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ACTUALITé NATIONALE Le pouvoir d’achat sous tension

Prix des carburants et menace russe : les choix de Macron pèseront-ils sur le quotidien des Français ?

Lors de son interview télévisée, Emmanuel Macron a défendu sa stratégie face à la hausse des carburants, alerté sur la menace russe et écarté une nouvelle dissolution, sans dévoiler ses intentions pour 2027.

Salle de conférence de l’Élysée vide, table en U, micros et dossiers vierges sous une lumière matinale claire.
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En bref

Emmanuel Macron veut contenir la hausse à la pompe en agissant sur les approvisionnements, les stocks et la diplomatie plutôt qu’en baissant immédiatement les taxes. Il appelle aussi la France à se préparer à une menace russe accrue, refuse une nouvelle dissolution et ne prend pas position pour la présidentielle à venir.

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Pourquoi le plein devient-il plus cher, alors que la France redoute aussi une nouvelle crise internationale ? Dans son interview télévisée du jeudi 24 septembre 2026, Emmanuel Macron a lié le pouvoir d’achat, la sécurité européenne et la préparation de la présidentielle.

Une intervention dans un climat de crise

Le président de la République s’est exprimé à 20 heures sur TF1 et France 2, depuis l’Élysée. Il ne s’était plus livré à cet exercice depuis juin 2024, avant la dissolution de l’Assemblée nationale.

Cette prise de parole intervient à sept mois de la fin de son mandat. Elle intervient aussi après une réunion organisée le vendredi 18 septembre avec les chefs de partis et les candidats à la présidentielle. L’objectif affiché était de présenter l’état des menaces internationales et leurs conséquences concrètes en France.

La hausse des prix des carburants constitue le sujet le plus immédiat pour les ménages. Elle touche directement les automobilistes, mais aussi les entreprises de transport, les agriculteurs, les artisans et les services publics dépendants de la voiture ou du camion.

Le gouvernement cherche donc à éviter une nouvelle crise sociale. Toutefois, ses marges de manœuvre sont limitées par la dette publique et par les tensions politiques autour du prochain budget.

La Russie, une menace que l’Élysée veut prendre au sérieux

Emmanuel Macron a démenti l’existence d’un rapport détaillé de la CIA annonçant des attaques russes de drones en Europe. Il a précisé que les services français n’avaient pas été informés d’un tel scénario.

Le chef de l’État n’a pas pour autant minimisé la situation. Selon lui, la Russie a « multiplié les actes hostiles » en Europe. Il a averti qu’une attaque n’avait pas eu lieu en France, mais qu’elle pouvait se produire.

Cette distinction est importante. Le président ne présente pas une attaque comme certaine. Il estime cependant que la France doit renforcer sa préparation face aux actes de sabotage, aux opérations clandestines et aux attaques visant des infrastructures sensibles.

La présidence avait déjà évoqué cette évolution lors de la réunion du 18 septembre. Les responsables du renseignement et de la défense avaient alors présenté les risques liés aux infrastructures, à l’énergie et aux ingérences étrangères. La réunion de l’Élysée sur les crises internationales a aussi mis en avant la dépendance européenne aux approvisionnements énergétiques.

Emmanuel Macron a également jugé crédible le scénario d’une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes. Cette hypothèse pèserait sur la guerre en Ukraine, mais aussi sur la sécurité européenne et sur les dépenses militaires françaises.

Carburants : agir sur les approvisionnements avant les taxes

Face au risque de pénurie, Emmanuel Macron affirme que la France « fait tout » pour maintenir les livraisons. Il mise d’abord sur l’action diplomatique et sur la sécurisation des routes énergétiques.

Le président propose notamment un « double moratoire » en Ukraine. Le principe serait de suspendre les frappes contre les raffineries russes et les combats en mer Noire. L’objectif consiste à réduire les perturbations sur les marchés pétroliers et à faciliter les transports.

Cette proposition ne dépend toutefois pas de la France seule. Elle suppose un accord entre les acteurs de la guerre et un engagement militaire crédible. Elle se heurte donc aux rapports de force entre Moscou, Kyiv, Washington et les pays européens.

Emmanuel Macron veut aussi rouvrir le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour les exportations de pétrole. Il souhaite enfin que les pays du G7 libèrent une partie de leurs stocks afin de détendre le marché.

