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ÉLECTIONS

Le procès de François Asselineau relance la question du consentement et du rapport d’autorité dans les partis politiques

La cour d’appel de Paris a ordonné le renvoi de François Asselineau devant le tribunal correctionnel. L’ancien candidat à la présidentielle devra répondre de faits de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles contestés depuis 2020.

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Une accusation grave, un second round judiciaire

Quand un responsable politique est visé par des faits de violences sexuelles au travail, la question dépasse vite le seul sort d’un homme. Elle touche aussi la protection des collaborateurs, le climat interne d’un parti et la manière dont la justice traite les rapports d’autorité.

Dans ce dossier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a finalement ordonné le renvoi de François Asselineau devant le tribunal correctionnel, après avoir infirmé le non-lieu prononcé en décembre 2024. Le parquet de Paris avait fait appel de cette décision. La chambre de l’instruction est la formation de la cour d’appel qui réexamine les décisions prises pendant l’instruction. Le tribunal correctionnel, lui, juge les délits.

Ce que la justice reproche à François Asselineau

Le renvoi porte sur des faits qualifiés de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles, au préjudice de deux collaborateurs. Dans le détail, il est renvoyé pour harcèlement sexuel par une personne abusant de l’autorité que lui conférait sa fonction envers un collaborateur, ainsi que pour agressions sexuelles et tentative d’agression sexuelle par personne abusant de cette autorité envers un second collaborateur.

Les plaintes initiales remontent au printemps 2020. L’une a été déposée le 5 mai 2020, l’autre le 25 juin 2020. Elles évoquaient des baisers forcés, des propos déplacés et d’autres faits présentés comme similaires. La procédure a ensuite suivi son cours classique : garde à vue en février 2021, ouverture d’une information judiciaire, puis mises en examen successives.

Le dossier a connu un premier tournant en décembre 2024, avec un non-lieu, c’est-à-dire une décision qui estime qu’il n’y a pas assez d’éléments pour renvoyer l’affaire au jugement. Le parquet a contesté cette issue. La cour d’appel lui a donné raison, par un arrêt du 7 avril.

Pourquoi ce renvoi change la donne

Le passage devant le tribunal correctionnel change le cadre. On quitte l’instruction, qui trie les charges, pour une audience publique où les juges doivent trancher sur la culpabilité. Le parquet représente l’intérêt public et peut requérir le renvoi dès lors qu’il estime les charges suffisantes. La procédure pénale prévoit d’ailleurs ce mécanisme.

Pour les plaignants, ce renvoi signifie surtout qu’un débat judiciaire contradictoire aura lieu. Pour l’accusé, il ne vaut pas condamnation. La présomption d’innocence reste entière tant qu’aucun jugement n’a été rendu. Mais politiquement, l’effet est immédiat : un responsable qui prépare une candidature présidentielle se retrouve à nouveau sous le feu judiciaire, avec une affaire qui peut peser sur son image, sa parole publique et sa capacité à rassembler autour de lui.

Cette affaire illustre aussi une réalité plus large : dans les structures politiques ou militantes, le rapport hiérarchique peut rendre la plainte difficile. Le droit vise précisément les situations où l’auteur présumé abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. Ce n’est pas un détail de vocabulaire. C’est le cœur du dossier.

Qui gagne, qui perd, et pourquoi

Si le dossier va au procès, les plaignants obtiennent d’abord une chose simple : que leurs accusations soient examinées publiquement. C’est important dans les affaires de violences sexuelles au travail, où les victimes dénoncent souvent un environnement fermé, sans témoin utile, et une dépendance professionnelle forte. C’est aussi pour cela que la loi aggrave les faits commis par une personne qui abuse de son autorité.

Pour François Asselineau, l’enjeu est évidemment inverse. Un procès accroît la visibilité d’un dossier pénal déjà ancien, au moment où il cherche à maintenir une existence politique. Pour son mouvement, le coût peut être double : fragilisation de la ligne de défense et exposition de son fonctionnement interne. Quand un responsable est mis en cause par des collaborateurs, la question ne porte pas seulement sur ses actes supposés. Elle touche aussi la culture de l’organisation qui l’entoure.

Pour la justice, enfin, cette affaire rappelle qu’un non-lieu n’est pas toujours le dernier mot. Le parquet peut faire appel, et la cour d’appel peut rétablir une perspective de procès. Ce va-et-vient dit quelque chose de la mécanique judiciaire : l’instruction ne sert pas à blanchir ou condamner politiquement, mais à vérifier si le dossier est assez solide pour être jugé.

Ce qu’il faudra surveiller maintenant

La prochaine étape sera le calendrier du procès devant le tribunal correctionnel de Paris. Il faudra aussi observer la stratégie de défense, la position du parquet à l’audience et l’éventuelle constitution de parties civiles. En correctionnelle, c’est là que se jouera la confrontation entre les versions des deux camps, avec un enjeu simple : y a-t-il des preuves suffisantes pour caractériser le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles reprochés ?

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RÉACTIONS

2 commentaires

  1. PascalMV

    Ce billet est plutôt mesuré, dans un sens impartial, mais il omet des points importants comme le décès du premier plaignant dans un accident de la route quelques mois après l’ordonnance de non-lieu ou le retrait de la plainte du second plaignant il y a trois ans aux dires de l’intéressé (cf. le direct d’hier soir sur son media principal sur YT).

    Hélas, il n’évoque pas sa posture qui est qu’on chercherait à le détruire politiquement et que le calendrier judiciaire tombe à point nommé pour l’empêcher. Dans son direct, il explique en somme que le scandale est intervenu un an avant la présidentielle de 2022 où il n’a pu obtenir ses parrainages et voit un parallèle de « timing »avec son renvoi devant le TC par la chambre de l’instruction, tout en glissant que le parquet qui a fait appel est aux ordres, pas indépendant comme les magistrats du siège.

    Enfin, le billet omet de dire que, si ses démêlés durent depuis 2020, il semble être resté attentiste/passif à l’instruction dans la mesure où il pouvait demander au juge de rendre une ordonnance de règlement (non-lieu ou renvoi) dès un an après sa mise en examen qui a été relativement rapide ; le juge aurait dû faire droit à sa demande ou motiver son refus. Cette demande pouvait être renouvelée tous les six mois.

  2. DeNiro

    Encore une fois ils ont peur qu’il arrive au second tour, nous ne sommes pas dupe et savons tous que cela est encore une fois un coup monté.

    C’est bizarre la justice avait déjà tranché et encore une fois ils reviennent sur cela car ils en ont peur.

    Car le plan de l’oligarchis est de mettre un personnage controversé au second tour comme Mr. Bardella ou Mr Mélanchon contre Eduard Phillipe.

    Ont vous refrachis la mémoire ?

    Mise en avant dans les différents médias 2022 :

    – Emanuelle macron : 25 %
    – FRANÇOIS ASSELINEAU : 0.8 %

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