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ACTUALITé NATIONALE Le pouvoir d’achat dans la balance

Pensions 2027 : les députés peuvent-ils protéger le pouvoir d’achat sans aggraver le déficit de la Sécurité sociale ?

En commission, les députés ont rejeté la limitation de la revalorisation des pensions prévue par le gouvernement pour 2027. Le débat reprend dans l’hémicycle, où il faudra aussi déterminer comment financer la réduction du déficit social.

Dans un hémicycle aux rangées courbes, des députés travaillent à leurs pupitres équipés de microphones.
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En bref

Le projet de budget social pour 2027 prévoit de limiter la revalorisation des pensions au-delà de 1 260 euros par mois, une mesure que les députés ont supprimée en commission. Le gouvernement estime qu’un gel pourrait rapporter environ 4 milliards d’euros. La séance publique doit trancher entre protection du pouvoir d’achat et réduction du déficit.

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Votre pension suivra-t-elle la hausse des prix en 2027 ? Derrière la bataille du budget de la Sécurité sociale, c’est notamment cette protection du pouvoir d’achat qui se joue.

Un rejet politique, pas la fin du budget

Le gouvernement de Sébastien Lecornu veut réduire fortement le déficit social. Mais les députés contestent plusieurs moyens choisis pour y parvenir. Après une semaine de débats, la commission des affaires sociales a rejeté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, vendredi 16 octobre 2026. L’Assemblée confirme que l’article liminaire et les trois parties du texte ont été supprimés ou rejetés.

Ce vote ne signifie pourtant pas que les mesures gouvernementales ont disparu. Pour les textes budgétaires, la séance publique repart de la version initiale du gouvernement. Les députés devront donc voter à nouveau leurs modifications dans l’hémicycle. Le travail en commission révèle un rapport de force ; il ne fixe pas encore les règles applicables aux assurés.

Le prochain rendez-vous est précis : l’examen du PLFSS en séance publique commence mardi 20 octobre 2026. Déposé le 1er octobre, ce projet détermine les recettes et les objectifs de dépenses des régimes sociaux. Il reste distinct du budget de l’État, même si les deux textes peuvent toucher les mêmes ménages.

Réduire le déficit sans confondre les comptes

La contrainte financière est réelle. Le gouvernement prévoit un déficit de 21,8 milliards d’euros en 2026 pour les régimes obligatoires de base. Dans le projet de loi présenté à l’Assemblée nationale, leurs dépenses atteignent 683,1 milliards d’euros, contre 661,3 milliards de recettes. Les branches maladie et vieillesse concentrent l’essentiel du déséquilibre, avec respectivement 12,5 et 8 milliards de déficit.

Ces chiffres appellent une distinction importante. Le budget de la Sécurité sociale ne constitue pas simplement une ligne de dépenses de l’État. Il organise le financement de prestations et de soins à travers plusieurs branches : maladie, vieillesse, famille, autonomie et risques professionnels. Leur situation varie : la branche famille affiche ainsi un léger excédent prévisionnel en 2026.

Autre précaution : tous les chiffres des comptes sociaux ne couvrent pas le même périmètre. Le projet explique que les administrations de sécurité sociale incluent aussi, notamment, les retraites complémentaires et l’assurance chômage. Leur solde ne se compare donc pas directement à celui des seuls régimes de base. Cette différence évite de prendre un excédent global pour la disparition des difficultés de financement.

Les retraites, point de rupture entre les députés et l’exécutif

L’objectif gouvernemental consiste à ramener le déficit à 12,7 milliards d’euros en 2027. Une mesure concentre les résistances : limiter la revalorisation des pensions de base. Dans la copie initiale, seuls les retraités percevant jusqu’à 1 260 euros de pension conserveraient une hausse suivant intégralement l’inflation. Au-dessus, le gouvernement déterminerait une hausse moindre, voire un gel, par décret, un acte réglementaire pris par l’exécutif.

Les députés ont supprimé cette disposition en commission. Des groupes allant de La France insoumise au Rassemblement national, en passant notamment par les socialistes et la Droite républicaine, ont porté des amendements de suppression. Leurs votes convergent donc sur le refus de cette économie, sans établir pour autant un accord sur un budget alternatif.

Le détail du dispositif sur les pensions et des votes en commission montre l’ampleur de l’enjeu : un gel au-dessus de ce seuil rapporterait environ 4 milliards d’euros. L’exécutif se dit ouvert à une revalorisation partielle, notamment entre 1 260 et 2 000 euros.

Concrètement, une pension gelée ne baisse pas en euros. Mais si les prix augmentent, elle permet d’acheter moins. L’analyse du mécanisme montre donc deux effets différents : préserver l’indexation protège le revenu disponible des retraités ; la limiter réduit les dépenses des caisses. Le seuil retenu détermine quels ménages supportent cet ajustement, tandis qu’une hausse partielle peut atténuer la rupture entre ceux qui se trouvent juste au-dessous et juste au-dessus.

Qui doit supporter l’effort ? Un conflit déjà ancien

Cette confrontation prolonge celle du budget précédent. Lors de l’examen du PLFSS pour 2026, les députés avaient déjà rejeté le gel des pensions et des prestations. Ils avaient aussi supprimé plusieurs mesures touchant les apprentis ou certains avantages sociaux. Le bilan parlementaire du budget social pour 2026 retrace ces arbitrages.

Le Sénat avait défendu une autre répartition : rétablir le gel, tout en épargnant notamment les pensions inférieures à 1 400 euros. Il avait également refusé une hausse de la CSG sur les revenus du capital. Ces choix protégeaient des acteurs différents : les bénéficiaires des prestations dans un cas, les détenteurs de revenus patrimoniaux dans l’autre.

Le précédent montre aussi pourquoi supprimer une économie ne clôt pas le débat. Pour maintenir une cible de déficit, il faut compenser par des recettes ou d’autres économies. À défaut, le solde se dégrade. En 2026, le déficit prévisionnel inscrit dans le texte adopté avait atteint 19,4 milliards d’euros, contre 17,5 milliards dans le projet initial.

Le 20 octobre, les compromis devront devenir des votes

L’enjeu immédiat dépasse donc le rejet en commission. Dès mardi 20 octobre, les députés devront confirmer leurs suppressions dans l’hémicycle et préciser leurs solutions de remplacement. Trois points permettront de mesurer l’évolution du compromis : le seuil de protection des pensions, leur éventuelle revalorisation partielle et les recettes ou économies retenues en contrepartie.

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