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ACTUALITé NATIONALE Pouvoir d’achat sous pression

Aide carburant : ce que la prolongation des gros rouleurs pourrait changer pour les travailleurs modestes

L’aide de 100 euros destinée aux travailleurs modestes qui roulent beaucoup sera prolongée au-delà du 30 septembre. Le gouvernement doit encore préciser son montant, ses critères et son articulation avec un nouveau dispositif annoncé pour octobre.

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En bref

Le gouvernement maintiendra au-delà du 30 septembre l’aide de 100 euros destinée aux actifs modestes utilisant leur véhicule pour travailler. Serge Papin évoque une prolongation ou une modification du dispositif, tandis qu’une nouvelle aide pour les travailleurs les plus précaires est annoncée à partir du 1er octobre. Les critères et le montant restent à définir.

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Pour un salarié qui n’a pas d’alternative à la voiture, quelques centimes de plus à la pompe peuvent rapidement déséquilibrer le budget du mois. Le gouvernement veut donc maintenir son aide aux « gros rouleurs », mais son format pourrait changer après le 30 septembre.

Une aide prolongée au-delà du 30 septembre

L’aide destinée aux travailleurs qui utilisent beaucoup leur véhicule ne s’arrêtera pas à la date initialement prévue. Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, l’a annoncé vendredi 18 septembre sur TF1.

« L’aide aux gros rouleurs en tant que telle ne s’arrêtera pas au 30 septembre », a déclaré le ministre. Il a également indiqué qu’une réunion devait se tenir lundi autour du Premier ministre pour prolonger les dispositifs et définir leurs nouvelles modalités.

Le principe est donc acté. En revanche, le gouvernement n’a pas encore arrêté la forme exacte de la mesure. Plusieurs options restent ouvertes : reconduire l’aide actuelle, augmenter son montant ou élargir le nombre de bénéficiaires.

Une autre possibilité consisterait à réserver la prolongation aux personnes qui remplissent déjà les conditions, mais n’ont pas encore effectué leur demande. Cette hypothèse permettrait de toucher les bénéficiaires oubliés sans créer automatiquement une nouvelle aide pour ceux qui ont déjà reçu les 100 euros.

Qui peut bénéficier du dispositif actuel ?

L’aide s’élève aujourd’hui à 100 euros. Elle vise les actifs dont les revenus restent sous un certain plafond et qui utilisent leur véhicule personnel dans le cadre de leur activité professionnelle.

Pour être considéré comme un « gros rouleur », il faut effectuer plus de 15 kilomètres par trajet entre son domicile et son lieu de travail. Autre possibilité : parcourir plus de 8 000 kilomètres par an pour son activité professionnelle.

Le dispositif concerne les salariés comme certains travailleurs indépendants. Le véhicule doit être utilisé à des fins professionnelles. Les voitures thermiques et les hybrides non rechargeables sont éligibles dans le cadre actuel. Les véhicules de fonction, les poids lourds et plusieurs catégories de véhicules professionnels bénéficient de règles distinctes.

La demande s’effectue en ligne sur le site des impôts. Le demandeur doit notamment fournir son numéro fiscal, l’immatriculation du véhicule et les informations figurant sur sa carte grise.

Selon Serge Papin, environ 1,5 million de personnes ont déjà demandé l’aide. Le gouvernement estime pourtant que trois millions de Français pourraient potentiellement y prétendre. La moitié du public ciblé n’aurait donc pas encore utilisé le dispositif.

Un ciblage social, mais des démarches qui excluent certains ménages

Cette aide ne fonctionne pas comme une remise générale à la pompe. Elle ne bénéficie pas à tous les automobilistes. Le gouvernement cherche à concentrer l’argent public sur les actifs modestes qui ne peuvent pas facilement réduire leurs déplacements.

Ce ciblage répond à une réalité territoriale. Une récente étude de l’Insee sur le poids du carburant dans les budgets montre que les ménages ruraux sont davantage exposés. Les trajets y sont souvent plus longs. Les transports en commun et les services du quotidien sont aussi moins accessibles.

