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ACTUALITé NATIONALE Colère sociale et retour à l’ordre

Après les violences du 17 octobre, l’exécutif doit protéger les commerces sans laisser la vie chère hors du débat

Après les débordements du 17 octobre, Emmanuel Macron annonce des aides aux professionnels touchés et des consultations avec syndicats, jeunes et élus. Reste à savoir si ces mesures répondront aussi aux inquiétudes sur les revenus et le coût de la vie.

Devanture d’un commerce avec rideau métallique baissé et vitrine, dans une rue commerçante aux façades usées.
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En bref

Après les violences et pillages du 17 octobre, Emmanuel Macron annonce une cellule de crise pour aider les professionnels touchés et demande des réponses sur l’anticipation des débordements. Il prévoit aussi des échanges avec syndicats, jeunes et élus, tandis que les revendications sur les salaires et le coût de la vie restent au cœur de la mobilisation.

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Comment protéger les commerces et les habitants sans laisser disparaître la question des fins de mois ? Après la mobilisation du 17 octobre, le gouvernement doit répondre à deux urgences : les conséquences des violences et la colère contre la vie chère.

Une mobilisation massive, deux lectures de la crise

Samedi 17 octobre 2026, 550 000 personnes ont manifesté en France, dont 110 000 à Paris, selon les autorités. Des affrontements et des pillages ont accompagné cette journée dans plusieurs villes. Le ministère de l’Intérieur a également fait état d’attaques contre des bâtiments publics et des commerces.

La CGT avance, de son côté, près de 800 000 participants. Ce décompte syndical et celui des autorités ne constituent pas une mesure commune. Tous deux témoignent cependant d’une mobilisation importante, dont les revendications concernent notamment les salaires, les pensions et les minima sociaux.

Le désaccord dépasse les chiffres. L’exécutif insiste sur la protection des personnes et des biens. La CGT demande des négociations et des réponses parlementaires. Dans son communiqué sur la mobilisation du 17 octobre, elle attribue au refus gouvernemental de répondre aux revendications une responsabilité politique dans la montée des violences. Il s’agit de l’analyse du syndicat, pas d’une conclusion judiciaire.

Macron promet des aides et demande des comptes sur l’anticipation

Emmanuel Macron s’est finalement adressé aux Français dimanche 18 octobre, à 20 heures. Son intervention ne se limite donc plus à une annonce de prise de parole. Le président a présenté une réponse mêlant soutien aux victimes, fermeté judiciaire et ouverture de discussions sociales.

Dans son allocution consacrée aux violences et aux revendications sociales, il a annoncé une cellule de crise, présidée par le Premier ministre le 19 octobre. Elle doit mobiliser rapidement des aides pour les commerçants, artisans et autres acteurs économiques touchés. Le discours ne précise toutefois ni montant global ni conditions d’accès.

Le chef de l’État a également demandé au gouvernement de tirer les leçons des défaillances éventuelles du renseignement et de l’anticipation. Cette demande compte politiquement : soutenir les forces de l’ordre n’écarte pas l’examen de la préparation du dispositif. Les réponses du ministère de l’Intérieur devront éclairer ce point.

Emmanuel Macron attribue les violences à des groupes d’ultragauche rejoints par des délinquants. Cette qualification reste celle de l’exécutif ; les enquêtes doivent établir les responsabilités individuelles. Le président distingue aussi explicitement les auteurs de destructions des manifestants portant des revendications qu’il juge légitimes.

La vie chère ne se résume pas à un chiffre d’inflation

La colère sociale s’inscrit dans une situation économique dégradée. D’après l’Insee, le pouvoir d’achat par unité de consommation a diminué de 0,7 % en 2025, après une hausse de 2,2 % en 2024. Cet indicateur tient compte de la composition des ménages pour approcher l’évolution moyenne du niveau de vie.

Ces données, présentées dans l’étude de l’Insee sur la consommation des ménages en 2025, donnent une profondeur concrète aux revendications. Une moyenne nationale ne décrit cependant pas chaque budget. La situation dépend aussi des revenus, de la taille du foyer et des dépenses auxquelles il peut difficilement renoncer.

Par ailleurs, l’analyse de l’Insee sur le pouvoir d’achat et les inégalités relève une remontée de l’inflation à partir de mars 2026. Elle l’associe à la hausse des hydrocarbures provoquée par le conflit au Proche-Orient. L’inflation annuelle a atteint 2,4 % en mai, son plus haut niveau depuis début 2024.

Deux réponses se dessinent donc. L’exécutif met en avant la sécurisation des approvisionnements énergétiques et son action auprès des distributeurs. La CGT réclame une augmentation des revenus et une contribution accrue des hauts patrimoines. La première approche vise notamment les coûts ; la seconde, les ressources disponibles pour les ménages modestes.

Commerçants, salariés, manifestants : des attentes différentes

Pour les professionnels touchés, l’enjeu immédiat est la reprise de l’activité. L’annonce d’aides ne répondra concrètement à cette attente qu’avec des démarches, des délais et des bénéficiaires clairement définis. Il faudra notamment observer si le dispositif distingue les petites entreprises des réseaux disposant de plusieurs établissements.

Pour les salariés et les ménages mobilisés, la priorité reste différente : obtenir une amélioration durable du budget quotidien. Une aide à un commerce endommagé et une mesure sur les revenus ne poursuivent pas le même objectif. Le gouvernement doit traiter les deux sujets sans présenter l’un comme une réponse à l’autre.

Le maintien de l’ordre ouvre également un rapport de force. Emmanuel Macron prévoit que les préfets, représentants de l’État dans les territoires, puissent interdire certains rassemblements en lien avec les maires. Cette orientation vise à protéger habitants, équipements publics et commerces. Elle concerne aussi directement les possibilités de mobilisation des organisations syndicales.

La CGT conteste précisément les conditions d’encadrement des manifestations et dénonce une répression empêchant la participation. Elle privilégie la poursuite d’une mobilisation pacifique et la négociation. L’opposition porte ainsi autant sur les moyens de prévenir les violences que sur la place laissée à l’expression collective.

Des rendez-vous concrets pour mesurer la réponse

Le président a confirmé son départ vers les pays du Golfe à partir du 19 octobre, en présentant ce déplacement comme un moyen de sécuriser les approvisionnements. Sur le front intérieur, il a chargé le Premier ministre de réunir, dans les prochains jours, jeunes, enseignants, syndicats, employeurs, collectivités et parlementaires.

Trois éléments permettront de juger la suite : les modalités des aides aux professionnels, les réponses sur l’anticipation des violences et les propositions issues des consultations. Une autre échéance figure déjà au calendrier syndical : la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations du 5 novembre, que la CGT appelle à préparer.

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