Primaire de la gauche en 2027 : le pari de Guedj pour sortir du duel RN-LFI
Candidat socialiste à la présidentielle, Jérôme Guedj défend une gauche républicaine, laïque et sociale. Il veut fédérer ses responsables autour d’une candidature commune face au RN et à LFI.

Jérôme Guedj veut rassembler les forces d’une gauche républicaine, sociale et laïque en vue de l’élection présidentielle de 2027. Le député socialiste se positionne face au Rassemblement national et à La France insoumise, tout en défendant une candidature collective et une ligne politique autonome.
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À moins de huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, la gauche française cherche encore la formule capable d’éviter une nouvelle dispersion. Jérôme Guedj veut peser dans cette bataille en défendant une ligne républicaine, sociale et laïque, distincte à la fois du Rassemblement national et de La France insoumise.
Une présidentielle déjà dans toutes les têtes
Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 18 avril 2027. Le second tour doit avoir lieu le 2 mai, selon le calendrier électoral présenté par le gouvernement. Ces échéances restent lointaines, mais les candidatures et les stratégies se mettent déjà en place.
À gauche, la question centrale est celle de l’unité. Plusieurs responsables souhaitent organiser une primaire ou un processus de départage afin de désigner une candidature commune. Une primaire est un vote organisé pour choisir le candidat d’une famille politique ou d’une coalition.
Le Parti socialiste doit notamment composer avec des lignes différentes. Certains responsables défendent une alliance large de la gauche. D’autres veulent construire une offre sociale-démocrate plus autonome, éloignée de la stratégie de La France insoumise.
Jérôme Guedj s’inscrit clairement dans cette seconde approche. Le député socialiste de l’Essonne s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2027. Il entend défendre une gauche qu’il décrit comme « républicaine, universaliste, laïque ».
Guedj veut une candidature collective
Invité jeudi 27 août 2026, le député a appelé à la constitution d’une « dream team » de cette gauche républicaine. Son objectif est de réunir plusieurs personnalités autour d’une candidature capable de concurrencer le Rassemblement national et La France insoumise.
« Il y a une alternative à ce duel annoncé, presque implacable, entre le Rassemblement national et la France insoumise, il y a une gauche républicaine. C’est celle que je veux incarner », a-t-il déclaré.
Jérôme Guedj ne présente donc pas sa candidature comme une aventure personnelle. Il affirme vouloir participer à un processus collectif. « J’avais toujours dit depuis le début qu’il fallait jouer collectif », a-t-il expliqué.
Cette position intervient alors que la primaire sociale-démocrate annoncée pour l’automne 2026 prend forme. Le débat rassemble déjà plusieurs profils issus du Parti socialiste et de la gauche modérée. Raphaël Glucksmann a également annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, ajoutant une nouvelle option à un paysage déjà fragmenté.
Le député socialiste appelle les électeurs attachés à cette orientation à participer massivement au processus de sélection. Il souhaite ainsi éviter que la désignation du candidat soit limitée aux seuls militants des partis concernés.
Une ligne entre le macronisme et la gauche radicale
Le positionnement de Jérôme Guedj repose sur un double refus. D’un côté, il estime que le macronisme arrive à la fin d’un cycle. De l’autre, il rejette l’idée que La France insoumise puisse imposer sa ligne à l’ensemble de la gauche.
Le député veut donc occuper un espace politique intermédiaire. Il cherche à parler aux électeurs attachés aux services publics, à la protection sociale et à la redistribution, mais qui ne se reconnaissent pas dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon.
Cette ligne peut bénéficier aux responsables socialistes qui souhaitent retrouver une identité politique propre. Elle peut aussi répondre aux attentes d’électeurs de gauche qui refusent de choisir entre un vote de rupture radicale et une continuité gouvernementale associée au macronisme.
Mais cette stratégie comporte une difficulté majeure. Plus les candidatures se multiplient, plus le risque d’éparpillement augmente. Une offre politique autonome peut clarifier le choix des électeurs. Elle peut aussi réduire les chances d’accéder au second tour si plusieurs candidats défendent des programmes proches.
La question ne concerne donc pas seulement le positionnement idéologique. Elle porte aussi sur la capacité à construire une organisation, à financer une campagne et à obtenir les 500 parrainages d’élus nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle.
RN et LFI, deux adversaires placés sur le même plan
Dans son livre La République, c’est nous. Pour en finir avec l’indignité, Jérôme Guedj attaque frontalement La France insoumise. Il considère le parti comme un adversaire politique, au même titre que le Rassemblement national.
Il parle des deux formations comme des « agents actifs du désarroi national ». Cette formule traduit une volonté de les renvoyer dos à dos, même si leurs histoires, leurs programmes et leurs électorats sont différents.
Sur la question identitaire, le député décrit un mécanisme commun. Selon lui, le RN et LFI segmenteraient la population en mettant l’accent sur les appartenances et les oppositions entre groupes.
« On est pris dans une sorte de Janus identitaire », a-t-il estimé. D’un côté, il vise le discours du RN sur le « grand remplacement ». De l’autre, il critique une vision de la France qui renverrait chaque citoyen à ses identités.
Cette critique constitue le cœur de sa stratégie. Jérôme Guedj veut défendre une conception universaliste de la République. Dans cette approche, les citoyens sont d’abord considérés comme égaux devant les institutions, indépendamment de leurs origines, de leur religion ou de leur territoire.
Une stratégie qui divise aussi la gauche
Le choix de placer le RN et LFI sur un même niveau suscite cependant une difficulté politique. Pour une partie de la gauche, l’extrême droite demeure l’adversaire prioritaire. Cette partie considère que les désaccords avec La France insoumise ne doivent pas conduire à relativiser la menace du RN.
À l’inverse, les socialistes et les responsables de gauche qui défendent une ligne républicaine estiment que les divergences avec LFI sont devenues trop importantes pour être ignorées. Elles portent notamment sur la laïcité, la stratégie électorale, le rapport aux institutions et la manière de traiter les conflits internationaux.
Le débat oppose donc deux priorités. La première consiste à rassembler le plus largement possible pour éviter la défaite. La seconde vise à reconstruire une identité politique cohérente, même au prix d’une alliance plus réduite.
Les conséquences sont différentes selon les acteurs. Pour les partis, l’enjeu est de préserver leur influence dans la future coalition. Pour les candidats, il s’agit d’obtenir une visibilité suffisante avant la sélection. Pour les électeurs, la multiplication des procédures risque surtout de rendre l’offre politique plus difficile à lire.
Le calendrier accentue cette tension. Le Parti socialiste tient sa rentrée politique du 27 au 29 août 2026. Dans les prochaines semaines, les discussions devraient porter sur les règles de la primaire, les candidatures admises et le périmètre exact de la coalition.
Les prochaines étapes à surveiller
La première échéance sera la clarification du processus de désignation. Il faudra savoir qui pourra voter, quelles formations participeront au scrutin et si les candidats devront soutenir une plateforme commune.
La candidature de Raphaël Glucksmann, annoncée le 23 août 2026, pourrait également modifier les rapports de force. Jérôme Guedj devra démontrer que sa « gauche républicaine » peut rassembler au-delà du seul Parti socialiste.
Enfin, les débats programmatiques seront décisifs. Les électeurs attendent des réponses concrètes sur le pouvoir d’achat, les retraites, les services publics, la sécurité et la transition écologique. Une alliance électorale ne suffira pas si elle ne s’appuie pas sur un projet lisible.
Dans les prochaines semaines, le point essentiel sera donc moins le nombre de déclarations de candidature que la capacité de ces responsables à s’accorder sur une méthode et une ligne commune.



