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ÉLECTIONS Le périmètre du rassemblement

Primaire de la gauche : le choix qui peut redessiner l’avenir électoral des citoyens en 2027

Une centaine de socialistes veulent ouvrir la primaire à François Ruffin et Marine Tondelier. Face au refus de Raphaël Glucksmann, le PS doit arbitrer entre respect des règles et recherche d’un rassemblement plus large.

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En bref

Une centaine d’élus et de responsables socialistes demandent l’ouverture de la primaire à François Ruffin et Marine Tondelier. Raphaël Glucksmann refuse de modifier un cadre déjà validé par les partis participants. Pour les électeurs, ce désaccord déterminera l’étendue du choix proposé avant la présidentielle de 2027.

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Qui décidera du candidat de la gauche réformiste à la présidentielle de 2027 ? Pour une partie des socialistes, la réponse ne peut pas être arrêtée entre quelques appareils. Ils veulent ouvrir la compétition à des personnalités qui dépassent le seul Parti socialiste et son partenaire Place publique.

Une primaire pensée pour un espace politique restreint

Le Parti socialiste et Place publique ont convenu d’organiser une primaire commune afin de désigner leur candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le scrutin doit se dérouler en deux tours, les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre 2026.

Cette primaire est présentée comme celle de la gauche « socialiste et démocratique ». Elle associe également la Gauche républicaine et socialiste. Le vote doit donc rester limité à un périmètre politique précis, situé à gauche mais distinct de La France insoumise.

Le principe a été validé par les organisations concernées. Raphaël Glucksmann, figure de Place publique, fait partie des candidats déclarés. Plusieurs socialistes se sont également positionnés, parmi lesquels Philippe Brun et Jérôme Guedj.

Dans ce cadre, une centaine de responsables et d’élus socialistes demandent désormais une ouverture. Leur lettre rassemble des parlementaires, des premiers secrétaires fédéraux et des élus locaux. Ils souhaitent notamment accueillir François Ruffin et Marine Tondelier.

« Pourquoi leur fermer la porte ? »

Les signataires défendent une idée simple : une personnalité devrait pouvoir participer si elle accepte les règles du scrutin et s’engage à respecter son résultat.

Ils citent plusieurs noms. Outre François Ruffin et Marine Tondelier, ils évoquent Matthieu Pigasse. Leur raisonnement ne consiste pas officiellement à soutenir un candidat. Il vise plutôt à élargir le choix proposé aux électeurs de gauche.

« Pourquoi dresser des frontières quand nous avons besoin de bâtir des ponts ? », demandent-ils. Leur appel s’appuie sur une inquiétude politique plus large. Une gauche divisée pourrait avoir des difficultés à peser dans la prochaine présidentielle, alors que l’extrême droite occupe une place centrale dans les rapports de force nationaux.

Les responsables socialistes veulent donc transformer la primaire en outil de rassemblement. Pour eux, le vote ne devrait pas seulement départager des candidats déjà intégrés au dispositif. Il pourrait aussi servir à réunir des sensibilités aujourd’hui séparées.

Cette logique rejoint la position défendue par Olivier Faure. Le premier secrétaire du PS s’est dit favorable à une primaire allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann. L’expression résume l’objectif : réunir une gauche sociale, écologiste et proeuropéenne malgré ses désaccords.

François Ruffin veut entrer dans le débat

François Ruffin a indiqué qu’il était prêt à rejoindre la primaire. Le député de la Somme se situe toutefois à distance de la ligne défendue par Place publique. Il a quitté La France insoumise et construit depuis son propre mouvement, Debout !, avec l’ambition de parler aux classes populaires.

Son arrivée modifierait l’équilibre du scrutin. Elle pourrait attirer des électeurs sensibles aux questions de pouvoir d’achat, de désindustrialisation et de services publics. Elle élargirait aussi la compétition au-delà d’un électorat principalement urbain, diplômé et favorable à l’intégration européenne.

Pour le PS, cette ouverture présenterait un avantage et un risque. Elle pourrait donner davantage de visibilité à la primaire. En revanche, elle rendrait le résultat moins prévisible et compliquerait la construction d’un programme commun.

Pour Place publique, l’enjeu est différent. Le parti de Raphaël Glucksmann défend une orientation sociale-démocrate, très attachée à l’Europe et à la condamnation de la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine. François Ruffin porte une culture politique plus directement centrée sur les rapports de classe, la critique des élites et la reconquête industrielle.

Raphaël Glucksmann refuse de modifier les règles

Raphaël Glucksmann a rejeté l’idée d’une ouverture à François Ruffin. Il estime que le cadre a déjà été fixé par les organisations participantes et par leurs militants.

« On ne change pas les règles en cours de jeu », a-t-il déclaré. Pour le chef de file de Place publique, accepter un nouveau candidat après la définition du scrutin reviendrait à modifier les conditions de la compétition au dernier moment.

Cette position protège le cadre négocié par le PS et Place publique. Elle évite aussi d’introduire des candidatures qui n’ont pas participé à la construction de l’accord. Les militants qui ont validé ce dispositif pourraient considérer qu’une ouverture tardive remet en cause leur vote.

Mais cette stratégie comporte une contrepartie. Une primaire trop fermée risque de ne mobiliser qu’une partie limitée de la gauche. En 2017, la primaire citoyenne organisée par le PS avait attiré entre 1,5 et 2 millions de participants. Le scrutin de 2026 devra démontrer qu’il peut susciter un intérêt comparable, malgré un périmètre plus étroit.

Une bataille de méthode, mais aussi de ligne politique

Le désaccord ne porte donc pas seulement sur une question de calendrier ou de règlement. Il oppose deux conceptions de la candidature commune.

Les partisans d’une ouverture estiment que la priorité consiste à maximiser les possibilités de rassemblement. Ils veulent donner une place aux personnalités capables de parler à des électorats différents. Dans leur logique, le vote permettra ensuite de trancher.

Les défenseurs du cadre actuel privilégient la cohérence du projet. Ils considèrent qu’une primaire ne peut fonctionner que si les participants partagent un socle politique suffisamment clair. Pour eux, l’élargissement pourrait produire une campagne conflictuelle et rendre l’accord final plus difficile.

Les électeurs ne seraient pas concernés de la même manière. Les militants socialistes disposent déjà d’un cadre de vote et de règles précises. Les sympathisants extérieurs, eux, pourraient être attirés par une offre plus large, mais découragés par les conditions d’inscription et la contribution financière prévue pour participer.

Le rapport de force entre les partis compte également. Le PS apporte son réseau d’élus, ses fédérations et son implantation locale. Place publique peut s’appuyer sur la notoriété européenne de Raphaël Glucksmann et sur son positionnement dans les enquêtes d’opinion. Une arrivée de François Ruffin redistribuerait ces cartes.

Les prochaines semaines seront décisives

La question est désormais de savoir si les règles peuvent être modifiées avant le début du vote. Il faudrait un nouvel accord entre les organisations participantes, puis une validation politique et pratique du dispositif.

Le calendrier laisse peu de temps. Les débats publics doivent commencer avant les premiers votes, alors que plusieurs candidats cherchent encore à imposer leur ligne. Des débats télévisés sont notamment annoncés les 16 et 29 septembre, puis le 6 octobre.

Deux échéances seront donc à surveiller : la clarification définitive de la liste des participants et la capacité des socialistes à maintenir un accord avec Place publique. Si aucun compromis n’est trouvé, la gauche pourrait se retrouver avec une primaire social-démocrate d’un côté et une autre démarche de rassemblement de l’autre.

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