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ÉLECTIONS Le pouvoir d’achat en campagne

Carburants, salaires, dette : les propositions qui veulent rendre du pouvoir d’achat aux ménages avant 2027

À gauche, Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon placent le pouvoir d’achat au cœur de la campagne présidentielle. Carburants, marges des raffineurs, salaires et dette structurent déjà l’affrontement politique.

Main tenant un ticket et un reçu de carburant sur le fauteuil usé d’une salle culturelle française
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En bref

Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon défendent des mesures contre la hausse des prix, notamment sur les carburants, les salaires et les marges des raffineurs. Leurs propositions, qui incluent aussi un débat sur la dette publique, placent le pouvoir d’achat au centre de la campagne présidentielle et interrogent leur financement.

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Quand le prix de l’essence grimpe, les promesses électorales restent souvent abstraites. À gauche, Fabien Roussel veut au contraire ramener la campagne présidentielle sur les parkings, les stations-service et les ronds-points.

À sept mois du vote, la campagne s’installe déjà

Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 18 avril 2027. Le second tour doit avoir lieu le 2 mai. À l’automne 2026, les partis disposent donc encore de plusieurs mois pour installer leurs thèmes, tester leurs slogans et mobiliser leur électorat.

La séquence politique s’accélère pourtant. Le Rassemblement national organise sa rentrée parlementaire au Touquet. De son côté, Édouard Philippe, candidat déclaré à l’élection présidentielle, participe à un festival agricole organisé par les Jeunes Agriculteurs à Metz.

À gauche, la Fête de l’Humanité sert de tribune à deux candidatures issues de la gauche radicale. Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel y défendent des réponses différentes, mais partent d’un même constat : l’inflation pèse directement sur les travailleurs, les retraités et les ménages qui utilisent leur voiture au quotidien.

Le calendrier officiel de l’élection présidentielle peut être consulté sur le calendrier électoral de la présidentielle 2027.

Fabien Roussel veut recréer un rapport de force

Fabien Roussel a pris la parole en fin d’après-midi à la Fête de l’Humanité. Le secrétaire national du Parti communiste français a appelé les Français à « envahir les ronds-points ».

La formule renvoie directement au mouvement des « gilets jaunes », né à l’automne 2018 contre la hausse des taxes sur les carburants. Les ronds-points étaient alors devenus des lieux de rassemblement, de discussion et de contestation. Pour le dirigeant communiste, leur réinvestissement permettrait de peser sur le débat public avant 2027.

« Ne nous laissons pas tondre jusqu’à la présidentielle », a-t-il lancé. Il a ensuite appelé à « exiger la fin du racket, la baisse des taxes sur l’essence, la confiscation des profits de Total, la hausse des salaires et des pensions ».

Son intervention vise d’abord les ménages modestes et les salariés dépendants de leur voiture. Dans les zones rurales et périurbaines, les transports collectifs sont moins nombreux. Une hausse du prix du carburant réduit donc directement le revenu disponible.

La proposition de « confiscation des profits » s’inscrit dans une logique de confrontation avec les grandes entreprises de l’énergie. Elle bénéficie politiquement aux électeurs qui considèrent que les groupes pétroliers profitent de la crise. En revanche, elle ouvre une question juridique et économique : jusqu’où l’État peut-il intervenir dans les résultats d’une entreprise privée ?

Mélenchon cible les marges et les salaires

Quelques heures plus tôt, Jean-Luc Mélenchon avait également consacré son discours à la question du pouvoir d’achat. Il a mis en cause les « marges des raffineurs », affirmant qu’elles avaient « quadruplé depuis le blocage du détroit d’Ormuz ».

Son raisonnement est simple. Lorsque les prix augmentent, les entreprises de raffinage peuvent parfois accroître leur marge entre le coût du pétrole brut et le prix des produits raffinés. Pour la gauche radicale, cette évolution justifie un encadrement public des marges.

Cette lecture ne fait pas consensus. Les prix des carburants dépendent aussi du cours du pétrole, du transport, de la disponibilité des raffineries, de la demande mondiale et de la fiscalité. Une hausse des marges ne signifie pas automatiquement que la totalité de l’augmentation payée à la pompe revient aux raffineurs.

Dans une réponse publiée par l’Assemblée nationale sur les prix des carburants, le débat oppose ainsi deux approches. La première défend un plafonnement ou un contrôle des marges. La seconde insiste sur le poids des coûts internationaux et sur les limites d’un blocage décidé uniquement en France.

Jean-Luc Mélenchon propose également la mise en place de « l’échelle mobile des salaires ». Ce mécanisme consiste à indexer automatiquement les rémunérations sur l’évolution des prix. Les salariés seraient ainsi protégés contre l’inflation, mais les entreprises devraient absorber une hausse régulière de leur masse salariale.

Ses partisans y voient un moyen de préserver le niveau de vie. Ses opposants redoutent un effet d’entraînement sur les prix et les coûts de production. Le débat concerne donc directement les salariés, mais aussi les petites entreprises, les employeurs publics et les consommateurs.

La dette devient un autre front de confrontation

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs réaffirmé sa volonté d’effacer la dette de la France. Cette proposition vise à dégager des marges budgétaires pour financer des hausses de salaires, des services publics et des mesures sociales.

Elle a provoqué une riposte de Bruno Retailleau, président des Républicains. Lors du campus de rentrée des Jeunes de son parti, celui-ci a qualifié le candidat de « fée Clochette de la dette ».

Cette opposition résume deux visions du rôle de l’État. La gauche radicale considère que la dette peut être renégociée ou annulée pour répondre à l’urgence sociale. La droite insiste sur la crédibilité financière du pays, le coût des intérêts et la confiance des investisseurs.

Les premiers bénéficiaires d’un effacement seraient les finances publiques et les politiques publiques financées par l’emprunt. Mais les conséquences dépendraient de la méthode retenue. Une décision unilatérale pourrait modifier les conditions de financement de l’État et peser sur les banques, les épargnants et les entreprises.

Une rentrée politique sous le signe du pouvoir d’achat

À travers leurs discours, Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon cherchent à imposer le pouvoir d’achat comme thème central de la présidentielle. Ils parlent aux salariés, aux retraités et aux automobilistes confrontés à des dépenses incompressibles.

Leur stratégie comporte toutefois un risque. Les appels à occuper les ronds-points peuvent mobiliser une colère sociale réelle, mais ils peuvent aussi raviver le souvenir des blocages et des tensions de 2018. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour un ménage qui peut télétravailler, un artisan qui se déplace chaque jour ou une personne âgée dépendante de sa voiture.

Dans les prochaines semaines, il faudra donc surveiller trois éléments : la capacité du PCF et de La France insoumise à mobiliser au-delà de leurs électorats traditionnels, la réponse des autres candidats sur les carburants et les salaires, et la manière dont le débat sur la dette sera chiffré.

La campagne n’en est qu’à ses débuts. Mais le rapport entre prix, salaires et profits est déjà devenu l’un de ses premiers terrains de bataille.

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