Assurance‑chômage : avant les négociations du 25/02/2026, cinq syndicats refusent les coupes patronales touchant intermittents, frontaliers et ruptures conventionnelles

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Assurance‑chômage : à la veille des négociations du 25 février 2026, les cinq grands syndicats se mobilisent pour refuser les coupes proposées par le patronat — notamment sur les ruptures conventionnelles, les intermittents et les frontaliers — laissant la négociation incertaine.

Les dirigeants des cinq principales organisations syndicales se sont présentés en première ligne lundi 23 février 2026 au siège national de Force ouvrière (FO), à Paris, pour rappeler leurs exigences communes lors de la négociation sur l’assurance-chômage. Cette conférence de presse, tenue quarante‑huit heures avant la séance de discussions programmée mercredi 25 février 2026, visait à marquer l’unité syndicale face aux propositions patronales.

Une mobilisation inhabituelle et un message ferme

L’initiative a été qualifiée d’« inhabituelle », voire « sans précédent », par la CGT, signe de la montée en intensité du débat. Les cinq syndicats ont souligné qu’il était exclu d’accepter une réduction des droits des demandeurs d’emploi au niveau réclamé par les organisations patronales. Selon eux, les pistes avancées par le patronat portent atteinte à la protection sociale des salariés.

Réunir les plus hauts responsables syndicaux servait à envoyer un signal politique fort : la négociation n’est pas un simple échange technique, mais un affrontement d’orientations sur la régulation du marché du travail et le financement de l’assurance‑chômage.

Un cadre fixé par une lettre ministérielle

Les discussions se déroulent dans le cadre d’un courrier adressé par le ministre du Travail, Jean‑Pierre Farandou, daté du 29 novembre 2025. Ce document mentionne des pourparlers consacrés « notamment » à la prise en charge par l’assurance‑chômage des personnes ayant quitté leur poste à la suite d’une rupture conventionnelle, mécanisme par lequel employeur et salarié se séparent d’un commun accord.

La lettre formule le vœu d’aboutir à un accord « permettant de générer une économie d’au moins 400 millions d’euros par an ». L’expression « notamment » et la formule « au moins » laissent cependant un large champ d’interprétation quant au périmètre des mesures susceptibles d’être discutées.

Élargissement du périmètre et propositions patronales

Les organisations patronales ont proposé d’étendre le débat au‑delà des ruptures conventionnelles. Lors de la séance précédente, le 19 février 2026, elles ont abordé plusieurs sujets supplémentaires : les conditions d’indemnisation des intermittents du spectacle, le statut des travailleurs frontaliers et la récupération des allocations indûment versées, qualifiées de « trop‑perçus » par les gestionnaires du régime.

Les mesures avancées, mises bout à bout, pourraient selon le patronat rapporter plus de quatre milliards d’euros. Les représentants des employeurs estiment toutefois que leur objectif effectif se situe autour d’un milliard d’euros d’économies par an, figure répétée lors des échanges.

Enjeux et lignes rouges

Pour les syndicats, l’enjeu principal est de préserver les droits et la qualité de la protection des personnes privées d’emploi. Ils contestent l’idée d’un ajustement qui ferait peser sur les salariés l’essentiel de l’effort budgétaire. La crainte porte sur une réduction de l’accès aux allocations, des durées d’indemnisation ou des conditions d’ouverture de droits.

Du côté patronal, l’argument avancé est celui d’une nécessité de responsabilisation et de maîtrise des dépenses du régime d’assurance‑chômage. Les propositions visent à élargir les sources d’économies et à ajuster des règles jugées permissives par certains employeurs, en s’appuyant sur des catégories spécifiques comme les intermittents ou les frontaliers.

La divergence reste nette : les syndicats refusent toute mesure considérée comme une régression des droits, tandis que le patronat insiste sur des économies substantielles, chiffrées à 1 milliard d’euros par an selon ses représentants.

À la veille de la séance du mercredi 25 février 2026, la négociation apparaît donc indécise. Les positions restent campées et le calendrier, encadré par la lettre ministérielle du 29 novembre 2025, ne garantit pas qu’un compromis soit trouvé rapidement. Les prochains échanges devront préciser le périmètre des mesures et leur traduction chiffrée, sans quoi le bras de fer entre syndicats et employeurs risque de se poursuivre.

Parlons Politique

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