Popularité de Macron au plus bas : que révèle le rejet de l’exécutif sur les priorités des Français et leurs attentes ?
Avec 15 % d’avis favorables pour Emmanuel Macron et 22 % pour Sébastien Lecornu, le baromètre révèle un exécutif fragilisé. Pouvoir d’achat, système social et dette dominent les préoccupations, sans qu’un successeur potentiel recueille une majorité d’adhésion.

Emmanuel Macron recueille 15 % d’avis favorables, tandis que Sébastien Lecornu remonte à 22 %, sans sortir d’un niveau d’approbation faible. Les Français citent surtout le pouvoir d’achat, l’avenir du système social et la dette. En tête du classement des successeurs potentiels, Jordan Bardella et Marine Le Pen ne suscitent pas pour autant une adhésion majoritaire.
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Quand les dépenses quotidiennes inquiètent et que l’avenir des services publics paraît fragile, à qui les Français demandent-ils des comptes ? Le dernier baromètre Ipsos BVA-CESI révèle un rejet massif du président, sans adhésion majoritaire à ses successeurs potentiels.
Macron à 15 % : un rejet qui dépasse les oppositions
Emmanuel Macron recueille 15 % d’opinions favorables, contre 16 % lors de la mesure précédente. Il atteint ainsi son niveau le plus bas depuis son arrivée à l’Élysée en 2017 dans cette série. À l’inverse, 82 % des personnes interrogées jugent défavorablement son action, précise le baromètre politique Ipsos BVA-CESI d’octobre 2026.
Le président conserve toutefois une majorité de soutien parmi les sympathisants de Renaissance, du MoDem et d’Horizons. Dans ce bloc central, 53 % approuvent son action, contre 47 % qui la désapprouvent. Il s’agit de sympathisants politiques, pas nécessairement d’électeurs ayant voté pour ces formations.
Sébastien Lecornu regagne, lui, deux points et atteint 22 % d’avis favorables. Cette remontée succède à une chute de sept points lors de la vague précédente. Elle reste limitée : 69 % des Français portent encore un jugement défavorable sur son action.
Ces résultats décrivent donc deux situations distinctes. Le président reste au plus bas. Le Premier ministre bénéficie d’un léger mieux, sans retrouver une approbation large. Parler d’un retournement de l’opinion serait prématuré.
Ce que mesure vraiment ce sondage
L’enquête a eu lieu en ligne les 7 et 8 octobre 2026, auprès de 1 000 personnes majeures. Le rapport complet et la méthodologie du sondage Ipsos indiquent un échantillon représentatif, constitué selon la méthode des quotas. Celle-ci reproduit les principales caractéristiques de la population.
Les marges d’erreur annoncées vont de 0,6 à 3,1 points selon les résultats. Une variation d’un point ne suffit donc pas, isolément, à établir un changement net. Le constat principal reste le niveau très faible du soutien présidentiel, davantage que son recul mensuel.
Autre distinction essentielle : une opinion favorable ne constitue pas une intention de vote. Le sondage interroge le jugement sur l’action des dirigeants. Pour les successeurs potentiels, il mesure la satisfaction qu’inspirerait leur accession à l’Élysée. Ces questions ne prédisent pas directement un résultat électoral.
Pouvoir d’achat, protection sociale, dette : des attentes difficiles à concilier
Le pouvoir d’achat arrive en tête des préoccupations, avec 54 % des réponses. L’avenir du système social suit à 44 %, devant la dette et les déficits, à 33 %. Les participants pouvaient sélectionner trois enjeux : ces pourcentages ne constituent donc pas des catégories exclusives.
Ces priorités dessinent une tension politique concrète. Préserver les revenus disponibles, financer la santé et les retraites, puis réduire les déficits ne mobilisent pas les mêmes moyens. Tout arbitrage pose une question de répartition : qui contribue, qui bénéficie des dépenses, qui supporte les économies ?
Le rapport montre également des différences entre familles politiques. La dette préoccupe 55 % des sympathisants du bloc central, contre 20 % de ceux du PS-Place publique. À l’inverse, le pouvoir d’achat inquiète 65 % des sympathisants socialistes, contre 36 % dans le bloc central.
Ces écarts aident à comprendre les désaccords sur les priorités. Ils ne permettent toutefois pas d’attribuer toute l’impopularité présidentielle à une seule cause. Le baromètre décrit des inquiétudes simultanées ; il ne démontre pas leur contribution respective au rejet de l’exécutif.
Les lycéens illustrent une fracture entre besoins et moyens d’action
La mobilisation lycéenne, engagée depuis le 18 septembre 2026 contre les conditions d’éducation, éclaire cette tension. Dans une enquête Ipsos sur les revendications et les blocages des lycées, 54 % des Français approuvent le mouvement, tandis que 40 % le désapprouvent.
L’âge change sensiblement le regard porté sur la mobilisation. Le soutien atteint 62 % chez les moins de 35 ans, mais 43 % chez les personnes de 60 ans et plus. Les sympathisants de LFI et du PS-Place publique figurent parmi les plus favorables.
Les revendications suscitent néanmoins une adhésion plus large que les blocages. Ainsi, 82 % soutiennent un nombre limité d’élèves par classe. Investir davantage dans la rénovation des établissements convainc 79 % des répondants. Ces mesures bénéficieraient directement aux élèves et aux personnels, mais nécessiteraient des ressources publiques.
En revanche, 79 % jugent inacceptables les violences contre les personnels éducatifs et les dégradations. L’opinion distingue donc les besoins scolaires des méthodes de protestation. Cette distinction empêche de réduire le débat à un affrontement entre soutien aux jeunes et défense de l’ordre.
Le RN reste devant, sans transformer le rejet en majorité
Jordan Bardella et Marine Le Pen dominent le classement des successeurs potentiels, avec respectivement 33 % et 32 % de satisfaction. Ils reculent néanmoins de trois et quatre points. Édouard Philippe suit à 20 %, en hausse d’un point, selon les résultats publiés par Ipsos.
Leur avance comporte une limite importante : 50 % seraient mécontents d’une élection de Jordan Bardella, et 51 % de celle de Marine Le Pen. Le RN dispose donc du premier niveau de satisfaction dans ce classement, mais pas d’une adhésion majoritaire.
Pour les oppositions, le faible soutien présidentiel constitue un argument politique. Pour les candidats issus du centre, il pose la question de leur rapport au bilan. Mais aucun camp ne peut assimiler automatiquement le mécontentement envers Emmanuel Macron à un soutien à son propre projet.
Le prochain test se jouera aussi sur le budget
Un sondage ne retire pas ses pouvoirs au président et ne renverse pas le gouvernement. La Constitution française, notamment ses articles 49 et 50, prévoit que l’Assemblée nationale peut imposer une démission gouvernementale par une motion de censure, un vote qui retire sa confiance au gouvernement.
Les débats sur le budget 2027 constituent désormais un test concret. Dans les prochaines semaines, les arbitrages sur les dépenses sociales, les recettes et le déficit permettront d’observer les compromis possibles. La prochaine vague du baromètre dira ensuite si le léger rebond de Sébastien Lecornu se confirme.



