Au sommet de la colline de Château‑Chinon, dans la Nièvre, l’ancien couvent Sainte‑Claire (XVIIIe siècle), récemment rénové, domine le massif du Morvan. Depuis 1986, ce lieu abritait le Musée du septennat, consacré aux cadeaux reçus par François Mitterrand pendant sa présidence (1981‑1995).
Le 10 mai sera inaugurée, à Château‑Chinon, la Cité des présents François‑Mitterrand, qui reprend la vocation d’exposer au public ces nombreux cadeaux officiels ou personnels. L’annonce marque la transformation du site muséal et son repositionnement auprès des visiteurs.
Un musée né d’un geste politique et municipal
Comme ses prédécesseurs, François Mitterrand — qui fut maire du bourg pendant deux décennies avant d’accéder à l’Élysée — se séparait des présents offerts par des puissances étrangères, des collectivités territoriales ou de simples citoyens. Ces dons avaient été rassemblés et présentés dès 1986 dans l’ancien couvent, formant la collection du Musée du septennat.
La collection a longtemps traduit la diversité des relations diplomatiques et des échanges culturels : objets d’art, souvenirs, pièces venues des quatre coins du monde. À l’œil du visiteur, l’ensemble relevait parfois davantage du cabinet de curiosités que d’un parcours muséographique standard, mêlant pièces décoratives et artefacts hétérogènes.
Une fréquentation en déclin, un projet de renouvellement
Au fil du temps, la fréquentation du musée a périclité. La curiosité du public pour cette collection hétéroclite s’est émoussée « depuis la disparition de l’ancien président, il y a trente ans », note le constat de l’établissement. Le Musée du septennat accueillait, ces dernières années, entre 6 000 et 8 000 visiteurs annuels.
Fabien Bazin, président socialiste du conseil départemental de la Nièvre, résume la situation en observant que la structure avait atteint « la jauge d’un petit écomusée ». Cette expression illustre la nécessité de repenser le lieu pour mieux parler au public contemporain et améliorer l’accueil.
La Cité des présents : une nouvelle mise en scène
Le projet de Cité des présents François‑Mitterrand vise à redonner sens et lisibilité à la collection. Le nouveau nom souligne la volonté de constituer un espace plus qu’un simple cabinet : un lieu d’exposition où les objets sont replacés dans leurs contextes politiques, diplomatiques et personnels.
Le bâtiment, issu d’une rénovation récente de l’ancien couvent Sainte‑Claire, conserve son ancrage local tout en se donnant les moyens d’une présentation renouvelée. L’inauguration annoncée le 10 mai marquera le démarrage public de cette nouvelle scène de présentation.
Sans faire disparaître l’histoire du Musée du septennat, la transformation en Cité des présents cherche à élargir l’audience. Le défi est de mettre en valeur des pièces qui, isolées, paraissent parfois désordonnées, mais qui, replacées dans une narration soignée, peuvent éclairer les liens entre diplomatie, don et image publique.
Enjeux culturels et patrimoniaux
Ce réaménagement pose des questions courantes dans la gestion des collections issues de présidences : comment concilier conservation, mise en récit et attractivité ? Comment associer mémoire locale et portée nationale d’un fonds lié à une figure politique majeure ?
La Cité des présents devra également trouver un modèle de fréquentation plus solide que celui du Musée du septennat, limité à quelques milliers de visiteurs par an. À terme, son succès dépendra de la qualité des scénographies, des médiations proposées et de l’ancrage dans le territoire du Morvan.
L’ouverture officielle le 10 mai servira de premier indicateur : elle donnera une première mesure de l’intérêt du public et des professionnels pour cette nouvelle lecture d’un fonds constitué par des dons reçus au fil d’un septennat.





