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ÉLECTIONS La bataille de l’extrême droite

Présidentielle 2027 : ce que la candidature de Zemmour change pour les électeurs et le débat sur l’immigration

Éric Zemmour confirme qu’il portera les couleurs de Reconquête à la présidentielle de 2027. Son projet, centré sur l’immigration et la remigration, pourrait raviver les tensions à droite.

Des formulaires de parrainage et des stylos sur un comptoir de mairie, avec des mains en train de signer.
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En bref

Éric Zemmour annonce qu’il sera le candidat de Reconquête à l’élection présidentielle de 2027, devant Sarah Knafo. Il défend notamment la remigration et l’expulsion d’étrangers au chômage depuis un an. Cette ligne pourrait renforcer son identité politique, mais aussi compliquer les alliances à droite.

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Pour les électeurs, une question se pose déjà : qui portera les couleurs de Reconquête à la présidentielle de 2027 ? Éric Zemmour vient de lever le doute. Il veut conduire lui-même la prochaine campagne du parti d’extrême droite.

Une candidature annoncée, mais pas encore déposée

Jeudi 17 septembre 2026, Éric Zemmour a confirmé son intention lors d’un entretien télévisé. « Je suis candidat à la présidence de la République, je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré.

Cette prise de parole fixe la ligne politique de Reconquête. Elle ne constitue toutefois pas encore le dépôt officiel d’une candidature. D’après son entourage, une déclaration formelle doit intervenir à l’automne 2026, probablement dès le mois d’octobre.

La distinction est importante. En France, annoncer une candidature relève d’une décision politique. Participer effectivement au scrutin suppose ensuite de respecter plusieurs règles électorales. Le candidat doit notamment obtenir 500 parrainages d’élus, provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer. Aucun territoire ne peut fournir plus de 10 % de ces signatures. Les règles des parrainages présidentiels constituent donc une première étape concrète.

Le choix de Zemmour plutôt que Sarah Knafo

Depuis plusieurs semaines, une incertitude persistait au sein de Reconquête. Éric Zemmour semblait préparer une nouvelle campagne, tandis que Sarah Knafo apparaissait de plus en plus présente dans l’espace médiatique.

L’eurodéputée, qui est aussi la compagne d’Éric Zemmour, avait alimenté les spéculations sur une éventuelle candidature. Son activité politique et la publication de son livre consacré aux finances publiques avaient renforcé cette hypothèse.

L’annonce du 17 septembre met fin à ce scénario. Le parti devrait donc soutenir son fondateur, déjà candidat en 2022. Sarah Knafo conserve cependant un rôle important dans la formation. Elle peut contribuer à la stratégie, à la communication et à la recherche d’alliances à droite.

Pour Reconquête, ce choix présente un avantage immédiat : il clarifie la chaîne de décision. Il comporte aussi un risque. Éric Zemmour reste étroitement associé à sa campagne de 2022 et à un résultat inférieur à celui espéré par son mouvement.

Un programme centré sur l’immigration

Lors de son intervention, Éric Zemmour a également précisé plusieurs éléments de son programme. Le thème de l’immigration reste au cœur de son projet politique.

Le président de Reconquête défend le principe de « remigration ». Ce terme désigne, dans son discours, une politique visant non seulement à réduire l’immigration, mais aussi à organiser le départ d’étrangers présents en France.

Il propose notamment qu’un étranger au chômage depuis un an puisse être contraint de quitter le pays. Cette mesure concernerait aussi les personnes en situation régulière, c’est-à-dire celles qui disposent d’un titre de séjour valide.

Une telle orientation toucherait directement les étrangers privés d’emploi, mais aussi leurs familles et leurs employeurs. Elle poserait également des questions pratiques. Il faudrait définir les critères du chômage concerné, les procédures de départ et les voies de recours.

Le sujet ne se limite donc pas à une annonce politique. Il concerne le droit au séjour, le droit du travail et le fonctionnement des administrations. Le cadre constitutionnel applicable aux droits des étrangers devrait aussi être examiné avant toute mise en œuvre.

Un précédent électoral à dépasser

Éric Zemmour avait obtenu 7,07 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2022. Il était arrivé en quatrième position. Les résultats officiels de la présidentielle de 2022 montrent l’écart qui le séparait alors des trois premiers candidats.

Cette performance avait permis à Reconquête de s’installer dans le débat national. Elle n’avait cependant pas ouvert la voie au second tour. Depuis, le parti a connu plusieurs départs et des tensions internes. Il doit aussi composer avec la concurrence du Rassemblement national, devenu la principale force électorale de l’extrême droite.

La nouvelle candidature d’Éric Zemmour vise donc plusieurs publics. Elle s’adresse d’abord à ses militants, qui souhaitent maintenir une ligne très dure sur l’immigration. Elle cherche aussi à conserver une place dans le débat à droite, alors que d’autres personnalités veulent élargir leur électorat.

Les effets ne seront pas les mêmes pour tous les acteurs. Les grandes formations disposent de réseaux d’élus plus importants pour obtenir des parrainages. Un parti plus petit doit mobiliser davantage ses responsables locaux. Les maires, eux, se retrouvent au centre du processus, car leur signature permet ou non à un candidat d’accéder au scrutin.

Une candidature qui peut accentuer les divisions à droite

Reconquête défend une ligne plus radicale que celle des partis de droite qui cherchent à attirer un électorat plus large. Cette stratégie permet à Éric Zemmour de se différencier. Elle peut aussi limiter ses possibilités d’alliance.

Ses soutiens y voient un moyen de maintenir dans le débat des thèmes qu’ils jugent insuffisamment traités, notamment l’immigration, l’identité nationale et la sécurité. Ils considèrent que le candidat porte une rupture claire avec les politiques menées depuis plusieurs années.

Ses opposants contestent cette approche. Ils dénoncent une politique qui ferait peser sur les étrangers une responsabilité générale dans les difficultés économiques et sociales. Ils soulignent aussi les conséquences humaines d’une expulsion liée à la durée du chômage, notamment pour les personnes installées légalement en France.

Les associations, les syndicats et une partie de la gauche devraient donc concentrer leurs critiques sur la faisabilité juridique et les effets sociaux du programme. À droite, la question sera différente : faut-il reprendre certaines propositions de Reconquête, ou maintenir une distance avec ce parti ?

Les prochaines étapes à surveiller

La première échéance sera la déclaration formelle annoncée pour l’automne 2026. Elle permettra de connaître le calendrier de campagne et l’organisation retenue par Reconquête.

Il faudra ensuite observer la capacité du parti à réunir les 500 parrainages nécessaires. Le contenu détaillé du programme sera également déterminant. Les propositions sur l’immigration devront être confrontées au droit français, au droit européen et aux contraintes administratives.

Enfin, la place de Sarah Knafo et les éventuelles discussions avec d’autres forces de droite seront suivies de près. L’annonce d’Éric Zemmour clarifie le nom du candidat. Elle ouvre maintenant une autre bataille : transformer cette décision en candidature viable et en offre électorale durable.

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