Le Conseil d’orientation des retraites (COR) se réunit en groupe de travail jeudi 19 mars pour examiner les retombées « macroéconomiques » de plusieurs mesures envisagées afin d’équilibrer le système de retraites par répartition. De nouveaux chiffrages, que Le Monde a pu consulter, ont été transmis aux membres avec le concours des services de l’État et de deux centres de recherche.
Un seul levier juge « expansionniste »
Les notes présentées au COR passent en revue quatre « leviers » susceptibles de réduire le déficit des régimes de pension. Selon ces documents, un seul de ces leviers produit ce que les auteurs qualifient d’« effet expansionniste », c’est‑à‑dire un impact jugé favorable à la croissance : le relèvement de l’âge légal d’ouverture des droits à pension.
Les autres pistes analysées — freiner la progression des pensions, augmenter les cotisations salariales et accroître les contributions patronales — sont traitées comme des mesures de consolidation financière mais ne présenteraient pas, selon ces chiffrages, le même potentiel de stimulation de l’activité économique.
Une délibération préparatoire avant la séance plénière
La réunion du 19 mars a vocation à « défricher » le sujet et à nourrir les échanges internes au COR, présidé par l’économiste Gilbert Cette. Les documents doivent alimenter la séance plénière programmée le 26 mars. Plusieurs notes, dont le contenu pourrait « très légèrement évoluer », ont déjà été transmises aux membres du groupe de travail.
Le COR, qui réunit des représentants des pouvoirs publics, des organisations syndicales et des employeurs ainsi que des experts, doit préciser les conséquences macroéconomiques et budgétaires de chaque option. La mise en perspective de ces chiffrages vise à aider l’institution à dégager des comparaisons factuelles entre les mesures étudiées.
Ce que disent les notes sur les principales dispositions
Les notes consultées décrivent les retombées des mesures considérées comme « susceptibles de garantir l’équilibre financier » du système de retraite par répartition. Elles détaillent, pour chacune, leurs effets attendus sur le solde financier des régimes et, pour certaines, leurs implications macroéconomiques.
Sans reproduire de chiffres supplémentaires non fournis dans les documents originaux, ces synthèses montrent que le relèvement de l’âge d’ouverture des droits apparaît, selon les modélisations, comme la mesure la plus à même d’améliorer simultanément la trajectoire financière et le profil de croissance. Les autres options sont essentiellement présentées comme des leviers de recettes ou d’économies budgétaires.
Les auteurs des notes précisent par ailleurs que les résultats peuvent varier en fonction des hypothèses retenues — hypothèses de croissance, de taux d’emploi, d’évolution des salaires — et que certains effets redistributifs ou sociaux demandent une analyse complémentaire.
Enjeux politiques et discussions attendues
La mise en lumière d’un « effet expansionniste » associé au report de l’âge légal est susceptible d’alimenter des débats vifs au sein du COR et au‑delà. L’institution rassemble des acteurs aux intérêts et aux représentations divergentes, y compris des syndicats qui siègent au sein du conseil.
Les notes, destinées à informer la réflexion collective, devraient conduire les membres du COR à confronter les performances macroéconomiques des options aux questions d’équité, d’acceptabilité sociale et de faisabilité politique. Les conclusions définitives du COR seront discutées en séance plénière le 26 mars, après ce travail préparatoire.





