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ÉLECTIONS

Fabien Roussel remet le PCF en ordre de bataille pour 2027 et relance le débat sur l’unité à gauche

Le PCF veut être prêt pour la présidentielle de 2027 et Fabien Roussel assume une possible candidature. En parallèle, les communistes poussent des mesures sur le pouvoir d’achat et l’énergie.

Salle de congrès politique vide avec pupitre, micros et rangées de sièges rouges à Lille
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La gauche peut-elle éviter la dispersion en 2027 ?

À moins de deux ans de la présidentielle, une question revient déjà dans les milieux populaires comme dans les états-majors politiques : la gauche partira-t-elle en ordre dispersé, ou avec un seul candidat ? Pour le Parti communiste français, la réponse n’est pas tranchée, mais une chose l’est déjà : le parti veut être en état de présenter sa propre candidature.

Ce débat arrive dans un paysage politique fragilisé par l’instabilité parlementaire. Depuis la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon en septembre 2025, l’exécutif cherche surtout des accords pour faire passer le budget et stabiliser la vie politique. Autrement dit, les partis savent qu’une campagne présidentielle se joue aussi sur leur capacité à exister avant même le premier tour.

Le PCF mise sur son autonomie

Lundi 11 mai, Fabien Roussel a dit vouloir préparer le PCF à une nouvelle candidature présidentielle. Le dirigeant communiste estime que son parti a « toute légitimité » à défendre son projet devant les Français et qu’il doit être « prêt » à y aller. Il affirme aussi être prêt à « y consacrer toute mon énergie ».

Le calendrier interne est déjà posé. Le 40e congrès du PCF doit se tenir du 3 au 5 juillet 2026 à Lille. Les militants y désigneront la ligne du parti et, potentiellement, ses dirigeants. C’est à ce moment-là que la question d’une candidature présidentielle sera réellement arbitrée.

Dans les faits, le PCF veut éviter d’être seulement une force d’appoint. Le message est clair : les communistes entendent défendre leur propre projet, même si cela complique encore l’idée d’un candidat unique à gauche. Pour les dirigeants du parti, cette stratégie permet de peser dans le débat, d’exister dans les médias et de parler à un électorat ouvrier qui ne se retrouve pas toujours dans les équilibres de coalition.

Un passé lourd et un calcul politique précis

Fabien Roussel n’arrive pas en terrain vierge. En 2022, sa candidature avait recueilli 2,28 % des voix, loin derrière Jean-Luc Mélenchon, crédité de 21,95 %. Ce souvenir pèse encore sur les rapports entre communistes et insoumis. Chez les soutiens de Mélenchon, certains voient toujours dans la candidature communiste un facteur de dispersion.

Cette lecture n’est pas neutre. Elle profite surtout aux formations qui veulent l’unification derrière un nom déjà installé. À l’inverse, le PCF considère qu’une candidature autonome lui permet de porter des thèmes qu’il juge sous-représentés : salaires, énergie, industrie, services publics, pouvoir d’achat. Le bénéfice politique est donc double : préserver une identité partisane et parler à un électorat qui se sent souvent relégué par la bataille des appareils.

Le contexte social explique aussi cette ligne. Au 1er janvier 2026, le Smic brut mensuel est monté à 1 823,03 euros pour un temps plein, selon le gouvernement. Cette hausse reste modeste au regard des tensions sur les dépenses contraintes, notamment l’énergie et les transports. Quand un parti demande un coup de pouce immédiat sur les salaires ou le carburant, il parle d’abord aux ménages qui comptent chaque fin de mois.

Le pouvoir d’achat comme terrain de bataille

Le même 11 mai, les communistes ont adressé une lettre au Premier ministre pour réclamer des « mesures fortes » sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Parmi leurs propositions figurent une hausse immédiate du Smic de 5 % et un blocage du prix de l’essence à 1,60 euro le litre. Fabien Roussel a aussi mis en avant une baisse des prix de l’électricité pouvant aller jusqu’à 30 %.

Sur le fond, le PCF veut installer l’énergie au centre du débat présidentiel. L’idée est simple : si les prix de l’électricité, du carburant et des biens de première nécessité restent sous tension, la campagne de 2027 ne se jouera pas seulement sur les identités politiques, mais sur la capacité des candidats à protéger le revenu réel des ménages. Les gagnants potentiels de ce cadrage sont les salariés modestes, les navetteurs, les familles rurales et les petites communes où la voiture reste indispensable.

Mais ce type de mesures a aussi ses opposants. Les économistes libéraux et une partie de la droite mettent en garde contre un blocage des prix, qui reporte la facture sur l’État ou sur les entreprises. À l’autre bout du spectre, La France insoumise pousse depuis des mois l’idée d’une candidature commune à gauche. Fabien Roussel a rejeté cette perspective, dénonçant la « tambouille électorale » et refusant de se rallier à Jean-Luc Mélenchon.

Perspectives : Lille, les municipales et la course aux candidatures

La suite dépendra d’abord du congrès de Lille, début juillet. C’est là que le PCF dira s’il assume une candidature présidentielle propre ou s’il laisse encore la porte ouverte à une autre stratégie. En arrière-plan, les communistes savent que les municipales de 2026, où ils veulent présenter jusqu’à 2 000 candidats, serviront aussi de test de force avant 2027.

La gauche, elle, reste divisée sur la méthode. Les insoumis défendent l’unité autour d’un candidat central. Les communistes veulent d’abord un projet lisible et un rapport de force clair. Les socialistes et les écologistes, eux, cherchent encore l’équilibre entre rassemblement et autonomie. Dans ce jeu à trois ou quatre bandes, chaque parti tente de garder sa base sans se faire absorber par le voisin.

Le prochain moment clé est donc connu : début juillet à Lille, puis la séquence de construction des offres présidentielles au second semestre. D’ici là, le PCF va continuer à parler salaire, énergie et prix du quotidien. C’est sur ce terrain qu’il espère montrer qu’une candidature communiste ne serait pas seulement symbolique, mais utile à ses électeurs comme à son rapport de force à gauche.

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