À La Rochelle, Falorni gouvernera largement malgré un scrutin où la moitié des électeurs s’est abstenue
Olivier Falorni obtient 36 des 49 sièges du conseil municipal de La Rochelle après le second tour des municipales. Avec 49,75 % de participation, le résultat ouvre aussi la question du poids des abstentionnistes et des priorités du mandat.

Olivier Falorni remporte le second tour à La Rochelle avec 43,66 % des suffrages exprimés et sa liste obtient 36 sièges sur 49. La participation s’établit à 49,75 %, tandis que les trois autres listes se partagent treize élus. Le logement figure parmi les dossiers concrets qui permettront d’évaluer les choix de la nouvelle majorité.
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Qui peut décider des priorités de La Rochelle quand moins d’un électeur sur deux participe au scrutin ? Les municipales de 2026 donnent à Olivier Falorni une large majorité pour gouverner, mais dessinent aussi une représentation politique déséquilibrée.
Municipales à La Rochelle : quatre listes, un vainqueur net
Le second tour du 22 mars 2026 opposait quatre listes. Celle d’Olivier Falorni, classée divers gauche, arrive en tête avec 12 149 voix, soit 43,66 % des suffrages exprimés. Elle devance nettement ses trois concurrentes, sans réunir la majorité absolue des voix.
Maryline Simoné, à la tête de La Rochelle Unie, liste d’union de la gauche, recueille 8 346 voix, soit 29,99 %. Christophe Batcabe, classé divers droite, obtient 4 568 voix et 16,42 %. Enfin, Thibaut Guiraud, également classé divers gauche, rassemble 2 765 voix, soit 9,94 %. Ces chiffres figurent dans les résultats du second tour publiés par le ministère de l’Intérieur.
Le scrutin ne se résume donc pas à une opposition entre droite et gauche. Trois des quatre listes présentes appartiennent aux différentes sensibilités de la gauche. Leurs étiquettes proches ne signifient toutefois ni programme commun ni accord politique.
Pourquoi 43,66 % des voix donnent 36 sièges sur 49
La liste Falorni obtient 36 des 49 sièges du conseil municipal. Maryline Simoné en décroche sept, Christophe Batcabe quatre et Thibaut Guiraud deux. Le vainqueur dispose donc d’une majorité confortable, tandis que les trois oppositions totalisent treize élus.
Ce décalage entre voix et sièges découle de la prime majoritaire : un bonus attribué à la liste gagnante pour faciliter la constitution d’une majorité stable. À La Rochelle, la liste arrivée en tête reçoit d’abord la moitié des sièges, arrondie à l’entier supérieur. Les sièges restants se répartissent ensuite à la proportionnelle entre les listes admissibles, y compris celle qui a gagné. Le ministère détaille ce fonctionnement du scrutin municipal.
Concrètement, cette règle favorise la capacité de décision du vainqueur. En contrepartie, elle réduit le poids des autres listes dans les votes du conseil. Leurs élus peuvent défendre des amendements et contester les choix municipaux, mais ils ne peuvent pas bloquer seuls une majorité unie.
Autre distinction importante : les habitants élisent les conseillers municipaux, lesquels choisissent ensuite le maire. Le scrutin du 22 mars a donc donné à Olivier Falorni la majorité nécessaire pour accéder à la mairie, plutôt qu’un mandat obtenu par élection directe.
Une majorité solide, une participation minoritaire
Sur 57 067 inscrits, 28 388 électeurs se sont déplacés. La participation atteint 49,75 %, contre 50,25 % d’abstention. Ainsi, 28 679 inscrits n’ont pas voté. Au total, 27 828 suffrages exprimés départagent les listes.
Le décompte définitif publié par la Ville de La Rochelle indique également 309 bulletins blancs et 251 bulletins nuls. Les premiers représentent 1,09 % des votants, les seconds 0,88 %. Ni les uns ni les autres n’entrent dans le calcul des scores des candidats.
Il faut donc distinguer deux réalités. Olivier Falorni remporte clairement la compétition électorale. Mais ses 12 149 voix représentent 21,29 % des inscrits, et non une majorité de l’ensemble du corps électoral. Ce rapport ne remet pas en cause le résultat ; il précise l’étendue de son soutien dans les urnes.
En revanche, les seuls résultats ne permettent pas d’expliquer l’abstention. Ils ne disent pas si les absents expriment du désintérêt, une insatisfaction politique ou des difficultés pratiques. Leur attribuer une préférence commune reviendrait à leur prêter un vote qu’ils n’ont pas exprimé.
Le logement, un test concret pour la majorité
Au-delà des sièges, le logement illustre les arbitrages qui attendent les élus. L’agglomération constate une hausse des prix immobiliers, du foncier et des loyers, accompagnée d’une raréfaction des biens. Son Programme local de l’habitat 2026-2031, adopté en décembre 2025, prévoit 1 600 constructions annuelles, dont 500 à La Rochelle. Il fixe aussi un objectif de 655 logements locatifs sociaux et intermédiaires par an dans l’agglomération.
Ces objectifs concernent différemment les habitants. Les étudiants, saisonniers et jeunes actifs ont besoin d’offres accessibles. Les personnes âgées peuvent nécessiter des logements adaptés. Les propriétaires, eux, doivent arbitrer entre location permanente, location touristique et travaux. Le programme territorial prévoit des réponses à ces besoins, ainsi que la rénovation de 1 000 logements anciens ou énergivores par an.
Pendant la campagne, Olivier Falorni a notamment proposé une prime pour inciter les propriétaires de meublés touristiques à louer à l’année. Cette approche soutient financièrement les propriétaires qui changent de modèle, avec l’objectif de remettre des logements à disposition des résidents permanents. Il s’agit d’un engagement de campagne, pas d’un résultat acquis.
En face, le programme de Maryline Simoné sur le logement défend une régulation plus contraignante : encadrement des loyers et limitation des locations touristiques. Ces propositions visent à protéger les locataires et l’habitat permanent, tout en réduisant la liberté d’exploitation des propriétaires concernés. Le désaccord porte donc aussi sur les moyens : inciter financièrement ou imposer davantage de règles.
Les décisions à surveiller après le résultat
La politique du logement ne dépend cependant pas de la mairie seule. Le programme de l’habitat engage l’agglomération et suppose des partenariats avec les bailleurs. Le résultat municipal ne permet donc pas, à lui seul, de garantir les constructions annoncées.
Les prochaines délibérations budgétaires et les décisions sur le logement constitueront des points de contrôle concrets. Il faudra distinguer les crédits effectivement votés, les règles adoptées et les simples intentions. C’est à cette échelle que se mesurera la portée de la majorité issue du 22 mars.