La France prévoit par ailleurs d’envoyer des moyens militaires pour protéger un site énergétique en Arabie saoudite. Cette décision montre que la crise des carburants ne concerne pas seulement les stations-service. Elle dépend aussi de la sécurité des installations et des voies maritimes.

Le président a également averti Donald Trump qu’un arrêt des exportations américaines de pétrole serait une mauvaise décision. Une telle mesure ferait monter les prix, selon Emmanuel Macron. Elle réduirait aussi l’offre disponible sur un marché déjà fragilisé.

Baisser les prix ou réduire les taxes ?

La réponse de l’exécutif diverge de celle de Marine Le Pen et des responsables demandant une baisse des taxes sur les carburants. Emmanuel Macron préfère agir directement sur les prix avant de réduire les prélèvements.

Son argument est budgétaire. Une baisse des taxes représente un manque à gagner pour l’État. Sans financement clairement identifié, elle peut donc conduire à davantage de déficit ou à des économies sur d’autres politiques publiques.

Le président a résumé sa position ainsi : « Ceux qui proposent de baisser les taxes sans dire comment les financer vous feront payer le coût dans vos crédits à la consommation ou vos emprunts. »

Cette stratégie protège davantage les finances publiques. Elle laisse cependant les ménages exposés à la hausse des prix tant qu’aucune mesure concrète ne réduit la facture à la pompe.

Les grands groupes de transport peuvent parfois négocier leurs achats ou répercuter une partie des coûts. Les salariés qui utilisent leur voiture pour travailler disposent de moins de solutions. L’impact est aussi plus fort dans les zones rurales et périurbaines, où les transports collectifs sont moins nombreux.

Le « quoi qu’il en coûte » assumé, mais un modèle social critiqué

Emmanuel Macron ne regrette pas les dépenses engagées pendant la crise sanitaire. Il défend également les dépenses consacrées à la protection des Français et à la préparation de l’avenir.

Il estime toutefois qu’un dernier tiers des dépenses des dix dernières années provient d’un modèle social qui n’a pas été suffisamment réformé. Il regrette de ne pas avoir agi plus vite sur ce point.

Cette lecture prépare le débat budgétaire. Le gouvernement doit soutenir les ménages face aux crises, tout en limitant l’endettement. Les oppositions, elles, contestent régulièrement le choix des priorités et le niveau des aides accordées.

Le « quoi qu’il en coûte » désigne les aides massives versées pendant la pandémie de Covid-19. Elles ont protégé les revenus et les entreprises, mais elles ont aussi réduit les marges budgétaires disponibles aujourd’hui.

Pas de nouvelle dissolution et aucune prise de position pour 2027

Deux ans après la dissolution de juin 2024, Emmanuel Macron a écarté une nouvelle consultation législative. Il juge cette décision « mauvaise » à huit mois de la présidentielle.

Selon lui, une dissolution ajouterait de l’instabilité à la guerre, à la crise du pouvoir d’achat et aux difficultés budgétaires. Elle pourrait aussi empêcher le prochain président ou la prochaine présidente de dissoudre à son tour l’Assemblée pour tenter de construire une majorité.

Cette position vise à préserver le calendrier institutionnel. Elle appelle aussi les forces politiques à adopter un « esprit de responsabilité » lors de l’examen des textes financiers.

Le président refuse enfin de dire quel candidat il soutiendra pour la présidentielle. Il affirme que la campagne n’est pas encore dans sa dernière ligne droite et qu’il doit rester concentré sur ses fonctions.

Cette réserve ne met pas fin aux calculs politiques. Son camp cherche déjà à conserver une influence après 2027. De leur côté, les oppositions considèrent que l’Élysée utilise les crises internationales pour reprendre la main dans le débat national.

Les prochaines échéances à surveiller

Le premier test sera budgétaire. Les forces politiques devront examiner les mesures prévues pour protéger le pouvoir d’achat sans aggraver les comptes publics.

Il faudra aussi suivre l’évolution des prix du pétrole, la situation du détroit d’Ormuz et les éventuelles discussions sur le moratoire proposé en Ukraine.

Enfin, la question sécuritaire restera centrale. Les services français devront préciser les mesures de protection des infrastructures critiques. Le gouvernement devra aussi démontrer que les annonces militaires et diplomatiques produisent des effets concrets sur la sécurité et sur les prix.

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