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ÉCONOMIE & SOCIéTé École, examens et accès aux études

École et orientation : les choix de Gabriel Attal peuvent-ils vraiment desserrer l’étau sur l’avenir des jeunes ?

Gabriel Attal avance des mesures sur les effectifs scolaires, les examens et Parcoursup pour répondre au malaise des jeunes. Leur portée dépendra des moyens mobilisés et de la façon dont ces changements affecteront les parcours des élèves.

Gros plan sur une table d’élève usée, avec cahier vierge et fournitures, dans une salle de classe aux rangées de tables.
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En bref

Gabriel Attal propose de réduire le nombre d’élèves par classe, de conditionner certains passages scolaires à des examens et de modifier l’évaluation des dossiers sur Parcoursup. Ces mesures pourraient transformer les parcours des lycéens, mais leur effet dépendra des moyens accordés aux établissements et des solutions prévues pour les élèves en difficulté.

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Comment alléger la pression sur les élèves sans leur fermer davantage de portes ? Avec son « pacte pour la jeunesse », Gabriel Attal propose des classes moins chargées, mais aussi des examens conditionnant l’accès au collège et au lycée.

Le candidat Renaissance à la présidentielle a présenté ces propositions le samedi 10 octobre 2026, à Lyon. Sur fond de mobilisation lycéenne, il cherche à répondre aux inquiétudes scolaires tout en affirmant sa place dans la compétition du bloc central.

Des classes moins chargées : une promesse liée aux choix budgétaires

Gabriel Attal promet « moins d’élèves par classe et plus de professeurs devant les élèves ». Son levier : la baisse démographique, qui réduit progressivement les effectifs scolaires. Il propose également une hausse de salaire de 200 à 500 euros net pour les enseignants en milieu de carrière.

Cette évolution démographique est documentée. Selon les projections de la DEPP sur les effectifs scolaires à l’horizon 2035, les établissements publics et privés sous contrat compteraient environ 1,68 million d’élèves de moins qu’en 2025. Cela représente une baisse de 14,2 %, dans le scénario intermédiaire.

Mais moins d’enfants ne signifie pas automatiquement moins d’élèves par classe. Tout dépend du nombre de postes et de classes conservés. Le choix politique consiste donc à transformer cette baisse en meilleures conditions d’enseignement, plutôt qu’en économies.

Le précédent de 2025 illustre cet arbitrage. Le ministère avait annoncé le maintien global des moyens d’enseignement, après l’annulation de suppressions de postes initialement prévues. Il anticipait alors une diminution de quelque 92 700 élèves.

Les effets dépendraient toutefois des territoires. Une réduction des effectifs pourrait soulager des établissements chargés. À l’inverse, là où les élèves deviennent moins nombreux, maintenir une offre scolaire proche des familles suppose des décisions spécifiques. La promesse nationale devra donc se traduire dans chaque carte scolaire.

Des examens aux portes du collège et du lycée

L’ancien Premier ministre souhaite instaurer un certificat d’études pour entrer au collège. Il veut aussi rendre le brevet obligatoire pour accéder au lycée. Une « année passerelle » accueillerait les élèves qui échouent.

La logique affichée consiste à vérifier les acquis avant de poursuivre. Cependant, elle modifie aussi le parcours des élèves les plus fragiles : leur accès au niveau suivant dépendrait d’un examen supplémentaire ou deviendrait conditionnel.

Ce débat a déjà opposé Gabriel Attal aux syndicats. En janvier 2025, le SNES-FSU avait salué l’annonce selon laquelle le brevet ne deviendrait pas obligatoire pour entrer en seconde. Le syndicat contestait ainsi une mesure phare du « choc des savoirs », la réforme scolaire portée par Attal.

La question centrale porte sur l’année passerelle. Avec un accompagnement solide, elle pourrait répondre à des difficultés précises. Sans moyens suffisants, elle risquerait de devenir un temps d’attente supplémentaire. Son contenu, ses enseignants et les conditions de retour dans le cursus restent donc déterminants.

Attal propose également une « révolution du temps scolaire », avec du sport, de la culture et des arts à partir de 15 heures. Pour les familles, l’enjeu serait l’accès réel à ces activités. Leur organisation demanderait des intervenants, des équipements et une articulation avec les transports scolaires.

Enfin, il donne cinq ans à son gouvernement pour adapter l’ensemble des établissements scolaires au changement climatique. Cette promesse concerne directement les conditions d’apprentissage. Mais son application nécessiterait de coordonner l’État et les collectivités responsables des bâtiments, avec des capacités financières différentes.

Parcoursup : changer les dossiers, sans supprimer la plateforme

Dans l’enseignement supérieur, Gabriel Attal refuse de faire de la suppression de Parcoursup la réponse au malaise étudiant. Rapporteur de la loi de 2018 à l’origine du dispositif, il préfère le faire évoluer.

Il souhaite réduire la pression du contrôle continu, c’est-à-dire des évaluations réalisées pendant l’année. Il privilégie davantage d’épreuves terminales pour constituer les dossiers. Il promet aussi un parcours d’orientation fondé sur le mentorat, le tutorat et les stages.

Pour comprendre l’enjeu, il faut distinguer la plateforme des décisions d’admission. Les enseignants des formations supérieures examinent les dossiers et établissent les classements. Parcoursup transmet ensuite les propositions aux candidats.

Autre limite : les places disponibles. Même dans une licence dite non sélective, lorsque les demandes dépassent la capacité d’accueil, une commission classe les candidatures. Modifier les notes utilisées ne supprime donc pas cette concurrence. La présentation officielle de l’examen des vœux sur Parcoursup détaille ce mécanisme.

L’accompagnement humain pourrait surtout bénéficier aux jeunes qui disposent de peu d’aide pour s’orienter. En revanche, privilégier les examens finaux déplacerait la pression vers quelques échéances. Cela ne garantirait pas, à lui seul, une meilleure orientation.

Le candidat veut également supprimer ou transformer les licences et masters aux résultats insuffisants en matière de décrochage et d’emploi. Cette approche privilégie l’insertion professionnelle. Son effet dépendrait néanmoins des critères retenus et des solutions proposées aux étudiants concernés.

La jeunesse, terrain de confrontation présidentielle

À Lyon, Gabriel Attal a opposé son projet à ceux du RN et de LFI. Il accuse les Insoumis d’instrumentaliser la colère des jeunes et le RN de vouloir la « cadenasser ». Ces accusations relèvent de son discours de campagne, non d’un constat partagé.

Jean-Luc Mélenchon lui a répondu en dénonçant sa « consternante duplicité ». Il lui reproche de critiquer les difficultés scolaires tout en défendant Parcoursup et sans assumer son bilan gouvernemental. La confrontation porte donc autant sur les propositions que sur la responsabilité des décisions passées.

Attal cherche parallèlement à réunir la gauche sociale-démocrate et la droite républicaine dans une « coalition des démocrates ». Il se démarque ainsi de l’union de la droite et du centre défendue par Édouard Philippe, qui le devance dans les sondages évoqués pendant cette séquence.

La prochaine confrontation annoncée concerne la vision de la jeunesse que Mélenchon doit présenter le dimanche 11 octobre à Clermont-Ferrand. Attal prévoit ensuite une convention réunissant 150 Français tirés au sort parmi les 16-25 ans. Il faudra notamment surveiller les précisions sur les moyens, les examens et les capacités d’accueil : elles permettront de mesurer la portée concrète de son pacte.

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