Sondage présidentielle 2027 : le vote utile, clé du second tour face à Marine Le Pen ?
Le dernier sondage Odoxa place Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe au coude-à-coude pour la deuxième place du premier tour, derrière une Marine Le Pen largement en tête. Mais les rapports de force s’inversent au second tour, où le maire du Havre apparaît mieux placé face à la candidate du RN. De quoi relancer le débat sur le vote utile, sans lever les incertitudes qui entourent encore la présidentielle, à six mois du scrutin.

L’enquête Odoxa testant deux candidatures du bloc central place Jean-Luc Mélenchon en deuxième position au premier tour, avec un écart d’un point sur Édouard Philippe dans l’un des scénarios. Au second tour, Marine Le Pen devancerait largement Mélenchon, tandis que le duel avec Philippe serait plus serré. Ces résultats restent une photographie incertaine, recueillie avant la primaire
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Faut-il choisir le candidat de son cœur ou voter pour celui qui semble capable d’atteindre le second tour ? Le sondage Odoxa publié le 14 octobre 2026 place ce dilemme au centre de la présidentielle, sans permettre de trancher l’issue du scrutin.
Deux places pour un duel encore incertain
La règle de l’élection présidentielle pousse les candidats à mener deux batailles différentes. Il faut d’abord se qualifier à l’issue d’un premier tour, puis rassembler au-delà de son électorat lors du second tour. Comme le rappelle Service Public sur le fonctionnement de l’élection présidentielle, seuls les deux candidats arrivés en tête accèdent au second tour, si personne n’obtient la majorité absolue au premier.
Dans cette enquête réalisée par Odoxa, Marine Le Pen confirme sa domination. La nouveauté réside dans le nom de celui qui pourrait lui être opposé au second tour. Les résultats de ce baromètre placent en effet Jean-Luc Mélenchon à la seconde place du premier tour. Le candidat de LFI est crédité de 18 % des intentions de vote et devance d’une courte tête Edouard Philippe. Il progresse de 2 points par rapport à la précédente enquête réalisée en mai 2026.
Mélenchon et Philippe au coude-à-coude
Le sondage compare par ailleurs deux configurations : l’une avec Édouard Philippe, l’autre avec Gabriel Attal.
Avec Édouard Philippe candidat, Marine Le Pen recueillerait 37 % des intentions de vote au premier tour. Jean-Luc Mélenchon atteint donc 18 %, contre 17 % pour le maire du Havre. Un seul point sépare donc les deux prétendants à la deuxième place.
Avec Gabriel Attal à la place d’Édouard Philippe, Marine Le Pen monterait à 38 %. Jean-Luc Mélenchon obtient 18,5 %, tandis que l’ancien ministre de l’Éducation rassemblerait 11 % des voix.
Les autres scores éclairent les rapports de force. Raphaël Glucksmann se situe autour de 10 %, et Marine Tondelier autour de 3 %. À droite, Bruno Retailleau recueille 6,5 % avec Édouard Philippe dans la course, contre 9 % avec Gabriel Attal.
Ce sondage confirme l’importance du choix du candidat du bloc central dans la quête d’une qualification pour le second tour. Un choix qui aura aussi potentiellement des conséquences sur le score du représentant de la droite. En revanche, le nom de celui qui représentera le camp présidentiel semble avoir peu d’influence sur le score de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen.
Précision importante, l’enquête, réalisée du 24 septembre au 7 octobre, l’a donc été avant la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate. Elle n’est donc pas en mesure d’évaluer pas les éventuels effets de cette désignation sur les intentions de vote.
Le second tour, révélateur des limites de Mélenchon
Le second tour raconte une autre histoire. Dans l’hypothèse d’un affrontement avec Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen recueille 68 % des intentions de vote, contre 32 % pour le leader insoumis.
Face à Édouard Philippe, la candidate du RN conserve l’avantage, mais de manière nettement moins spectaculaire : 53 %, contre 47 %. Le maire du Havre bénéficie donc, dans cette simulation, de reports de voix plus favorables.
Pour LFI, ces résultats sont contrastés. Ils placent Jean-Luc Mélenchon dans une dynamique favorable dans le champ de bataille de la gauche. Mais son score de second tour souligne la difficulté du candidat insoumis à réunir une majorité autour de lui.
Pour Édouard Philippe, le problème apparaît inverse. Les intentions de vote dont il est crédité en cas de duel face à Marine Le Pen peuvent paraître prometteuses. Néanmoins, avec un score mesuré à 17 % au premier tour, la qualification est loin d’être assurée pour le maire du Havre. Mais son capacité à rassembler au second tour ne pèsera rien s’il ne parvient pas à se qualifier.
Marine Le Pen, elle, sort grande gagnante des deux configurations. Elle dispose d’une forte avance au premier tour et arrive en tête dans tous les cas de figure au second tour.
La pression du vote utile
Ces chiffres nourrissent des lectures stratégiques différentes. Le camp de Jean-Luc Mélenchon peut y trouver un argument en faveur d’un regroupement autour du mieux placé à gauche. Les soutiens d’Édouard Philippe peuvent, à l’inverse, insister sur sa meilleure performance face à Marine Le Pen.
Pour les électeurs de Raphaël Glucksmann ou de Marine Tondelier, le choix pourrait s’avérer délicat : voter pour le candidat qui correspond le mieux à leurs convictions ou privilégier celui qui leur semble le mieux placé pour accéder au second tour.
Cette logique pourrait favoriser les candidats les mieux placés dans les sondages, les autres subissant davantage la pression du vote utile. Ils doivent convaincre leurs électeurs qu’ils peuvent encore peser dans la course.
En matière électorale, l’arithmétique a toutefois ses limites : les scores ne s’additionnent pas mécaniquement et toute projection doit être maniée avec prudence.
Un point d’écart, beaucoup d’incertitudes
L’écart d’un point entre Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe mesuré dans ce sondage doit ainsi être lu avec prudence. Odoxa rappelle d’ailleurs que la marge d’erreur de ces résultats va de 0,6 à 1,2 point.
Dans une note de recherche à la représentation de l’incertitude dans les intentions de vote lors de la présidentielle de 2022, les chercheurs du CEVIPOF rappelaient du reste l’importance de regarder les marges d’incertitude, plutôt que le seul classement.
Odoxa formule également une réserve sur le second tour, rappelant que « l’incertitude est encore grande ». L’institut souligne qu’une part importante des personnes qui envisagent de voter demeure indécise.
Il sera donc intéressant d’observer les enquêtes réalisées après le 11 octobre. Elles permettront de mesurer si la désignation de Raphaël Glucksmann modifie les équilibres à gauche. Il faudra également suivre de près l’évolution de l’écart Mélenchon-Philippe dans des configurations comparables : c’est lui qui rend, à ce stade, l’affiche du second tour particulièrement difficile à prédire.



