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ÉLECTIONS Le retour du recours social-démocrate

Pouvoir d’achat, retraites, carburants : les choix de François Hollande qui pourraient peser sur 2027 et la gauche française

Face à la colère sociale, François Hollande défend des mesures sur les salaires, les carburants et les retraites. Il entretient aussi le doute sur une candidature en 2027 et rejette toute coalition avec LFI.

Une station-service de bord de route avec ses pompes à carburant et des voitures en attente.
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En bref

François Hollande propose d’aider les automobilistes dépendants de leur voiture, de réduire les cotisations salariales et de relever l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans. Il refuse une alliance gouvernementale avec LFI, tout en laissant ouverte l’hypothèse d’une candidature en 2027 si la gauche ne fait émerger aucune solution convaincante.

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Que peut encore proposer François Hollande à une gauche déjà engagée dans la bataille de 2027 ? Face à la hausse des carburants, au malaise sur les salaires et aux divisions entre socialistes et insoumis, l’ancien président veut apparaître comme une solution de responsabilité. Mais il entretient toujours le doute sur une éventuelle candidature.

Une colère sociale qui dépasse le prix à la pompe

Le prix des carburants est devenu le symbole d’une inquiétude plus large. Pour les ménages qui utilisent leur voiture chaque jour, chaque passage à la station-service réduit le budget disponible pour les courses, le logement ou les loisirs.

Cette pression touche aussi les professionnels. Agriculteurs, pêcheurs et transporteurs dépendent directement du carburant pour travailler. S’ils ralentissent ou interrompent leur activité, les conséquences peuvent se propager à toute la chaîne de production et de distribution.

François Hollande estime donc que le gouvernement doit d’abord montrer qu’il est présent. « Avant la colère, il y a l’inquiétude et l’interrogation : combien de temps ça va durer », a-t-il déclaré. À ses yeux, l’exécutif ne peut pas répondre à tout immédiatement. En revanche, il doit expliquer, écouter et prendre des mesures visibles.

L’ancien président relie également la flambée des prix de l’énergie au contexte international. Il met en cause l’intervention militaire américaine évoquée dans l’entretien, qu’il juge dépourvue de perspective claire. Selon lui, la France et l’Europe doivent davantage peser sur les crises extérieures qui alimentent les tensions économiques.

Pour les particuliers, sa proposition vise en priorité les « gros rouleurs », c’est-à-dire les salariés qui n’ont pas d’alternative crédible à la voiture pour se rendre au travail. Il évoque un chèque versé par l’entreprise. Cette solution bénéficierait surtout aux actifs dépendants de leur véhicule, mais elle pose aussi la question du financement et de l’égalité entre salariés selon la taille de leur employeur.

Le pouvoir d’achat passe, selon lui, par les salaires

François Hollande ne réduit pas la crise du pouvoir d’achat à l’inflation. Il affirme que le problème central reste celui des salaires. Son raisonnement est simple : lorsque les revenus progressent moins vite que les prix, les ménages perdent immédiatement de la capacité à consommer.

Il défend ainsi une baisse des cotisations salariales financée par une hausse de quatre points de la TVA. Les cotisations salariales sont prélevées sur le salaire brut pour financer notamment la protection sociale. La TVA, elle, est payée au moment de l’achat d’un bien ou d’un service.

Pour illustrer sa proposition, il cite le cas d’un salaire de 2 300 euros sur lequel 230 euros de cotisations seraient prélevés. Leur suppression permettrait, selon lui, d’augmenter de 10 % le salaire net.

Le mécanisme aurait toutefois des effets différents. Les salariés verraient leur revenu mensuel augmenter, tandis que la hausse de la TVA pèserait sur la consommation. Les ménages modestes, qui consacrent une part importante de leur budget aux dépenses courantes, pourraient donc être davantage exposés à cette fiscalité indirecte.

La proposition oppose ainsi deux priorités : augmenter rapidement le revenu disponible des actifs ou éviter une mesure susceptible d’alourdir les prix payés par tous les consommateurs.

Retraites : travailler plus longtemps et faire contribuer certains patrimoines

Sur les retraites, François Hollande défend un âge légal de départ à 63 ans. L’âge légal correspond au seuil à partir duquel un assuré peut demander sa retraite, sous réserve de remplir les conditions prévues par le système.

Il justifie cette évolution par la démographie et l’allongement de l’espérance de vie. Selon lui, il faudrait aussi pouvoir ajuster la durée de cotisation en fonction de ces évolutions afin de préserver le régime par répartition. Dans ce système, les cotisations des actifs financent directement les pensions versées aux retraités.

