Municipales Paris 2026 : la réforme 2025 du mode de scrutin (double vote) fragilise les baronnies et recomposera la course à la mairie

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Élections municipales de Paris (15 et 22 mars 2026) sous un mode de scrutin remanié par la loi 2025: double vote pour conseillers d’arrondissement et liste municipale. La réforme rompt le régime P.L.M., fragilise les baronnies locales (notamment le 15ᵉ) et peut recomposer la course à la mairie.

Les élections municipales de la capitale se distinguent déjà par plusieurs singularités institutionnelles et politiques, à quelques semaines du scrutin national. Elles se tiendront les 15 et 22 mars 2026, au même moment que les quelque 35 000 autres communes françaises appelées aux urnes. citeturn2search3

Un mode de scrutin remanié

Paris n’est pas une commune ordinaire : la « Ville de Paris » exerce à la fois les compétences d’une commune et celles d’un département, et son organisation administrative reste liée à des prérogatives partagées avec l’État, notamment pour la sécurité. Cette configuration explique en partie la centralité politique et administrative de la mairie capitale. citeturn10search4

La campagne parisienne de mars 2026 se déroule dans un contexte inédit : le mode de scrutin applicable à Paris (et à Lyon et Marseille) a été modifié par une loi votée en 2025 et destinée à aligner ces grandes métropoles sur le droit commun municipal. Le texte, adopté définitivement par le Parlement et destiné à entrer en vigueur pour les élections de mars 2026, institue un double vote simultané : les électeurs devront désormais choisir à la fois leurs conseillers d’arrondissement et, séparément, la liste destinée à composer le conseil municipal central et à désigner le maire. citeturn0search3turn0search0

La nouveauté est lourde de conséquences pratiques et politiques. Jusqu’à présent, dans le régime dit « P.L.M. » (instauré en 1982), les conseils d’arrondissement élisaient une partie des conseillers de la mairie centrale, lesquels désignaient ensuite le maire ; le lien entre chefferie d’arrondissement et pouvoir municipal était donc très étroit. La réforme rompt ce mécanisme d’interdépendance en séparant formellement les deux suffrages, ce qui modifie la construction des majorités et la logique des alliances locales. citeturn0search3

Une réforme politisée

Le débat sur la réforme a été fortement politisé. La ministre de la Culture et maire du 7ᵉ arrondissement, Rachida Dati (Les Républicains), a publiquement soutenu le changement de règle, arguant qu’il redonnerait « un bulletin » à chaque Parisien et permettrait une meilleure représentation des sensibilités politiques. Ses partisans y voient un instrument susceptible de faciliter l’émergence d’une candidature directement portée par une tête de liste pour l’Hôtel de ville. citeturn1search0

La réforme a en outre été soumise au contrôle du Conseil constitutionnel, qui a rendu un avis favorable sur sa conformité, ce qui a levé un des principaux doutes juridiques avant l’application du nouveau mode de scrutin. Le passage du texte par les différentes étapes parlementaires et son arbitrage constitutionnel ont alimenté un climat de tensions partisanes et d’inquiétudes logistiques, notamment autour du doublement apparent des opérations de vote et de la complexité des bulletins. citeturn0search5turn0search3

Baronnies d’arrondissement et recomposition des équilibres

La dissociation des scrutins a des effets directs sur le jeu des baronnies locales. Certains maires d’arrondissement, qui ont construit des fiefs politiques sur des décennies, y perdent une partie de leur influence sur la désignation du maire central. C’est le cas du 15ᵉ arrondissement, dirigé de longue date par Philippe Goujon (LR), élu local très implanté et figura incontournable du Conseil de Paris. L’ampleur démographique du 15ᵉ — qui compte, selon les recensements récents, près de 230 000 habitants — en fait un territoire comparable à une grande ville et un enjeu stratégique pour quiconque ambitionne l’Hôtel de ville. citeturn7view0

Sous l’ancien régime, le candidat à la mairie centrale devait ménager ces barons pour rassembler les grands électeurs issus des arrondissements. Avec le choix de donner au citoyen parisien deux voix distinctes, la relation de dépendance entre têtes de listes d’arrondissement et tête de liste municipale se trouve fragilisée. Les alliances pourront être conclues de façon plus visible sur des enjeux municipaux globaux, mais aussi de manière plus concurrentielle entre chefs de file locaux et candidats à la mairie. citeturn0search3

Les prochaines semaines, jusqu’aux 15 et 22 mars 2026, devraient donc clarifier si cette réforme produit un renouvellement des majorités à Paris, un renforcement des têtes de liste centralisées, ou au contraire une fragmentation accrue des forces politiques. La simultanéité des deux scrutins constituera le test opérationnel de changements institutionnels majeurs, dont les effets se mesureront autant dans les arrondissements que dans l’échiquier municipal central. citeturn2search3turn0search3

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