Trêve au Liban : Hezbollah respecte le cessez-le-feu, mais les négociations avec Israël restent contestées

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Au sud du Liban, le cessez-le-feu réduit l’intensité des combats, tout en laissant des escarmouches. Le Hezbollah dit respecter la trêve, conditionnée à un arrêt global, alors que des négociations directes Liban-Israël se préparent.

Une trêve fragile, mais pas la paix

Dans le sud du Liban, la question est simple : qui contrôle vraiment le terrain quand les armes se taisent à moitié ? Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu annoncé fin novembre 2024, les combats ont baissé d’intensité, mais la frontière reste sous tension, avec des tirs ponctuels, des frappes israéliennes et des zones encore occupées par l’armée israélienne près de la ligne de front.

Ce calme relatif ne règle rien de fond. Il ouvre seulement une période de bras de fer politique. D’un côté, Beyrouth veut faire reculer la violence et reprendre la main sur le sud. De l’autre, Israël veut empêcher tout retour en force du Hezbollah, tandis que le mouvement chiite cherche à préserver ses capacités militaires sans apparaître comme le responsable d’une nouvelle guerre.

Ce que disent les faits

Un nouveau round de négociations directes entre le Liban et Israël doit se tenir jeudi. C’est un signal fort, car les deux pays n’ont presque plus de contact diplomatique direct depuis des décennies. Washington pousse ce format, présenté comme une suite du mécanisme de cessez-le-feu mis en place fin 2024.

Le Hezbollah rejette ces pourparlers. Le mouvement affirme toutefois respecter la trêve, à une condition : qu’il s’agisse d’un arrêt global des hostilités, et qu’Israël ne profite pas du répit pour mener des opérations ciblées. Ibrahim Moussaoui, député du mouvement, l’a dit à l’AFP. Dans les faits, le Hezbollah a cessé ses tirs de missiles, roquettes et drones vers Israël, même si des accrochages limités persistent au sud du pays.

Israël, lui, ne s’est pas retiré partout. L’armée israélienne maintient des positions dans une bande de cinq à dix kilomètres le long de la frontière, selon le tableau dressé par la presse sur place. L’ONU rappelle, de son côté, que l’accord de cessation des hostilités du 26 novembre 2024 et la résolution 1701 exigent justement le retrait des forces armées non étatiques et le renforcement de l’autorité de l’État libanais au sud du Litani.

Pourquoi ce répit change la donne

Pour le Hezbollah, une trêve même incomplète a un double effet. Elle réduit la pression militaire immédiate, mais elle lui laisse aussi du temps. Du temps pour souffler, réorganiser ses réseaux, réparer des capacités endommagées et tester ses marges politiques. C’est précisément ce que redoutent Israël et ses alliés : qu’un cessez-le-feu gelé devienne une phase de reconstitution.

Pour l’État libanais, l’enjeu est inverse. Si le sud reste un espace d’exception, avec une présence israélienne résiduelle, des milices armées et une reconstruction lente, alors l’autorité publique reste théorique. Le gouvernement doit donc montrer qu’il peut sécuriser la zone, protéger les civils et éviter que le conflit ne reparte. C’est un test politique autant qu’un défi militaire, alors que l’armée libanaise agit avec des moyens limités et sous forte contrainte économique.

Les premiers touchés sont les habitants du sud. Quand les combats ralentissent, certains commencent à revenir. Mais ils reviennent souvent dans des villages endommagés, avec des routes coupées, des services abîmés et une sécurité encore incertaine. Le répit profite donc surtout aux civils qui veulent rentrer. En revanche, il laisse aussi planer une menace sur ceux qui vivent près de la frontière, car la moindre frappe peut faire basculer la situation.

Des intérêts opposés, mais un même risque

Le gouvernement libanais défend la reprise des discussions, car il y voit une chance de limiter l’escalade et de consolider la souveraineté de l’État. Le Hezbollah, lui, refuse de se laisser enfermer dans un cadre diplomatique qui le marginalise. Il veut garder son rôle d’acteur armé et politique central. Israël, de son côté, cherche à obtenir des garanties de sécurité et à empêcher toute remontée en puissance du mouvement chiite. Chacun cherche donc à gagner du temps, mais pas pour les mêmes raisons.

Cette tension explique aussi les critiques. Le Hezbollah estime que négocier sous pression revient à légitimer la ligne israélienne. Ses opposants, eux, lui reprochent d’avoir entraîné le Liban dans une guerre dont le pays paie encore le prix, puis de vouloir conserver ses armes alors que l’État devrait seul détenir le monopole de la force. L’ONU rappelle, elle, que le cœur du problème reste inchangé : sans application complète de la résolution 1701, la frontière reste un foyer de crise.

Ce qu’il faut surveiller maintenant

La suite se jouera sur trois lignes : le contenu exact des négociations de jeudi, la présence ou non d’un retrait israélien supplémentaire au sud, et la capacité de l’État libanais à imposer ses règles sur le terrain. Si aucun progrès concret n’apparaît, le cessez-le-feu risque de rester une parenthèse. Et dans ce dossier, une parenthèse mal fermée peut très vite redevenir une guerre ouverte.

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