Chômage: hausse au 4e trimestre 2025 — +2,6% en catégorie A (3,3 M), A+B+C ≈5,7 M; Dares souligne une hausse conjoncturelle malgré effets RSA et radiations

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Selon France Travail et la Dares, le chômage a rebondi au 4e trimestre 2025 : les inscrits en catégorie A augmentent de 2,6% (3,3 M, +84 200) et de 6,8% sur un an, A+B+C frôlant 5,7 M. L’inscription automatique des allocataires RSA depuis le 1er janvier 2025 et la forte baisse des radiations liée au nouveau régime de sanctions compliquent la lecture des séries. En données corrigées, la Dares confirme toutefois une hausse conjoncturelle (+2% sur le trimestre, +1,7% sur un an pour la catégorie A, ≈ +40 000), traduisant une tension accrue du marché du travail dans un contexte économique et politique fragilisé.

Les répercussions de la conjoncture économique et de l’instabilité politique observées fin 2025 se manifestent désormais sur le marché du travail, selon les derniers chiffres communiqués jeudi 29 janvier par France Travail et la Dares, rattachée au ministère du Travail.

Au quatrième trimestre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits sans aucune activité (catégorie A) a augmenté de 2,6 %, pour atteindre 3,3 millions de personnes sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte). Cette progression représente 84 200 inscrits supplémentaires par rapport au trimestre précédent.

Chiffres clés et évolution annuelle

Sur un an, la hausse des effectifs en catégorie A est plus marquée, à +6,8 %. Lorsque l’on additionne les catégories B (activité réduite courte, moins de 78 heures par mois) et C (activité réduite longue, plus de 78 heures), le nombre total de demandeurs d’emploi atteint près de 5,7 millions.

Pour ces trois catégories (A, B et C), la croissance s’établit à +1 % sur le trimestre et à +4,8 % sur l’ensemble de l’année 2025. Ces données soulignent un renforcement de la demande d’emploi, même si leur lecture nécessite prudence et nuance.

Effets des réformes et limites d’interprétation

Les statistiques publiées au cours des quatre derniers trimestres sont devenues plus difficiles à interpréter depuis l’entrée en vigueur de la loi « pour le plein-emploi ». Cette loi a généralisé, le 1er janvier 2025, l’inscription de l’ensemble des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) auprès de France Travail, modifiant structurellement le nombre d’inscrits.

Par ailleurs, l’application, début juin 2025, d’un nouveau régime de sanctions pour les demandeurs d’emploi n’ayant pas respecté leurs obligations a entraîné un net recul des radiations. Leur nombre est passé d’une moyenne de 45 000 au premier trimestre 2025 à seulement 2 300 sur les trois derniers mois de l’année.

Ces deux éléments — inscription systématique des allocataires RSA et réduction des radiations — expliquent en grande partie les variations observées et compliquent la comparaison directe avec les séries antérieures.

Lecture conjoncturelle et perspectives

En isolant les « effets particuliers » liés aux réformes, la Dares indique que le nombre d’inscrits en catégorie A augmente toutefois de 2 % sur le trimestre et de 1,7 % sur un an, soit environ +40 000 personnes.

Pour l’ensemble des personnes tenues de chercher un emploi (catégories A, B et C), la hausse est de 1,6 % sur un an, alors que la progression s’est stabilisée sur la dernière période de 2025.

« Ce sont ces évolutions qui reflètent le mieux la situation conjoncturelle du marché du travail », précise la Dares, soulignant que les séries corrigées des effets de réforme offrent une image plus fidèle de la dynamique de l’emploi.

La combinaison d’une activité économique en berne et d’une instabilité politique, mentionnée comme marquante à la fin de 2025, apparaît comme un facteur de fragilisation pour le marché de l’emploi. Les chiffres récents montrent une tension accrue, notamment sur la catégorie A, la plus suivie par les autorités et les observateurs.

Enfin, la complexité méthodologique actuelle incite à la prudence : les variations liées aux changements réglementaires pèsent sur l’interprétation des tendances et sur les comparaisons entre périodes. Les indicateurs corrigés des réformes restent donc essentiels pour juger de la trajectoire conjoncturelle.

Parlons Politique

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