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ÉCONOMIE & SOCIéTé L’école face aux arbitrages budgétaires

Colère lycéenne : faute d’engagement sur les moyens pour l’école, les réponses de Lecornu restent attendues

Après l’allocution de Sébastien Lecornu, le Snes-FSU déplore l’absence d’annonces sur les moyens de l’Éducation nationale. Le syndicat réclame le réemploi d’enseignants contractuels et le maintien de postes, tandis que des décisions sont renvoyées à novembre.

Vue plongeante sur des tables et des chaises usées dans une salle de lycée, avec quelques cahiers ouverts et un tableau vierge.
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En bref

Après l’allocution de Sébastien Lecornu, le Snes-FSU estime que la mobilisation lycéenne reste sans réponse concrète pour l’Éducation nationale. Le syndicat demande le réemploi d’enseignants contractuels et l’annulation de suppressions de postes, alors que des décisions sont reportées à novembre. L’enjeu pour les élèves est la continuité des cours et la capacité des établissements à répondre à

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Que change une réponse gouvernementale à la colère lycéenne si elle ne prévoit aucun moyen supplémentaire pour les classes ? Derrière le calendrier des annonces, les élèves et les enseignants attendent des décisions sur les cours, les remplacements et les emplois.

Une réponse sociale qui laisse l’éducation en attente

Le mercredi 7 octobre, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat d’enseignants du secondaire, a vivement critiqué l’allocution de Sébastien Lecornu. Elle reproche au Premier ministre de repousser les décisions à novembre, sans apporter de réponse immédiate à la mobilisation lycéenne.

Sa formule résume le désaccord : le chef du gouvernement aurait rendu une « copie blanche ». Elle dénonce également une « stratégie du pourrissement ». Ces expressions décrivent l’analyse du syndicat, pas une intention gouvernementale établie.

Dans son intervention, Sébastien Lecornu a annoncé une baisse à venir des prix des carburants. En revanche, il n’a présenté aucune annonce sur les moyens alloués à l’Éducation nationale. Sa réponse vise donc le pouvoir d’achat, sans répondre directement aux demandes concernant les établissements scolaires.

Les bénéficiaires ne sont pas exactement les mêmes. Une baisse des prix à la pompe concerne d’abord les ménages qui utilisent un véhicule. Le recrutement d’enseignants répond, lui, aux besoins des élèves et des équipes scolaires. Les deux préoccupations peuvent se cumuler dans une famille, mais une mesure ne remplace pas l’autre.

Deux demandes immédiates, deux leviers différents

Le Snes-FSU demande des mesures avant les vacances scolaires. Sophie Vénétitay cite deux priorités : réemployer des enseignants contractuels et annuler les suppressions d’emplois prévues dans le budget. Aucun volume précis de suppressions ne figure dans les déclarations rapportées. Il serait donc trompeur d’en avancer un.

Les contractuels sont des enseignants recrutés sous contrat, sans appartenir au corps des fonctionnaires titulaires. Leur réemploi peut répondre à des besoins immédiats. Toutefois, il faut aussi faire correspondre les disciplines, les disponibilités et les lieux d’affectation. Un recrutement national ne garantit pas, à lui seul, un professeur dans chaque classe concernée.

La seconde demande porte sur une décision structurelle : combien d’emplois l’État finance-t-il ? Préserver des postes et renouveler des contrats ne relèvent pas du même calendrier. Le budget fixe des capacités, tandis que les services académiques organisent leur utilisation dans les établissements.

Le ministère explique les différents mécanismes de remplacement des enseignants. Il distingue notamment une absence temporaire d’un poste vacant. Cette distinction compte : remplacer un professeur en congé et pourvoir un emploi durablement inoccupé ne répondent pas au même besoin.

Moins d’élèves au total ne signifie pas moins de besoins partout

Le débat s’inscrit dans une évolution démographique réelle, mais contrastée. Selon la DEPP, le service statistique de l’Éducation nationale, les collèges et lycées publics et privés sous contrat accueillaient 5,621 millions d’élèves à la rentrée 2025. Cela représentait une baisse de 14 700 élèves, soit 0,3 %, par rapport à 2024.

Pourtant, cette baisse concernait principalement les collèges. Les effectifs progressaient dans les lycées. Les formations professionnelles accueillaient notamment 11 500 élèves supplémentaires, soit une hausse de 1,8 %. Ces données de la DEPP sur les effectifs du secondaire en 2025 montrent les limites d’un raisonnement fondé uniquement sur une moyenne nationale.

Le ministère défend une répartition des moyens selon les évolutions locales et les priorités pédagogiques. Pour la rentrée 2025, il avait ainsi annoncé 324 moyens d’enseignement supplémentaires dans le second degré public. Il mettait notamment en avant l’accompagnement au collège et l’école inclusive, qui accueille les élèves en situation de handicap.

Cette présentation ministérielle des moyens de la rentrée 2025 constitue un précédent, pas une réponse aux revendications d’octobre. Elle rappelle néanmoins qu’un total national peut augmenter alors que certaines académies perdent des emplois.

Le désaccord porte aussi sur l’usage de la baisse démographique

Pour l’administration, adapter les moyens permet de les orienter vers les besoins qu’elle juge prioritaires. Les élèves concernés par ces dispositifs doivent en bénéficier. Pour les syndicats, la diminution des effectifs devrait aussi permettre d’alléger les classes et d’améliorer les conditions de travail, plutôt que de réduire les ressources locales.

Le Snes-FSU de Rennes défendait déjà cette position lors de la préparation de la rentrée 2025. Il dénonçait alors 46 suppressions d’emplois dans l’académie et demandait de profiter de la baisse démographique pour améliorer l’encadrement. Cette position syndicale sur les moyens scolaires en Bretagne illustre un conflit ancien sur la destination des économies possibles.

Les élèves ne vivent donc pas tous le même problème. Certains établissements connaissent une hausse des inscriptions ; d’autres voient leurs effectifs diminuer. De même, une classe complète avec un professeur absent n’a pas les mêmes besoins qu’une classe trop chargée. Une réponse uniforme risque de manquer ces différences.

Le ministère reconnaît lui-même que les absences non remplacées affectent immédiatement les apprentissages et créent des inégalités. L’enjeu dépasse ainsi le seul nombre d’emplois affiché : il faut regarder les heures effectivement assurées et la continuité des cours.

Avant novembre, quels engagements concrets ?

La critique syndicale concerne finalement le délai. Le gouvernement conserve du temps pour ses arbitrages ; le Snes-FSU veut des engagements avant les vacances. Pour les contractuels concernés, un réemploi signifie retrouver une activité. Pour les élèves, son intérêt dépend de l’arrivée effective d’un enseignant.

Deux étapes permettront de mesurer la réponse : d’abord, d’éventuelles décisions sur les contrats et les remplacements avant les vacances ; ensuite, les annonces renvoyées à novembre. Le contenu budgétaire, la répartition des emplois et les dates d’affectation seront plus décisifs que le seul nombre de mesures annoncées.

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