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ÉLECTIONS Le choix des grands électeurs

Sénatoriales dans l’Aube : pourquoi le vote de 1 025 élus locaux peut décider des deux sièges en jeu

Huit candidats briguent les deux sièges de sénateur de l’Aube le 27 septembre 2026. Scrutin indirect, collège de 1 025 grands électeurs et panachage peuvent rebattre les cartes.

Bureau de vote français pour les sénatoriales, mains sur des bulletins près de l’urne et isoloirs en arrière-plan.
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En bref

Le 27 septembre 2026, 1 025 grands électeurs choisiront les deux sénateurs de l’Aube parmi huit candidats. Le scrutin majoritaire à deux tours autorise le panachage, ce qui permet de voter pour des candidats différents. Les équilibres entre élus municipaux seront donc décisifs pour les sortantes comme pour leurs concurrents.

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Qui choisira les deux sénateurs de l’Aube le dimanche 27 septembre 2026 ? Pas l’ensemble des habitants du département, mais un collège de 1 025 grands électeurs. Huit candidats sont en lice pour représenter le territoire au Palais du Luxembourg.

Un scrutin indirect, organisé le 27 septembre

Les élections sénatoriales renouvellent une partie du Sénat tous les trois ans. En 2026, 178 sièges sont remis en jeu, sur les 348 que compte la chambre haute.

L’Aube fait partie des départements concernés par ce renouvellement. Le vote aura lieu le dimanche 27 septembre 2026, conformément au décret fixant la date des élections sénatoriales.

Les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils sont choisis par un collège électoral composé de parlementaires et d’élus locaux. Les députés, les conseillers régionaux et départementaux, les sénateurs ainsi que les délégués des conseils municipaux participent au vote.

Les représentants des conseils municipaux forment l’immense majorité de ce collège. À l’échelle nationale, ils représentent environ 95 % des grands électeurs. Dans l’Aube, le collège électoral compte précisément 1 025 personnes.

Deux sièges et huit candidats dans l’Aube

Deux mandats sont à pourvoir dans le département. Huit candidatures ont été officiellement enregistrées par le ministère de l’Intérieur.

Les deux sénatrices sortantes se représentent. Vanina Paoli-Gagin porte une candidature classée « divers droite ». Evelyne Perrot se présente sous la nuance UDI, pour l’Union des démocrates et indépendants.

La droite est également représentée par Valérie Bazin-Malgras. Députée de l’Aube, elle est candidate sous l’étiquette Les Républicains.

Laurent Marty, ancien chef du service départemental d’incendie et de secours de l’Aube et officier supérieur des sapeurs-pompiers, se présente avec une nuance « divers ».

À gauche, Ingrid Viot est candidate pour La France insoumise. Infirmière, elle avait déjà porté une candidature de gauche aux élections législatives de 2022 et de 2024.

Charline Briot, enseignante et déjà candidate aux élections municipales de Troyes, représente le Parti communiste français. Ghislain Wysocinski, conseiller régional du Grand Est, est candidat sous la nuance attribuée aux Écologistes.

Enfin, Adrien Thiebaut défend les couleurs du Rassemblement national. Il est suppléant et collaborateur parlementaire du député de l’Aube Jordan Guitton.

La liste officielle des huit candidatures dans l’Aube précise les nuances politiques retenues par l’administration.

Comment seront désignés les deux sénateurs ?

Comme l’Aube ne compte que deux sièges de sénateur, le scrutin majoritaire à deux tours s’applique. Ce système se distingue du scrutin proportionnel utilisé dans les départements qui élisent au moins trois sénateurs.

Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. Il doit également recueillir un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits.

Si ces conditions ne sont pas réunies, un second tour est organisé dans l’après-midi. La majorité relative suffit alors : le candidat qui obtient le plus de voix peut être élu.

Autre particularité importante : les électeurs votent pour des candidats, et non pour une liste bloquée. Dans une circonscription qui élit deux sénateurs, le panachage est autorisé. Un grand électeur peut donc choisir deux noms issus de candidatures différentes.

Le décompte s’effectue ensuite candidat par candidat. Le nombre total de voix peut ainsi dépasser le nombre de suffrages exprimés, puisque certains électeurs choisissent deux candidats.

Le mode de scrutin applicable dans l’Aube est détaillé par le Sénat.

Un vote qui concerne surtout les élus municipaux

Le fonctionnement des sénatoriales peut sembler éloigné du vote quotidien des citoyens. Pourtant, il donne un poids central aux communes et à leurs représentants.

Les grands électeurs sont désignés à partir des conseils municipaux. Leur nombre dépend notamment de la population des communes. Les villes disposent donc d’un collège plus important, tandis que les petites communes restent représentées par leurs élus et leurs délégués.

Cette organisation traduit le rôle constitutionnel du Sénat : représenter les collectivités territoriales. Elle donne aussi aux réseaux d’élus locaux une influence déterminante sur le résultat.

Pour les candidats déjà implantés dans le département, cette logique favorise la connaissance du terrain et les relations construites avec les maires. Pour les formations moins présentes dans les exécutifs locaux, le scrutin est plus difficile. Elles peuvent obtenir des voix, mais disposent souvent de moins de relais dans le collège électoral.

Le vote est obligatoire pour les grands électeurs. Une absence injustifiée peut entraîner une amende de 100 euros.

Un rapport de force ouvert entre sortantes et nouveaux candidats

Les deux sénatrices sortantes disposent d’un avantage institutionnel : elles connaissent déjà le fonctionnement de la chambre haute et bénéficient d’une expérience parlementaire. Leur bilan et leur capacité à conserver le soutien des élus locaux seront toutefois au cœur de la campagne.

Valérie Bazin-Malgras cherche, de son côté, à transformer son implantation comme députée en soutien sénatorial. Sa candidature ajoute une compétition à droite, dans un département où plusieurs candidatures se situent dans cet espace politique.

Les autres candidats tentent de faire entendre des priorités différentes. La gauche met en avant ses thèmes sociaux et les services publics. Les Écologistes insistent sur les enjeux environnementaux. Le Rassemblement national cherche à convertir sa progression électorale nationale en présence au Sénat.

Cette dernière stratégie se heurte toutefois à la logique particulière des sénatoriales. Une progression dans les scrutins directs ne suffit pas automatiquement à obtenir un siège. Il faut aussi disposer d’un nombre important de grands électeurs favorables, principalement issus des collectivités locales.

Les résultats dépendront donc autant des équilibres politiques que des accords locaux, des reports de voix et de la capacité de chaque candidat à mobiliser les élus municipaux.

Les horaires et les résultats à surveiller

Le premier tour se déroulera le dimanche 27 septembre 2026. Dans l’Aube, le résultat devrait être connu rapidement après le dépouillement, puisque le collège électoral est limité et que le scrutin concerne seulement deux sièges.

Un second tour pourrait être organisé dans l’après-midi si aucun candidat ne remplit les conditions d’élection au premier tour. Les résultats officiels seront publiés sur le site du ministère de l’Intérieur consacré aux sénatoriales 2026.

L’enjeu immédiat sera donc de savoir si les deux sénatrices sortantes conservent leur siège, si la députée LR parvient à s’imposer, ou si un autre candidat profite du jeu des reports et du panachage.

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