En 2021, 2,2 millions de ménages propriétaires d’une voiture consacraient déjà plus d’un mois de revenus annuel aux dépenses de carburant. Selon les simulations de l’Insee, une envolée comparable à celle observée au printemps 2026 aurait porté ce nombre à 4,7 millions de ménages, soit 22,4 % des ménages équipés d’une voiture.

Les effets ne sont toutefois pas les mêmes partout. Dans les zones urbaines denses, certains actifs peuvent prendre les transports collectifs, marcher ou télétravailler. Dans les petites villes, les couronnes périurbaines et les territoires ruraux, la voiture reste souvent nécessaire pour aller travailler, faire les courses ou accéder aux soins.

Le dispositif favorise donc les travailleurs qui connaissent précisément les critères et maîtrisent les démarches numériques. À l’inverse, les personnes éloignées des services publics ou peu à l’aise avec les procédures en ligne peuvent passer à côté de l’aide. Le faible taux de recours pose ainsi une question pratique, au-delà du montant annoncé.

Une nouvelle aide pour les actifs les plus précaires

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a de son côté évoqué un « nouveau dispositif d’aide à destination des Français les plus précaires qui travaillent ». Cette mesure doit entrer en vigueur à partir du 1er octobre.

Cette annonce entretient encore le flou sur l’articulation entre les deux dispositifs. Le gouvernement pourrait maintenir une aide spécifique aux gros rouleurs et créer, en parallèle, un soutien plus large destiné aux actifs aux revenus les plus faibles.

Pour les bénéficiaires, la différence sera importante. Une aide élargie pourrait concerner des personnes qui parcourent moins de kilomètres, mais dont le budget reste très contraint. À l’inverse, une hausse du montant actuel profiterait d’abord aux travailleurs déjà identifiés comme gros rouleurs.

Le choix dépendra aussi du coût pour les finances publiques. Plus les critères seront larges, plus le nombre de bénéficiaires augmentera. À l’inverse, un dispositif très ciblé limitera la dépense, mais laissera de côté des ménages qui subissent eux aussi la hausse des prix.

Les secteurs professionnels bénéficient d’un calendrier distinct

Les particuliers ne sont pas les seuls concernés. Le gouvernement a également annoncé la prolongation des soutiens destinés aux secteurs particulièrement dépendants du carburant.

La pêche, l’agriculture et le bâtiment doivent conserver leurs aides jusqu’au 31 décembre. Ces professions subissent directement la hausse des coûts de fonctionnement. Le carburant représente une dépense difficile à réduire pour les bateaux, les engins agricoles ou les véhicules de chantier.

Les pêcheurs doivent bénéficier d’un soutien porté au maximum autorisé par les règles européennes. Le montant pourrait atteindre environ 35 centimes par litre jusqu’à la fin de l’année.

Cette différence de calendrier montre que le gouvernement traite séparément les ménages et les entreprises. Pour les particuliers, la priorité est le pouvoir d’achat et l’accès à l’emploi. Pour les professionnels, l’objectif est aussi d’éviter des arrêts d’activité ou une hausse brutale des coûts de production.

Ce qu’il faudra surveiller la semaine prochaine

La réunion prévue lundi autour du Premier ministre doit préciser trois points : le montant de l’aide, ses critères d’accès et la manière de traiter les demandes déjà déposées.

Le gouvernement devra également expliquer si le nouveau dispositif du 1er octobre remplacera l’aide actuelle ou s’y ajoutera. Les travailleurs concernés devront enfin savoir si une nouvelle démarche sera nécessaire.

La décision sera particulièrement attendue dans les territoires où la voiture reste indispensable pour conserver son emploi. Elle permettra aussi de mesurer l’équilibre choisi entre soutien immédiat au pouvoir d’achat, coût budgétaire et réduction de la dépendance aux carburants.

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