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CONFLITS & CRISES Mémoire et ligne de crête

Trois ans après le 7-Octobre, la guerre Israël Gaza redessine les choix de la diplomatie française

La France commémore les victimes du 7-Octobre en Israël, tandis que Gaza reste plongée dans une crise humanitaire majeure. La visite de Jean-Noël Barrot illustre les tensions de la diplomatie française.

Le site commémoratif du festival Tribe of Nova, avec des objets déposés au sol et un paysage désertique en arrière-plan.
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En bref

Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023, Israël honore les victimes tandis que la France réaffirme sa solidarité par la visite de Jean-Noël Barrot. Dans le même temps, Gaza reste confrontée aux déplacements, aux destructions et à un accès très limité à l’eau, aux soins et à l’aide humanitaire.

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Comment commémorer une attaque quand ses conséquences restent visibles chaque jour ? Trois ans après le 7 octobre 2023, Israël rend hommage aux victimes dans les lieux frappés par l’assaut du Hamas. La France y est représentée par son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Une journée de mémoire dans les lieux du massacre

Les cérémonies se tiennent le mercredi 7 octobre 2026, date anniversaire de l’attaque lancée contre Israël en 2023. Le calendrier officiel israélien a toutefois conduit à organiser certaines commémorations dès le lundi précédent, selon le calendrier hébraïque.

Jean-Noël Barrot doit se rendre à Tel-Aviv, puis dans plusieurs localités durement touchées : les kibboutz de Beeri et de Nir Oz, ainsi que le site du festival Tribe of Nova, près de Réim.

Plus de 300 personnes avaient été tuées sur le site de cette manifestation musicale. L’endroit est devenu l’un des symboles de l’attaque, au même titre que les villages proches de la frontière avec la bande de Gaza.

Le ministre français doit également rencontrer des familles de victimes. Sa visite vise à exprimer la solidarité de la France avec les proches des personnes tuées, disparues ou prises en otage.

Dans un message publié sur le réseau social X, Jean-Noël Barrot a déclaré que 51 ressortissants français avaient perdu la vie lors de l’attaque. Il a ajouté : « Nous ne les oublierons jamais. Rien n’effacera ni leurs visages, ni leurs noms. »

Le 7 octobre 2023, un choc toujours central

Le 7 octobre 2023, des combattants du Hamas et d’autres groupes armés ont franchi la frontière entre Gaza et Israël. Ils ont attaqué des localités civiles, des bases militaires et le festival Tribe of Nova.

Selon le décompte repris par l’Agence France-Presse dans la matière fournie, 1 221 personnes ont été tuées. Parmi elles figuraient des civils, des militaires et des membres des forces de sécurité.

251 personnes avaient aussi été enlevées puis emmenées dans la bande de Gaza. Le sort des otages a immédiatement constitué l’un des principaux enjeux de la guerre déclenchée après l’attaque.

La France avait déjà organisé un hommage national aux victimes françaises le 7 février 2024. Jean-Noël Barrot s’était également rendu en Israël le 7 octobre 2024, pour le premier anniversaire de l’attaque.

Le gouvernement français qualifie le 7 octobre de massacre antisémite. Cette qualification s’inscrit dans la condamnation constante de l’attaque par Paris, tout en s’accompagnant d’appels répétés à la protection des civils palestiniens et à une solution politique au conflit.

La position officielle de la France sur le 7 octobre et la solution à deux États rappelle cette double exigence : garantir la sécurité d’Israël et répondre aux droits et aux aspirations du peuple palestinien.

Une guerre qui a profondément élargi le bilan humain

Après l’attaque, Israël a lancé une vaste opération militaire dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont présenté cette offensive comme une réponse destinée à détruire les capacités militaires du Hamas et à ramener les otages.

À Gaza, le ministère de la Santé, placé sous l’autorité des autorités de fait dirigées par le Hamas, faisait état de plus de 74 200 morts dans le décompte cité par la matière fournie. L’ONU considère ces chiffres comme suffisamment crédibles pour être utilisés dans ses rapports, tout en rappelant leur origine.

Ces données ne permettent pas toujours de distinguer immédiatement les civils et les combattants. Elles donnent cependant la mesure de la catastrophe humaine provoquée par trois années de guerre, de bombardements, de déplacements et de destructions.

Les habitants de Gaza subissent aussi une crise qui dépasse le seul bilan des morts. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, la majorité de la population reste déplacée. L’accès à l’eau, aux soins, à l’alimentation et à des abris sûrs demeure très limité.

Dans un rapport publié en août 2026, l’ONU indiquait que 90 % de la population étudiée faisait face à une insécurité de l’eau modérée ou élevée. Les besoins sont particulièrement lourds pour les enfants, les personnes âgées, les blessés et les personnes handicapées.

Les infrastructures sanitaires restent également fragiles. Un rapport humanitaire de juillet 2026 indiquait que seuls 44 % des points de services de santé recensés avant octobre 2023 fonctionnaient encore. Cette situation complique les soins d’urgence, mais aussi le traitement des maladies chroniques et la rééducation.

Ces éléments rappellent une réalité souvent masquée par les cérémonies : la mémoire israélienne du 7 octobre et la souffrance palestinienne à Gaza coexistent dans le même conflit. Les reconnaître ne revient pas à les confondre. Cela permet de comprendre l’ampleur de la crise.

Une visite française entre mémoire et diplomatie

La présence de Jean-Noël Barrot répond d’abord à un devoir de mémoire. Elle porte aussi un message diplomatique. La France cherche à maintenir un dialogue avec Israël tout en défendant un cessez-le-feu durable, la libération des otages et l’accès humanitaire à Gaza.

Cette ligne expose Paris à des critiques opposées. Du côté israélien, certains responsables attendent de la France une condamnation plus ferme du Hamas et une reconnaissance prioritaire de la menace qui pèse sur Israël.

Du côté palestinien et d’une partie des organisations humanitaires, la question porte plutôt sur la responsabilité de la riposte israélienne, l’ampleur des destructions et les restrictions imposées à l’aide. Le débat concerne aussi les conditions d’un retour des déplacés et la reconstruction de Gaza.

Pour les familles israéliennes, la priorité reste la reconnaissance des victimes et la recherche de réponses sur les défaillances ayant permis l’attaque. Pour les familles palestiniennes, l’urgence est souvent plus immédiate : retrouver un proche, obtenir des soins, accéder à de l’eau ou préserver un logement.

Les conséquences économiques sont elles aussi inégales. Israël doit financer la reconstruction des communautés proches de Gaza, le retour des habitants évacués et la prise en charge des blessés. À Gaza, la destruction des logements, des réseaux d’eau, des écoles et des hôpitaux menace durablement les revenus et l’autonomie des familles.

Ce qu’il faudra surveiller après les cérémonies

La visite française intervient alors que la mémoire du 7 octobre reste liée à plusieurs dossiers non réglés : le sort des otages, l’accès humanitaire, la reconstruction de Gaza et l’avenir politique du territoire.

Il faudra aussi suivre la position de la France dans les discussions européennes et internationales. Paris affirme que seule une solution à deux États peut offrir une perspective durable. Mais cette orientation suppose des garanties de sécurité pour Israël, une représentation palestinienne crédible et un accord sur la gouvernance de Gaza.

Les prochaines semaines permettront surtout de mesurer si les commémorations restent un moment de recueillement ou si elles s’accompagnent d’avancées concrètes sur les otages, l’aide humanitaire et la sortie de guerre. Trois ans après l’attaque, ces échéances continuent de structurer la diplomatie française au Proche-Orient.

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