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ÉLECTIONS Le vote qui peut tout changer

Primaire de la droite et du centre : David Lisnard mise sur le vote citoyen pour éviter l’éparpillement en 2027

David Lisnard défend une primaire ouverte pour départager les candidats de la droite et du centre en vue de 2027. Gabriel Attal se dit prêt à y participer, tandis qu’Édouard Philippe reste opposé au dispositif.

Salle municipale française réunissant des citoyens autour de micros et dossiers, avec une chaise vide en retrait
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En bref

David Lisnard propose une primaire ouverte pour désigner un candidat commun de la droite et du centre à la présidentielle de 2027. Gabriel Attal se dit prêt à participer au scrutin, tandis qu’Édouard Philippe le refuse. Le débat porte autant sur la stratégie électorale que sur le bilan du macronisme et les règles du futur rassemblement.

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À huit mois de la présidentielle de 2027, les électeurs de droite et du centre pourraient-ils devoir choisir entre plusieurs candidats issus du même bloc ? David Lisnard veut éviter ce scénario. Il propose une primaire ouverte pour départager les prétendants, tout en refusant de se projeter dans un gouvernement dirigé avec Édouard Philippe ou Gabriel Attal.

Une primaire pour éviter la dispersion

Le maire de Cannes et candidat de Nouvelle Énergie a relancé cette idée vendredi 28 août. Son principe est simple : organiser une compétition commune entre les candidats de la droite et du centre, puis soutenir le vainqueur avant le premier tour.

David Lisnard défend une primaire à laquelle « vient qui veut ». Cette formule inclut les personnalités dont il critique pourtant les choix. Il vise notamment Édouard Philippe et Gabriel Attal, deux anciens Premiers ministres qui se disputent aujourd’hui le leadership du bloc central.

« Je n’irai pas gouverner avec des gens en qui je ne crois pas », a déclaré le maire de Cannes. Il a toutefois reconnu que ses rivaux pouvaient aussi « dire des choses intéressantes ».

Cette position repose sur un calcul électoral. Selon lui, la division du centre droit et de la droite risque de réduire les chances de qualification au second tour. Il estime donc que ceux qui refuseraient une primaire devraient assumer le risque de favoriser Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.

Dans une tribune consacrée à la primaire de la droite et du centre, publiée mardi 25 août, David Lisnard avait déjà présenté ce mécanisme comme un moyen de donner au candidat désigné une « autorité » et une « légitimité populaire ».

Qui pourrait participer ?

David Lisnard ne souhaite pas limiter la compétition aux seuls adhérents d’un parti. Il défend une primaire ouverte aux électeurs qui accepteraient une déclaration de principes, sur le modèle de la primaire organisée par la droite en 2016.

La gauche avait utilisé un dispositif comparable lors de sa primaire de 2012. Les participants devaient alors signer une charte affirmant leur adhésion aux valeurs défendues par les organisateurs.

Pour David Lisnard, le socle commun pourrait réunir plusieurs thèmes : « libérer la société », rétablir les comptes publics, restaurer l’ordre républicain et construire une politique de sécurité plus ferme.

Une telle primaire ne servirait pas seulement à comparer des programmes. Le maire de Cannes veut aussi confronter les parcours, les méthodes et les comportements des candidats. Autrement dit, les électeurs ne choisiraient pas uniquement une ligne politique. Ils évalueraient également une capacité à exercer le pouvoir.

Cette ouverture présente toutefois une difficulté pratique. Plus le périmètre est large, plus les règles deviennent sensibles. Il faudrait définir les conditions de participation, le financement du scrutin, le calendrier et l’autorité chargée de garantir le résultat.

Des candidats favorables, mais pas sur la même ligne

Gabriel Attal a déclaré jeudi 27 août ne pas avoir « peur » d’une primaire. Le président de Renaissance considère que le bloc central ne compte plus de favori incontestable. Il renvoie cependant la responsabilité du blocage à Édouard Philippe, qui s’oppose à ce mécanisme.

Le débat intervient alors que quatre candidatures structurent la droite et le centre : celles d’Édouard Philippe, de Gabriel Attal, de Bruno Retailleau et de David Lisnard. Cette configuration multiplie les risques de concurrence au premier tour.

