Deux jours après le second tour des élections municipales, la ministre de la Culture et mairesse du 7e arrondissement, Rachida Dati, a livré une première analyse publique de sa défaite face au candidat de la gauche unie, Emmanuel Grégoire. Le second tour, tenu dimanche 22 mars 2026, a consacré la victoire de Grégoire qui recueille un peu plus de 50 % des suffrages, contre environ 41 % pour Rachida Dati. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
Les chiffres et le contexte du scrutin
Selon les derniers comptes publiés au soir du 22 mars, Emmanuel Grégoire obtient 50,52 % des voix et Rachida Dati 41,52 % sur l’ensemble de la capitale. Le scrutin a mobilisé un peu moins de deux Parisiens sur trois : l’abstention est évaluée à 38,5 %, ce qui porte la participation à environ 61,5 %. Ces proportions structurent l’argumentaire avancé par Rachida Dati pour relativiser l’écart : elle rappelle que 49,5 % des votants n’ont pas choisi la reconduction de la majorité sortante et que, dans son calcul, la reconduction effective de la politique actuelle n’aurait été validée que par « 30 % des électeurs parisiens ». ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
La carte électorale et la réforme du mode de scrutin adoptée en 2025 ont aussi remodelé les équilibres locaux. Les résultats montrent en tout cas une victoire nette pour la « gauche unie » dans la capitale, alors que la droite et le centre espéraient rassembler leurs forces. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
Les responsables pointés du doigt par Rachida Dati
Devant la presse et lors d’entretiens, Rachida Dati a cherché à expliquer sa défaite par « la sociologie parisienne » — une formule employée pour évoquer la prégnance de l’électorat de gauche dans plusieurs arrondissements — et surtout par « une division mortifère des forces du centre et de la droite ». Elle a directement incriminé le rôle de Pierre‑Yves Bournazel et de responsables du camp macroniste. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
Le dossier le plus saillant est la rupture autour de la fusion des listes avant le second tour. Pierre‑Yves Bournazel, qui avait fait un score significatif au premier tour et figurait comme un acteur central des négociations, a annoncé son retrait personnel sans donner son adhésion explicite à l’alliance, ce qui, selon Dati, a « entraîné une dispersion des voix et une confusion dans l’esprit des électeurs ». Le Monde note que le retrait apparent de Bournazel a fissuré la coalition et compliqué la mécanique censée permettre au bloc de droite et du centre de l’emporter. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
Par ailleurs, Rachida Dati a accusé le chef du gouvernement, Gabriel Attal, d’avoir « acté la division » en refusant de la soutenir au premier tour et d’avoir, selon elle, « n’avoir jamais souhaité construire une victoire à Paris ». Des sorties publiques antérieures de la ministre contenaient déjà des attaques virulentes à l’encontre de responsables macronistes, notamment sur RTL, où elle a jugé la position de certains acteurs comme une forme de trahison politique. ([jeanmarcmorandini.com](https://www.jeanmarcmorandini.com/article-623374-la-nouvelle-declaration-cash-de-rachida-dati-sur-rtl-a-propos-des-municipales-a-paris-la-trahison-de-gabriel-attal-je-m-en-fous-on-me-donne-pour-morte-depuis-des-annees-video.html))
La riposte de la candidate et la question judiciaire
Si elle reconnaît « une part de responsabilité », Rachida Dati a surtout insisté sur ce qu’elle estime être des attaques médiatiques et politiques disproportionnées à son encontre pendant la campagne. Elle a dénoncé des « basses manœuvres », allant jusqu’à parler de « trahison et de rupture d’engagement » à propos du retrait de certains soutiens. Ces formules traduisent la volonté de la candidate de rétablir un récit dans lequel elle serait victime d’un refus d’union plutôt que seule responsable d’un échec électoral large. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
Rachida Dati a aussi rappelé la prochaine échéance judiciaire qui la concerne : elle devra comparaître en septembre pour répondre d’accusations liées à une affaire renvoyant à des faits présumés de corruption et de trafic d’influence dans un dossier lié à Renault‑Nissan. Le sujet a été évoqué par plusieurs titres au moment de la proclamation des résultats, et a alimenté les invectives de l’opposition et d’une partie de l’opinion publique pendant la campagne. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))
Au-delà des mots de la soiréee de concession, les conséquences politiques sont immédiates : la droite et le centre à Paris devront tirer les leçons de cet échec et interroger leur capacité à recomposer une offre électorale unie, tandis que la nouvelle majorité disposera d’un mandat renforcé pour diriger la capitale après la période Hidalgo. Les commentaires stratégiques et les comptes d’apothicaire sur les transferts de voix se poursuivront dans les jours qui viennent. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/en/politics/article/2026/03/23/paris-municipal-elections-emmanuel-gregoire-and-the-united-left-achieve-a-resounding-victory_6751716_5.html))





