est réduite.

Ce qu’il faudra surveiller

Le débat ne porte donc pas seulement sur le nombre de jours de vacances. Il concerne aussi la répartition des périodes de cours, la fatigue des élèves et l’organisation quotidienne des familles.

Les prochaines évolutions dépendront des arbitrages du ministère de l’Éducation nationale, des consultations avec les syndicats et des discussions sur les rythmes scolaires. La question centrale restera la même : comment mieux répartir le temps scolaire sans déplacer les contraintes sur les familles et les personnels ?

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