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ÉLECTIONS La droite face au choix

Présidentielle 2027 : David Lisnard mise sur une primaire pour éviter l’éparpillement de la droite et du centre

À Cannes, David Lisnard défend une primaire ouverte pour départager les candidats de la droite et du centre en 2027. Il veut éviter la dispersion des voix, tout en excluant une alliance gouvernementale avec les macronistes.

Citoyens anonymes échangeant dans le hall lumineux d’une mairie française autour d’une réunion politique locale
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En bref

David Lisnard propose une primaire ouverte pour désigner un candidat unique de la droite et du centre à la présidentielle de 2027. Le maire de Cannes veut limiter la dispersion des voix, mais refuse de gouverner avec les responsables issus du macronisme. Plusieurs élus soutiennent l’idée, sans accord sur les règles ni le périmètre.

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À droite et au centre, plusieurs candidats peuvent-ils se présenter en 2027 sans se neutraliser au premier tour ? À Cannes, David Lisnard défend une solution simple sur le papier : départager les prétendants avant l’élection présidentielle.

Une droite dispersée face au risque du premier tour

Le maire de Cannes a relancé cette idée lors de sa rentrée politique, samedi 29 août 2026. Devant environ 3 000 personnes réunies en plein air, il a appelé à organiser une primaire ouverte de la droite et du centre.

Une primaire est une élection interne destinée à choisir un candidat commun. Elle peut éviter une multiplication des candidatures. Mais elle suppose aussi que les participants acceptent ensuite de soutenir le vainqueur.

David Lisnard estime que cet accord est devenu nécessaire. Selon lui, l’électorat de droite pourrait être attiré par plusieurs candidatures concurrentes. Sans mécanisme de sélection, les voix risqueraient donc de se disperser.

Le maire de Cannes porte cette proposition avec son mouvement Nouvelle Énergie. Il a quitté Les Républicains au printemps 2026 avant de se lancer dans la course à l’Élysée. Sa candidature s’inscrit dans un espace politique situé entre la droite classique et le centre droit.

Son raisonnement est électoral. Pour accéder au second tour, un candidat doit d’abord franchir le seuil imposé par le rapport de forces national. Plusieurs candidatures proches peuvent réduire les chances de chacune. La primaire permettrait de concentrer les soutiens sur un seul nom.

David Lisnard veut « éliminer les macronistes »

Le candidat ne propose toutefois pas une primaire sans condition. Il souhaite une compétition suffisamment large pour départager les différentes sensibilités de la droite et du centre, tout en assumant une ligne de rupture avec les responsables issus du macronisme.

« Pour gagner, il faut absolument organiser une présélection », a-t-il déclaré à Cannes. Il a ensuite ciblé Édouard Philippe et Gabriel Attal, deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron qui se préparent également à la présidentielle de 2027.

« Je ne gouvernerai pas avec les gens qui nous ont emmenés dans le mur », a affirmé David Lisnard. Il a néanmoins ajouté qu’il acceptait de les affronter dans une primaire. Sa formule : « Il faut éliminer les macronistes en quart de finale ».

Cette position vise deux publics différents. Elle s’adresse d’abord aux électeurs de droite qui souhaitent tourner la page du quinquennat d’Emmanuel Macron. Elle cherche aussi à convaincre les responsables politiques qui redoutent une défaite provoquée par la division.

Dans le même temps, elle complique l’équation. Une primaire commune ne pourrait fonctionner que si ses règles sont acceptées par tous. Or les candidats ne partagent ni le même bilan du macronisme, ni la même stratégie pour 2027.

Une proposition soutenue par plusieurs élus

L’idée ne vient pas seulement de David Lisnard. Mercredi, plus de 200 élus ont appelé à une « primaire ouverte » de la droite et du centre. Parmi eux figurent Hervé Morin, président de la région Normandie, et Franck Louvrier, maire Les Républicains de La Baule.

Ces élus défendent un objectif comparable : faire émerger un candidat unique avant le scrutin. Leur position répond à la multiplication des prétendants déclarés ou pressentis dans le bloc central et la droite.