Cette logique ne produit pas les mêmes effets pour tous. Les salariés ayant commencé tôt, ceux qui exercent un métier pénible ou ceux dont la carrière est hachée pourraient devoir travailler plus longtemps dans des conditions difficiles. À l’inverse, les personnes disposant d’une carrière stable et d’une espérance de vie plus élevée seraient généralement mieux armées pour absorber le recul de l’âge de départ.

L’ancien président considère par ailleurs que certains retraités disposant d’un patrimoine important pourraient contribuer davantage. Il s’est lui-même présenté comme un « retraité favorisé » et a déclaré percevoir environ 10 000 euros de retraite, en additionnant sa pension d’ancien président et celle liée à la Cour des comptes.

Il distingue donc les retraités aux revenus modestes de ceux qui disposent de pensions complémentaires ou d’un patrimoine conséquent. Cette distinction ouvre un débat plus large : faut-il taxer davantage les pensions, les revenus du patrimoine ou l’ensemble des ménages aisés, quel que soit leur âge ?

Une candidature encore possible, mais pas annoncée

François Hollande refuse pour l’instant de déclarer sa candidature à la présidentielle de 2027. Il affirme ne pas rechercher un nouveau destin personnel, rappelant qu’il a déjà été président de la République.

Il laisse cependant une porte ouverte. Si un candidat ou une candidate issu des primaires socialistes porte des idées proches des siennes, il dit ne voir aucune raison de se présenter. Dans le cas contraire, il assure qu’il restera « au service » de la France.

Cette formulation entretient une double stratégie. Elle permet de rester présent dans le débat sans entrer immédiatement dans une campagne officielle. Elle lui laisse aussi la possibilité de se présenter comme un recours si la gauche sociale-démocrate ne parvient pas à s’accorder.

Le calendrier compte. Plusieurs responsables du camp social-démocrate se positionnent déjà pour 2027, tandis que le Parti socialiste débat encore de sa ligne et de sa méthode de désignation. Les débats actuels sur la candidature socialiste et les rapports avec le centre montrent que la compétition se joue aussi sur la capacité à construire une majorité.

Avec LFI, une rupture politique assumée

François Hollande exclut une coalition avec La France insoumise. Il accuse le mouvement d’être composé « d’incendiaires de la dette » et juge sa ligne incompatible avec la sienne.

Il fait une distinction entre le barrage électoral à l’extrême droite et une véritable coalition gouvernementale. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, des forces de gauche ont pu soutenir des candidatures communes pour empêcher le Rassemblement national de progresser. Mais cela ne signifiait pas, selon lui, qu’elles partageaient un programme de gouvernement.

Cette position défend les intérêts d’une gauche sociale-démocrate qui cherche à rassurer les électeurs modérés et les acteurs économiques. Elle ferme en revanche la porte à une stratégie d’union large, que d’autres responsables jugent indispensable pour éviter la dispersion des voix.

Olivier Faure a récemment défendu une approche différente. Le premier secrétaire du Parti socialiste considère Jean-Luc Mélenchon comme un concurrent, mais pas comme un ennemi, et évoque la possibilité d’un soutien de LFI sans participation au gouvernement en cas de victoire socialiste. Cette divergence sur les alliances à gauche illustre le principal désaccord stratégique du camp social-démocrate.

Des regrets sur son quinquennat, sans revanche contre Macron

François Hollande assure ne nourrir « aucune rancune et aucun esprit de revanche » envers Emmanuel Macron, qu’il avait nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée puis ministre de l’Économie.

Il reconnaît toutefois que son ancien ministre s’est éloigné de la ligne politique qu’il représentait alors. Il regrette aussi de ne pas avoir anticipé son ambition présidentielle. Avec une formule prudente, il estime qu’Emmanuel Macron n’a pas été « d’une loyauté exceptionnelle ».

L’ancien président revient enfin sur plusieurs décisions de son mandat. Il qualifie de « erreur » la retaxation des heures supplémentaires, pourtant promise pendant sa campagne. Il reconnaît également que l’affaire Leonarda n’aurait pas dû être arbitrée directement par le président de la République.

Il assume, en revanche, l’abandon du projet de déchéance de nationalité pour les binationaux après les attentats du 13 novembre 2015. Selon lui, cette mesure créait une distinction entre Français, distinction qu’il a finalement refusé de maintenir.

Le prochain test : l’unité de la gauche

La prochaine étape sera moins médiatique que stratégique. François Hollande devra préciser s’il entend réellement participer à la présidentielle ou peser sur le choix d’un candidat social-démocrate.

Dans les prochaines semaines, les débats sur les primaires, la place d’Olivier Faure, le rôle de Raphaël Glucksmann et les relations avec LFI permettront de mesurer son influence. Le niveau de la colère sociale, lui, dépendra aussi des réponses apportées aux prix des carburants, aux salaires et au financement des retraites.

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