Dimanche 22 mars 2026, à l’issue du second tour des élections municipales, sept communes françaises se sont retrouvées dans une situation rare : deux listes ont recueilli le même nombre de voix. Dans ces cas d’égalité parfaite, la loi électorale prévoit un mode de départage peu connu mais précis, fondé sur la moyenne d’âge des colistiers.
À Seignalens, une égalité au chiffre près
À Seignalens (Aude), un village de 33 électeurs, les deux listes en lice — chacune composée de sept candidats — ont obtenu exactement 16 voix dimanche 22 mars 2026. Déjà lors du premier tour, elles s’étaient retrouvées à égalité à 15 voix chacune, un bulletin blanc ayant été enregistré à cette occasion. Une semaine plus tard, l’un des abstentionnistes du premier tour s’est rendu aux urnes, mais le résultat est resté bloqué sur un 50-50.
Face à cette égalité parfaite, la préfecture a appliqué la règle portée par le code électoral pour déterminer la liste victorieuse. Selon les informations publiées par 20 Minutes, c’est la liste menée par Claudine Cavicchiolo, « Préservons Seignalens », qui l’a emporté et dont la tête de liste prendra le fauteuil de maire.
La règle légale: la moyenne d’âge comme critère de départage
Le code électoral contient une disposition spécifique pour trancher les égalités entre listes. L’article L262 prévoit que, lorsqu’il y a égalité entre les listes arrivées en tête, la liste ayant la moyenne d’âge des colistiers la plus élevée est déclarée gagnante. Autrement dit, on calcule la moyenne d’âge de l’ensemble des candidats de chaque liste, et non seulement celle des têtes de liste.
Cette disposition a pour effet de favoriser, de façon mécanique, la liste dont l’ensemble des membres est le plus âgé. La règle apparaît peu utilisée car les égalités exactes restent exceptionnelles, mais elle a l’avantage d’être objective et immédiatement applicable sans procédure supplémentaire.
D’autres communes concernées, dont Plouasne
Le cas de Seignalens n’est pas isolé. Lors du même scrutin, six autres communes ont connu la même impossibilité de départager deux listes par le nombre de voix. Parmi elles, Plouasne (Côtes-d’Armor) a vu les listes du maire sortant Michel Daugan et de sa rivale Élisabeth Bordeau obtenir chacune 514 voix. La moyenne d’âge des colistiers a permis de donner la victoire à Michel Daugan.
Ces exemples montrent que la règle de l’article L262 peut décider de scrutins allant de petits villages à des communes plus peuplées, dès lors que l’égalité est parfaite au moment du décompte officiel.
Dans la pratique, le recours à la moyenne d’âge évite des procédures contentieuses longues ou un recours généralisé au tirage au sort qui, lui, intervient surtout pour départager des candidats dans des élections autres que des listes municipales ou quand la loi le prévoit explicitement.
Pour les électeurs des communes concernées, la décision peut surprendre puisqu’elle introduit un critère démographique plutôt que politique pour départager les listes. Elle souligne aussi l’importance, dans les petites collectivités, de chaque voix et du comportement des abstentionnistes entre les deux tours.
Rappelons enfin que, en France, le mandat municipal standard est de six ans. Les maires proclamés à l’issue de ce second tour rempliront normalement un mandat correspondant à cette durée, sauf dispositions particulières ultérieures ou événements exceptionnels entraînant un renouvellement anticipé.
Si ces situations restent rares, elles illustrent la variété des mécanismes juridiques prévus pour assurer la continuité de l’institution municipale lorsque le vote lui-même ne suffit pas à départager les prétendants.