La primaire offrirait également une procédure visible. Elle permettrait aux électeurs de participer directement au choix du candidat, au lieu de laisser les partis négocier seuls. Pour les formations politiques, elle pourrait aussi fournir une dynamique de campagne et une base militante élargie.

Mais cette méthode bénéficie surtout aux candidats qui ont besoin d’un mécanisme de départage. Un responsable déjà installé dans les sondages ou soutenu par une organisation puissante peut préférer conserver sa liberté. Il peut craindre qu’une primaire ne fragilise son avance ou ne l’oblige à modifier son programme.

Le précédent de 2016 pèse encore

La droite française connaît déjà les effets d’une primaire ouverte. En 2016, cette procédure avait désigné François Fillon comme candidat à l’élection présidentielle de 2017. Sa victoire avait créé une forte dynamique, mais la campagne avait ensuite été bouleversée par les affaires qui le concernaient.

En 2021, Les Républicains avaient de nouveau organisé un congrès interne pour choisir Valérie Pécresse. Candidate officielle de la droite, elle avait obtenu moins de 5 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2022.

Ces précédents nourrissent deux lectures opposées. Pour les partisans d’une primaire, la procédure permet de clarifier l’offre politique et de faire travailler les candidats sur un projet détaillé. Pour ses détracteurs, elle peut laisser des traces durables et transformer une compétition interne en conflit public.

Le risque est d’autant plus important que la primaire ne règle pas automatiquement les désaccords de fond. Elle doit trancher une question de personne, mais aussi des choix sur l’économie, l’immigration, les institutions, l’Europe et la place de l’État.

Philippe, Attal et Retailleau ne ferment pas la porte

Interrogés sur cette perspective, Bruno Retailleau et Gabriel Attal ont indiqué ne pas en avoir peur. Cette réponse ne signifie pas pour autant qu’un accord existe déjà sur le périmètre, le calendrier ou les règles du scrutin.

Le candidat des Républicains dispose d’un parti structuré. Gabriel Attal peut s’appuyer sur son implantation au sein de Renaissance. Édouard Philippe, lui, bénéficie de l’expérience acquise à Matignon et d’un mouvement politique organisé autour d’Horizons.

David Lisnard part d’une situation différente. Son mouvement est plus récent et son implantation nationale reste moins importante. Une primaire pourrait donc lui offrir une exposition accrue. Elle lui permettrait aussi de transformer une candidature minoritaire en candidature de rassemblement s’il l’emportait.

À l’inverse, ses adversaires peuvent considérer qu’il utilise la primaire pour imposer une ligne anti-macroniste. Dans cette lecture, la sélection ne serait pas seulement destinée à choisir le meilleur candidat. Elle servirait aussi à exclure une partie du centre politique.

Cette tension explique les hésitations actuelles. Les élus favorables à une primaire cherchent l’unité électorale. Les candidats doivent, eux, préserver leur identité et leur capacité à parler à leur propre électorat.

La prochaine bataille portera sur les règles

Les intentions de vote attribuées à David Lisnard restent modestes dans les hypothèses où il est testé, autour de 3 % à 3,5 % dans les chiffres cités lors de sa rentrée politique. Ces résultats ne constituent pas une prédiction. Ils mesurent un rapport de force à un moment donné.

Ils éclairent cependant sa stratégie. Pour un candidat encore peu haut dans les enquêtes, la primaire peut être un moyen de changer d’échelle. Pour les formations mieux installées, elle représente plutôt un risque de perdre le contrôle de la sélection.

Les prochaines semaines devront donc préciser plusieurs points : qui pourrait voter, quels candidats seraient admis, quel calendrier serait retenu et quelle règle s’appliquerait en cas de retrait ou de contestation du résultat.

Il faudra également surveiller la position définitive de chacun des candidats du bloc central et de la droite. Tant qu’ils ne s’accordent pas sur une procédure commune, la primaire restera une proposition politique. La question centrale demeure entière : les ambitions individuelles accepteront-elles de se soumettre à un verdict collectif ?

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