Gilles Platret mise sur la présidentielle de 2027 : ses propositions pourraient changer le travail et les libertés
Le maire de Chalon-sur-Saône annonce vouloir briguer l’Élysée en 2027 avec des propositions sur le temps de travail, le voile et l’autonomie des universités. Pour figurer au premier tour, il devra aussi réunir les parrainages requis.

Le maire divers droite de Chalon-sur-Saône annonce sa candidature à la présidentielle de 2027 et défend des changements sur le temps de travail, le voile, les frontières et les universités. Ces propositions pourraient modifier les règles qui concernent salariés et citoyens, mais leur mise en œuvre reste à préciser ; il doit aussi obtenir 500 parrainages d’élus.
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Travailler quatre heures de plus par semaine, changer les règles sur le voile, reprendre la main sur les universités : derrière une candidature présidentielle, des choix très concrets se dessinent. Gilles Platret veut porter ces propositions dans la campagne de 2027.
Un maire de droite veut franchir le cap national
Le maire divers droite de Chalon-sur-Saône a annoncé sa candidature jeudi 8 octobre 2026, devant des soutiens réunis dans sa commune. Il a confirmé cette décision dans un communiqué publié vendredi 9 octobre sur X. Son objectif affiché : « restaurer l’unité de la Nation ».
Gilles Platret dirige Chalon-sur-Saône depuis 2014. Ancien vice-président des Républicains jusqu’en 2023, il exerce aussi les fonctions de vice-président du Grand Chalon et de conseiller régional. Il entend désormais transformer cet ancrage territorial en candidature nationale.
Son diagnostic repose sur plusieurs expressions alarmistes : éclatement de l’unité nationale, montée de l’islamisme, effondrement de l’école et de l’hôpital. Ces formulations décrivent son appréciation politique de la situation. Elles ne constituent pas, à elles seules, une mesure de l’état des services publics ou de la sécurité.
Cependant, annoncer sa candidature ne garantit pas une place sur les bulletins. Il faut recueillir au moins 500 présentations d’élus habilités, couramment appelées parrainages. Elles doivent provenir d’au moins 30 départements ou territoires assimilés, avec au maximum 50 pour un même département. Ce filtre légal de la candidature présidentielle impose donc de dépasser largement son territoire d’origine.
Pour un élu qui se présente sans l’étiquette d’un grand parti, l’enjeu est concret : constituer un réseau national. Une implantation municipale offre un point de départ, mais ne remplace pas les soutiens dispersés qu’exige cette procédure.
Les 39 heures : une question de salaire autant que d’horaires
Sur le travail, Gilles Platret propose d’« abolir la loi des 35 heures » et de revenir à 39 heures hebdomadaires. Il associe cette mesure à sa dénonciation d’une dévalorisation du travail. Mais son annonce laisse ouverte une question essentielle : avec quelle rémunération supplémentaire ?
Aujourd’hui, les 35 heures correspondent à la durée légale du travail à temps complet, pas à un plafond général. Une entreprise peut déjà organiser une semaine plus longue. Les heures supplémentaires ouvrent alors droit à une majoration de salaire ou, sous certaines conditions, à un repos compensateur. Le cadre des heures supplémentaires est donc au cœur du débat.
Selon les modalités retenues, relever le seuil légal pourrait modifier le traitement des heures comprises entre la 36e et la 39e. Les employeurs pourraient y trouver davantage de temps de travail disponible. Pour les salariés, le bilan dépendrait du maintien des majorations, des compensations et des accords collectifs.
Les effets ne seraient pas uniformes. Quatre heures supplémentaires n’impliquent pas les mêmes contraintes pour un parent, un salarié aux longs trajets ou une personne exerçant un métier physique. Pour les entreprises aussi, l’organisation dépendrait de leur activité, de leurs effectifs et de leurs besoins réels. Sans précisions, impossible de chiffrer les gains ou les pertes.
Le candidat vise également une dette publique inférieure à 100 % du produit intérieur brut, soit la richesse produite en un an. Il promet parallèlement davantage de soutien à l’agriculture. Ces objectifs appellent un arbitrage : quelles dépenses réduire, quelles recettes mobiliser et quels exploitants aider en priorité ? Son annonce ne détaille pas ces choix.
Voile et sécurité : distinguer les objectifs des moyens
Gilles Platret défend l’interdiction des Frères musulmans en France, l’interdiction du voile dans l’espace public et le rétablissement des frontières. Ces propositions cherchent à répondre aux préoccupations de sécurité et d’identité nationale. Elles recouvrent toutefois des mécanismes différents, qui nécessitent chacun des précisions.
Concernant le voile, il faut distinguer un vêtement laissant le visage visible d’une tenue qui le dissimule. La loi du 11 octobre 2010 interdit déjà la dissimulation du visage dans l’espace public. Elle ne constitue pas une interdiction générale du foulard. La circulaire d’application de cette interdiction précise cette différence.
La proposition de Gilles Platret irait donc plus loin. Ses partisans pourraient y voir un renforcement des règles communes. En revanche, les femmes portant un foulard subiraient directement une nouvelle restriction dans leurs déplacements et leurs activités quotidiennes.
Une contrepartie juridique existe déjà dans le débat. En 2016, des associations, dont la Ligue des droits de l’homme, ont contesté des restrictions municipales visant le burkini. Le Conseil d’État a rappelé que les limitations aux libertés doivent reposer sur des risques avérés pour l’ordre public. Ce précédent sur les libertés et les tenues religieuses concernait les pouvoirs des maires, pas une future loi nationale. Il souligne néanmoins l’exigence de justification des restrictions.
Universités : une réforme institutionnelle derrière un mot politique
Dans l’éducation, Gilles Platret réclame le retour de la discipline en classe. Il souhaite aussi mettre fin à l’autonomie des universités pour « éradiquer le wokisme ». Ce dernier terme sert ici de qualification politique, sans définir précisément les pratiques visées.
L’autonomie universitaire porte pourtant sur des responsabilités concrètes. Depuis la loi de 2007, les universités gèrent leur budget, y compris leur masse salariale. Elles restent largement dépendantes du financement public, comme l’explique la présentation du financement des universités.
Revenir sur cette organisation renforcerait le contrôle central, selon les compétences transférées. En contrepartie, les établissements perdraient des marges de décision locales. Pour les étudiants et les personnels, l’enjeu dépasserait ainsi la confrontation idéologique : qui déciderait des moyens, des recrutements et des priorités ?
Les prochaines étapes : préciser et rassembler
À l’international, Gilles Platret annonce une nouvelle diplomatie soutenant particulièrement Israël. Il prévoit aussi un déplacement à travers la France pour éprouver et enrichir ses idées. Cette tournée devra montrer sa capacité à réunir des soutiens au-delà de Chalon-sur-Saône.
Un livre annoncé pour novembre 2026 constituera sa prochaine échéance publique. Le candidat entend y défendre l’idée qu’une guerre civile aurait déjà commencé : une affirmation politique qu’il lui appartiendra d’étayer. Les points à surveiller seront surtout les modalités des 39 heures, les moyens juridiques envisagés et la construction du réseau nécessaire aux 500 parrainages.