Édouard Philippe défend une autre méthode. Le chef d’Horizons refuse, à ce stade, une primaire. Il pourrait privilégier une discussion entre formations et candidats afin de construire un rassemblement sans passer par un vote commun.

Bruno Retailleau adopte une position intermédiaire. Le président des Républicains affirme n’avoir « peur d’aucune compétition » et se dit prêt à participer à une éventuelle primaire. Mais il précise qu’il n’y croit pas « aujourd’hui ».

Cette nuance est importante. Les Républicains disposent d’une structure militante et d’un appareil partisan. Une primaire ouverte pourrait leur permettre d’élargir leur audience. Elle pourrait aussi réduire le poids du parti dans la désignation du candidat, surtout si les électeurs extérieurs aux adhérents se mobilisaient en nombre.

Un affrontement entre stratégies et héritages

Le désaccord ne porte pas seulement sur le mode de sélection. Il concerne aussi le bilan des années Macron et la définition du futur bloc de gouvernement.

David Lisnard veut se distinguer du macronisme. Il refuse également d’être associé à l’extrême droite. Son projet cherche donc à occuper un espace libéral, attaché à l’autorité de l’État et à la réduction des dépenses publiques.

Gabriel Attal et Édouard Philippe ont, eux, exercé des responsabilités centrales sous Emmanuel Macron. Ils peuvent s’appuyer sur cette expérience gouvernementale. En revanche, leurs adversaires peuvent exploiter leur proximité avec le pouvoir sortant pour les présenter comme les héritiers de son bilan.

Bruno Retailleau cherche de son côté à préserver une candidature clairement identifiée à la droite. Son avantage réside dans son ancrage partisan. Sa difficulté consiste à élargir son électorat au-delà du socle des Républicains.

Ces stratégies ne s’adressent pas exactement aux mêmes électeurs. Les candidats centristes espèrent attirer les électeurs modérés, les cadres et une partie des classes urbaines. David Lisnard vise davantage les électeurs libéraux et les responsables locaux. Bruno Retailleau veut consolider l’électorat conservateur et attaché à l’autorité.

Une primaire pourrait arbitrer ces différences. Elle pourrait aussi les rendre plus visibles. Une campagne interne longue et conflictuelle risquerait alors de laisser des traces avant le scrutin présidentiel.

Le précédent des primaires ne règle pas tout

Les primaires ont déjà permis de départager des candidats en France. Celle de la droite en 2016 avait désigné François Fillon face à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. À gauche, la primaire de 2011 avait choisi François Hollande, finalement élu président en 2012.

Ces expériences montrent l’intérêt du vote pour départager plusieurs prétendants. Elles révèlent aussi ses limites. Le candidat désigné doit ensuite rassembler des électeurs qui n’ont pas nécessairement participé à sa victoire. De plus, une campagne interne peut fragiliser durablement les équipes.

La question de la participation serait centrale. Une primaire ouverte permettrait de toucher un public plus large. Mais elle pourrait également être influencée par des électeurs venus soutenir le candidat le moins proche de leurs propres convictions, ou simplement empêcher la victoire d’un rival.

Pour les citoyens, l’enjeu serait donc double. Ils pourraient peser directement sur le choix du candidat. Mais ils devraient aussi comprendre les règles du scrutin et les engagements pris par les participants.

Les prochaines semaines seront décisives

La proposition de David Lisnard place ses concurrents face à un choix. Accepter une primaire signifie prendre le risque de perdre la sélection. La refuser signifie assumer une candidature séparée et le risque d’une dispersion des voix.

Le calendrier pourrait devenir le prochain point de tension. Édouard Philippe a évoqué une période comprise entre novembre 2026 et février 2027 pour clarifier les conditions d’un rassemblement. D’ici là, chaque candidat cherchera à renforcer son rapport de force.

Les prochaines semaines permettront surtout de voir si l’idée reçoit le soutien d’élus, de partis et de réseaux locaux. Il faudra également surveiller la position de Bruno Retailleau et la réponse d’Édouard Philippe. Sans accord sur les règles, la primaire restera une proposition politique. Avec un accord, elle pourrait devenir le principal mécanisme de désignation du candidat de la droite et du centre.

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