Des députés britanniques ont pressé, mardi 24 février, le gouvernement de rendre publics les dossiers entourant la nomination d’Andrew Mountbatten-Windsor comme envoyé spécial au commerce, après les arrestations récentes du prince et de l’ancien ambassadeur Peter Mandelson liées à l’affaire Jeffrey Epstein.
Une demande parlementaire formelle
Le Parti libéral-démocrate a déposé une motion au Parlement pour contraindre l’exécutif à publier « tous les documents relatifs à la vérification des antécédents (…) et la correspondance ministérielle [de l’époque] », a déclaré le chef de file Ed Davey sur la BBC.
Les conservateurs ont présenté une démarche similaire concernant Peter Mandelson. Les députés évoquent la nécessité de transparence, alors que des révélations récentes relient ces deux personnalités à Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour crimes sexuels.
Réponse du gouvernement et limite aux publications
Interrogée mardi matin sur Sky News, la ministre de l’éducation Bridget Phillipson a indiqué que le gouvernement « précisera sa position sur cette motion devant le Parlement » dans la journée. Elle a néanmoins rappelé qu’il n’était pas possible « de publier des documents qui pourraient compromettre une enquête ».
Sur Peter Mandelson, la ministre a confirmé l’intention de rendre publics, début mars, les documents relatifs à sa nomination à Washington. Elle a toutefois ajouté qu’un filtrage préalable resterait nécessaire si ces pièces risquaient d’affecter une enquête en cours.
Arrestations et origines des révélations
A quatre jours d’intervalle, Andrew Mountbatten-Windsor et Peter Mandelson ont été arrêtés et placés en garde à vue par la police, soupçonnés d’avoir transmis à Jeffrey Epstein des informations économiques sensibles. Ces gardes à vue interviennent après la publication, fin janvier, d’une nouvelle salve de documents liés aux dossiers Epstein par le département de la justice des États-Unis.
Peter Mandelson a été libéré sous caution dans la nuit de lundi à mardi, après plusieurs heures d’interrogatoire dans un commissariat londonien. La garde à vue visait d’éventuels manquements à ses devoirs pendant qu’il occupait des fonctions ministérielles, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010.
Impact politique et réactions
Face à ces révélations, Ed Davey a estimé qu’il « est temps de mettre fin à l’ère de l’impunité, d’abroger les règles qui étouffent l’examen ou le débat, et de garantir que toute personne exerçant une fonction publique – si puissante soit-elle – puisse être véritablement tenue responsable de ses actes », dans un communiqué cité par le texte d’origine.
Les arrestations ont ravivé les interrogations sur les liens entre certaines figures politiques et Jeffrey Epstein. Le journal The Telegraph a rappelé des propos de 2001 de Peter Mandelson devant le Parlement, où il jugeait l’ancien duc d’York « tout à fait qualifié » pour le rôle d’envoyé spécial.
Andrew Lownie, biographe du prince et ancien journaliste à la BBC, a déclaré à l’Agence France-Presse que Peter Mandelson et Tony Blair, alors premier ministre en 2001, avaient « imposé la nomination » d’Andrew Mountbatten-Windsor comme envoyé spécial.
Le premier ministre Keir Starmer a été mis sous pression après la parution de ces informations. Le texte indique qu’il avait rappelé Peter Mandelson des États-Unis en septembre 2025 à la suite de nouveaux éléments le liant à Jeffrey Epstein, puis présenté des excuses, notamment aux victimes. Son chef de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné à la suite de ces événements, selon le même récit.
Documents attendus et procédure de filtrage
Selon la BBC, le gouvernement doit publier plus de 100 000 documents concernant Peter Mandelson dans les prochains jours. Ces fichiers comprendraient notamment des échanges électroniques entre l’ex-ambassadeur et des membres de l’exécutif.
Une commission parlementaire est chargée d’examiner ces pièces avant diffusion. Elle dispose du pouvoir de retirer ou de masquer les éléments jugés susceptibles d’affecter la sécurité nationale ou d’entraver une enquête en cours.
Les débats parlementaires à venir mettront en lumière le périmètre des publications et la conciliation entre transparence envers le public et protection des enquêtes en cours. Les députés insistent sur la nécessité d’un examen complet des dossiers liés aux nominations et aux relations politiques avec Jeffrey Epstein.





