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ÉLECTIONS Le grand rapprochement ?

Sarah Knafo tend la main au RN : l’union des droites face à l’épreuve du pouvoir en 2027

En se disant prête à rejoindre un gouvernement dirigé par Jordan Bardella, Sarah Knafo relance l’idée d’une union des droites. Mais les divergences entre le RN et Reconquête restent nombreuses.

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En bref

Sarah Knafo n’exclut pas de devenir ministre si Marine Le Pen remportait la présidentielle de 2027 et nommait Jordan Bardella à Matignon. Cette ouverture vise à rapprocher le RN et Reconquête, malgré leurs désaccords économiques, leurs rivalités passées et l’absence d’accord formel.

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Une victoire du Rassemblement national en 2027 pourrait-elle ouvrir la porte à des personnalités venues d’autres partis de droite ? Sarah Knafo répond désormais clairement : elle n’exclut pas de rejoindre un gouvernement dirigé par Jordan Bardella.

Une main tendue vers le Rassemblement national

Invitée sur LCI jeudi 3 septembre 2026, l’eurodéputée de Reconquête a été interrogée sur sa possible participation à un futur gouvernement du RN. Sa réponse est restée ouverte : « Pourquoi pas ? Si c’est sur un programme que je valide, avec lequel nos convictions sont alignées, oui. »

Cette déclaration intervient dans l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027. Dans ce scénario, la dirigeante du RN a déjà annoncé qu’elle nommerait Jordan Bardella à Matignon. Le Premier ministre dirige le gouvernement et coordonne son action, sous l’autorité du président de la République.

Le calendrier électoral prévoit un premier tour le 18 avril 2027 et un second tour le 2 mai 2027. Ces dates ont été retenues par le gouvernement en juillet 2026, même si la convocation officielle des électeurs intervient selon une procédure spécifique.

Sarah Knafo a également insisté sur la nécessité d’un accord entre les différentes composantes de la droite nationale. « Ce qui est sûr, c’est qu’on va avoir besoin de tous s’entendre », a-t-elle déclaré. Elle s’est dite favorable à une « union des droites ».

Des divergences importantes entre le RN et Reconquête

Cette ouverture ne signifie pas que Reconquête et le RN ont fusionné leurs programmes. Les deux formations partagent des positions fermes sur l’immigration, la sécurité et l’autorité de l’État. Elles restent toutefois concurrentes sur leur stratégie et sur plusieurs choix économiques.

Sarah Knafo présente Reconquête comme une « frange dans le patriotisme français ». Elle revendique une ligne « très ferme sur le régalien », c’est-à-dire sur les fonctions centrales de l’État comme la sécurité, la justice, la défense et le contrôle des frontières.

Sur l’économie, elle estime que son parti défend une approche « beaucoup plus crédible », « beaucoup plus novatrice » et « beaucoup plus révolutionnaire » que ses concurrents. Cette affirmation traduit une différence de positionnement. Reconquête cherche à incarner une droite plus libérale sur le plan économique, tandis que le RN met davantage en avant la protection sociale et le pouvoir d’achat.

Jordan Bardella est lui-même réputé porter une ligne plus favorable aux entreprises que certains responsables historiques du RN. Mais le parti conserve un discours social destiné aux catégories populaires. Il cherche ainsi à élargir son électorat au-delà de la droite conservatrice traditionnelle.

Pour les électeurs, cette différence pourrait peser concrètement. Une coalition gouvernementale devrait arbitrer entre la baisse des dépenses publiques, la protection du pouvoir d’achat, la réduction de la dette et le financement des services publics. Ces choix ne produisent pas les mêmes effets pour les ménages modestes, les retraités, les entrepreneurs ou les fonctionnaires.

Le précédent des tensions entre les deux partis

Le rapprochement évoqué par Sarah Knafo intervient après plusieurs années de rivalité. Depuis la création de Reconquête en 2021, le parti d’Éric Zemmour cherche à attirer une partie de l’électorat du RN. De son côté, le Rassemblement national veut conserver le monopole de la représentation électorale de la droite radicale.

Les relations se sont particulièrement tendues lors des élections européennes de 2024. La campagne a opposé les stratégies des deux formations. Le RN a cherché à apparaître comme une force de gouvernement. Reconquête a défendu une ligne plus offensive sur l’immigration, l’identité et la transformation de l’État.

La rupture intervenue autour de Marion Maréchal a aussi illustré ces désaccords. Plusieurs responsables de Reconquête ont alors privilégié un rapprochement avec le RN et ses alliés. Éric Zemmour et Sarah Knafo, eux, ont continué de défendre l’autonomie de leur parti.

Le contexte a depuis évolué. À l’approche de la présidentielle, l’enjeu n’est plus seulement de gagner des voix. Il consiste aussi à disposer de candidats, de cadres et de responsables capables d’exercer le pouvoir. Pour le RN, une ouverture à d’autres personnalités pourrait renforcer ses compétences dans certains domaines. Pour Reconquête, une participation au gouvernement offrirait un accès direct aux décisions publiques.

Une alliance qui reste difficile à construire

Sarah Knafo a voulu désamorcer les tensions personnelles. Interrogée sur les affrontements passés entre le RN et Reconquête, elle a déclaré : « Je ne déteste personne. » Elle a ensuite expliqué que ses combats portaient sur « la dette, les gabegies, l’insécurité, l’islamisation de mon pays ».

Cette distinction entre les personnes et les désaccords politiques vise à rendre une coopération plus acceptable. Elle ne règle cependant pas la question centrale : qui fixerait la ligne du futur gouvernement ? Une alliance ne peut fonctionner que si les partenaires s’accordent sur les priorités, la méthode et la répartition des responsabilités.

Le RN pourrait bénéficier d’une telle ouverture. Il renforcerait son image de parti capable de gouverner avec des profils venus d’autres horizons. Reconquête y trouverait aussi un intérêt. Le parti pourrait peser sur les choix économiques et sécuritaires, même s’il ne disposait pas d’un poids électoral comparable à celui du RN.

Mais les risques sont réels. Une coopération trop visible pourrait marginaliser Reconquête et accélérer son absorption par le RN. À l’inverse, un refus du RN pourrait maintenir la division de la droite nationale et compliquer la constitution d’une majorité stable après l’élection.

Les Républicains constituent un autre acteur important de cette équation. Une partie de leur électorat peut être sensible à l’union des droites. Cependant, de nombreux responsables LR refusent encore une alliance formelle avec le RN. Leur position pourrait modifier les rapports de force au second tour et lors des élections législatives.

Ce qu’il faudra surveiller

La déclaration de Sarah Knafo ne constitue pas un accord de gouvernement. Elle fixe plutôt une condition : Reconquête pourrait participer à une équipe dirigée par Jordan Bardella si le programme correspond à ses convictions.

Les prochaines étapes seront donc programmatiques. Il faudra observer les propositions communes sur l’immigration, les dépenses publiques, la dette, les entreprises et les institutions. Il faudra aussi suivre la position d’Éric Zemmour, dont le retour annoncé dans la course présidentielle peut compliquer toute stratégie d’union.

Enfin, la campagne de 2027 dira si l’appel de Sarah Knafo dépasse le simple rapprochement verbal. La question sera alors concrète : les droites concurrentes accepteront-elles de partager le pouvoir, ou chercheront-elles chacune à imposer leur propre leadership ?

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