Polynésie : polémique après un colloque sur la souveraineté française tenu à huis clos — chercheurs et élus réclament des explications

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Le colloque « la souveraineté française en Océanie » (UPF, Punaauia, 9‑11 mars 2026) tenu à huis clos a déclenché une polémique : quinze chercheurs dénoncent une atteinte à la liberté académique et des élus locaux, dont Moetai Brotherson, demandent des explications, tandis que les organisateurs justifient le huis clos comme mesure d’apaisement.

Un colloque intitulé « la souveraineté française en question en Océanie », organisé à l’université de la Polynésie française (UPF) à Punaauia, Tahiti, entre le 9 et le 11 mars 2026, a suscité une vive polémique sur la liberté académique après la tenue de la réunion à huis clos.

Le déroulé : une réunion d’experts tenue à huis clos

La manifestation devait rassembler des experts internationaux pour débattre de la souveraineté française en Océanie. Selon les informations communiquées par des participants et des signataires d’un texte collectif, le colloque, prévu du 9 au 11 mars 2026, s’est finalement tenu à huis clos, décision qui a déclenché des protestations parmi une partie de la communauté universitaire.

Les contestataires soulignent que la réunion se déroule à l’université de la Polynésie française, à Punaauia, et qu’elle réunit une quinzaine de chercheurs provenant d’institutions telles que le CNRS, l’université de Wellington (Nouvelle-Zélande) et d’autres établissements. Parmi les noms cités figurent Camille Mazé-Lambrechts (chaire Outre-mer et changements globaux, Sciences Po Paris), Fred Constant (université des Antilles), Adrian Muckle (université de Wellington), Isabelle Merle (centre de recherche et de documentation sur l’Océanie, CNRS) et Mathias Chauchat (université de la Nouvelle-Calédonie).

Des universitaires dénoncent une « restriction sérieuse aux libertés académiques »

Quinze chercheurs ont cosigné un texte pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « restriction sérieuse aux libertés académiques ». Dans leur appel, ils affirment que le huis clos a été décidé « à la demande de l’Etat », ce qui, selon eux, revient à « restreindre l’accès à un colloque académique consacré à un sujet d’intérêt public majeur » et à porter « atteinte à ce principe fondamental » qu’est la liberté académique.

Le texte souligne également que certains signataires sont « réputés proches des thèses indépendantistes », précision destinée à situer la diversité des positions des intervenants sans en tirer d’autre conclusion factuelle.

Réactions politiques et prises de parole

En marge du colloque, le président indépendantiste de la Polynésie française, Moetai Brotherson, a ouvert la rencontre à Papeete et a exprimé son étonnement. « Si l’Etat, aujourd’hui, en 2026, se sent mis en danger par un colloque universitaire, c’est que quelque chose ne va pas dans notre système républicain », a-t-il déclaré, ajoutant : « Le cadre de cette rencontre (…), pour des raisons que je ne m’expliquerais pas, en 2026, au sein de la République française, nous interroge, au regard de cette vocation de l’université. »

La députée polynésienne Mereana Reid Arbelot (groupe Gauche démocrate et républicaine), proche de Moetai Brotherson, a elle aussi réagi en adressant une lettre au président de la République, Emmanuel Macron. Dans ce courrier, elle dénonce « une atteinte à la liberté académique » et affirme que le huis clos « a été imposé aux organisateurs, par l’Etat ». La lettre vise à porter l’affaire au niveau national et à obtenir des clarifications sur les raisons de cette décision.

La position de l’organisateur et les enjeux du choix

Les organisateurs du colloque ont, selon le résumé diffusé lors de la controverse, assumé le choix du huis clos comme une mesure d’apaisement pour la tenue de cette réunion d’experts. Cette explication présente le huis clos comme une décision visant à préserver la tenue des échanges face à des tensions perçues ou anticipées, sans toutefois fournir de détails publics sur l’origine précise de ces tensions.

Le recours au huis clos pour un colloque consacré à un sujet reconnu d’intérêt public — la souveraineté — soulève des questions sur l’équilibre entre sécurité, ordre public et liberté d’accès aux débats universitaires. Pour les signataires du texte, ce dispositif constitue une limitation inacceptable de la liberté académique ; pour les organisateurs, il s’agissait d’une mesure pragmatique afin de permettre aux experts de travailler.

La controverse met en lumière la sensibilité du thème de la souveraineté en Océanie et l’importance accordée à la transparence des débats académiques, notamment lorsqu’ils impliquent des acteurs politiques locaux et des positions indépendantistes ou souverainistes. Le colloque devait se tenir jusqu’au mercredi 11 mars 2026 à l’UPF.

Les informations disponibles proviennent des signataires et des prises de parole publiques citées lors de l’ouverture du colloque. Le dossier reste essentiellement fondé sur ces déclarations et sur la programmation officielle de l’université pour les dates indiquées.

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