À Béziers (Hérault), un projet qualifié par son porteur de « projet du siècle » doit transformer une partie de l’agglomération en reconstitution vivante de la cité telle qu’elle était vers l’an 30 après J.-C. Porté par Robert Ménard, maire connu pour sa forte visibilité médiatique et son ancrage « divers droite », le chantier baptisé « Béziers antique » est présenté comme un parc historico‑touristique de longue durée, doté d’un budget annoncé de 13 millions d’euros et d’une durée de réalisation prévue sur trente ans.
\n\n
Le dossier se veut ambitieux et pédagogique. Selon les éléments rendus publics, l’initiative prévoit la construction d’arènes, d’un forum, de domus et d’autres édifices représentatifs de l’urbanisme gallo‑romain, en recourant aux techniques anciennes pour édifier progressivement ces structures sous le regard des visiteurs.
\n\n
Un chantier « vivant » et ouvert au public
\n\n
L’originalité du projet tient à son fonctionnement : le site doit être « vivant », en constante évolution pendant trois décennies, et accessible au public. Forgerons, tailleurs de pierre, mosaïstes et tanneurs seraient présents à demeure pour montrer les gestes et méthodes de construction d’autrefois, selon la présentation municipale. L’objectif affiché est triple : produire une attraction touristique, proposer une offre culturelle et offrir une expérience didactique centrée sur les savoir‑faire historiques.
\n\n
Robert Ménard insiste sur la distinction entre son projet et un parc thématique classique. « Pas juste un parc d’attractions où les gens vont se déguiser en Romains », affirme l’édile, soulignant la dimension expérimentale et pédagogique conçue pour se différencier d’un spectacle purement récréatif.
\n\n
Ambitions médiatiques et réactions politiques
\n\n
Le projet s’inscrit dans le profil politique et médiatique de son promoteur. Anciennement proche de figures comme Marine Le Pen et Éric Zemmour, Robert Ménard est déjà associé à des initiatives locales marquantes. Cette nouvelle entreprise suscite toutefois des réactions contrastées : ses opposants qualifient l’initiative de « nouvelle lubie », rappelant leur scepticisme sur l’opportunité et le timing de ce type d’investissement.
\n\n
Au‑delà de la polémique sémantique, la nature et l’intensité des critiques ne sont pas détaillées dans le texte-source, qui conserve toutefois les éléments chiffrés et calendaires fournis par la municipalité. Le débat public attendu portera vraisemblablement sur le rapport coût / bénéfice culturel et touristique d’un projet de 13 millions d’euros étalé sur trente ans.
\n\n
Sur le plan discursif, le maire revendique une part de folie créative. « Il y a une espèce de folie incroyable de se lancer dans ce projet‑là, mais moi, j’aime les choses un peu folles », déclare‑t‑il, une formule qui illustre la dimension personnelle et symbolique donnée au chantier par son initiateur.
\n\n
Calendrier annoncé et points d’attention
\n\n
La municipalité a fixé un calendrier public : le premier « coup de fossorium » — le terme employé, « fossorium », est précisé comme signifiant « pioche » en « gaulois contemporain » — est prévu en 2027, avec une ouverture au public l’année suivante. Le projet est donc présenté comme débutant à court terme selon ce calendrier.
\n\n
Le texte-source ne fournit pas d’informations complémentaires sur les modalités de financement détaillées, les phases précises des travaux, ni sur les autorisations administratives nécessaires. Ces points relèveront d’étapes ultérieures à préciser par la mairie et seront centraux pour l’évaluation de la faisabilité opérationnelle et financière.
\n\n
Sur le plan touristique, la promesse d’un chantier observé par le public renvoie à des dispositifs déjà existants ailleurs, où fouilles et reconstructions pédagogiques attirent visiteurs et scolaires. Le modèle retenu à Béziers mise sur une mise en scène permanente de la construction et sur la présence d’artisans spécialisés pour renforcer l’attractivité.
\n\n
En l’état, le projet « Béziers antique » est présenté comme une grande opération municipale mêlant patrimoine reconstitué, pédagogie et tourisme expérientiel. Son déroulé concret, son impact économique réel et la réception par l’ensemble des acteurs locaux restent à mesurer au fil des prochaines étapes administratives et des premières phases de réalisation annoncées pour 2027‑2028.





