Canicules et incendies : pourquoi Marine Tondelier veut imposer des décisions avant la prochaine crise climatique
Après un été marqué par des canicules meurtrières et des incendies majeurs, Marine Tondelier réclame une réunion politique urgente. Elle veut accélérer la prévention, protéger les travailleurs et adapter les logements aux fortes chaleurs.

L’été 2026 a cumulé plusieurs vagues de chaleur, une forte surmortalité et des incendies exceptionnels, notamment en Gironde. Marine Tondelier demande une réunion politique pour renforcer la prévention, adapter les logements, mieux protéger les travailleurs et préparer les services publics à des épisodes climatiques plus fréquents.
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Quand les températures redescendent, le risque disparaît-il vraiment ? Pour Marine Tondelier, la réponse est non. La secrétaire nationale des Écologistes demande une réunion rapide des forces politiques pour tirer les conséquences des incendies et des canicules de l’été 2026.
Un été hors norme sur le front de la chaleur et du feu
La France a déjà connu plusieurs épisodes de chaleur exceptionnels cette année. Du 17 au 30 juin 2026, une vague de chaleur de quatorze jours a touché le pays. Elle a été suivie par un second épisode, du 4 au 19 juillet.
Au plus fort de cette deuxième séquence, le 12 juillet, 37 départements ont été placés en vigilance rouge canicule et 46 en vigilance orange. La vigilance rouge correspond au niveau maximal : elle signale une chaleur dangereuse pour la santé et appelle des mesures de protection renforcées.
Les données de Météo-France sur la vague de chaleur de juillet 2026 montrent aussi la durée du phénomène. Les températures sont restées très élevées pendant seize jours, avec des nuits parfois difficiles à supporter.
Le mois de juillet a ensuite été marqué par une nouvelle période caniculaire à partir du 28 juillet. Selon Météo-France, juillet 2026 est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900. Sa température moyenne a atteint 24,9 °C, soit 3,8 °C de plus que la normale.
La sécheresse a aggravé le danger d’incendie. Le 12 juillet, 70 départements étaient exposés à un risque élevé de feux de forêt. Plusieurs départements méditerranéens ont même atteint le niveau très élevé.
En Gironde, l’incendie parti de Saumos le 22 juillet a brûlé environ 42 000 hectares, selon les premières estimations de Météo-France. Plus de 220 000 personnes ont été évacuées. Une telle surface n’avait plus été observée en France hexagonale et en Corse depuis les incendies de 1949 dans les Landes et en Gironde.
Marine Tondelier veut éviter le retour à la normale
« C’est important de se réunir pour se parler tout de suite et prendre les décisions », a demandé Marine Tondelier mercredi. Elle avait déjà appelé, à la fin du mois de juillet, Emmanuel Macron à réunir les différentes forces politiques.
Son objectif est d’inscrire la chaleur et les incendies dans la durée du débat public. Elle redoute que la rentrée politique fasse passer ces sujets au second plan. « Il fera un peu moins chaud et tout le monde aura envie de penser à autre chose », a-t-elle averti.
La dirigeante écologiste estime que le gouvernement aurait dû agir plus tôt. Elle lui reproche notamment d’avoir réduit certains budgets consacrés à l’écologie et à la rénovation des logements. Elle conteste également la gestion des commandes d’avions bombardiers d’eau, dont les Canadair.
Ces critiques répondent à une inquiétude concrète. Les incendies mobilisent des moyens aériens, des pompiers, des collectivités et des services de l’État. Les communes touchées doivent aussi organiser les évacuations, l’hébergement et le retour des habitants.
La facture ne se limite donc pas aux opérations d’urgence. Elle concerne les logements endommagés, les entreprises interrompues, les réseaux électriques et routiers, ainsi que les exploitations agricoles. Les territoires ruraux et forestiers sont les premiers exposés, mais les grandes agglomérations subissent aussi les effets sanitaires de la chaleur.
Une urgence sanitaire qui dépasse les seuls jours d’alerte
La chaleur ne tue pas uniquement pendant les journées les plus chaudes. Elle fatigue l’organisme, perturbe le sommeil et aggrave certaines maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Les personnes âgées, les nourrissons, les personnes isolées et les travailleurs exposés sont particulièrement vulnérables.
Pour la période du 17 juin au 2 juillet 2026, Santé publique France a estimé 5 764 décès en excès, toutes causes confondues, dans les zones concernées par les records de température. Cela signifie que le nombre de décès a dépassé celui attendu sur une période comparable.
Cette donnée ne permet pas d’attribuer chaque décès à la chaleur. Elle mesure cependant l’impact global de l’épisode sur la mortalité. L’agence sanitaire précise que cet excès représente une hausse de 36 % dans les périodes et départements étudiés.
La période évoquée par Marine Tondelier est plus large. Elle rappelle que les étés 2017 à 2025 ont été associés à près de 11 700 décès en excès liés aux épisodes de chaleur, selon le bilan qu’elle cite. Pour elle, ce chiffre montre que le problème est devenu récurrent, et non exceptionnel.
Le bilan de Santé publique France sur la surmortalité de juin 2026 rappelle toutefois une limite importante : les chiffres provisoires évoluent avec la consolidation des données d’état civil.
Le débat porte aussi sur le travail et le logement
Les Écologistes défendent par ailleurs un « congé climatique ». Le dispositif viserait les salariés qui ne peuvent plus travailler dans des conditions sûres lors d’un événement climatique majeur. Il pourrait concerner les fortes chaleurs, les incendies ou les inondations.
La proposition s’inspire d’une mesure mise en place en Espagne. Elle prévoit, dans certaines situations liées aux phénomènes météorologiques dangereux, une protection temporaire pour les travailleurs empêchés de se rendre sur leur lieu de travail.
Le débat oppose plusieurs intérêts. Les salariés exposés cherchent une protection claire, sans devoir choisir entre leur santé et leur rémunération. Les employeurs redoutent, eux, des règles difficiles à appliquer et des coûts supplémentaires, notamment dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture, de la logistique et de la livraison.
Le gouvernement ne ferme pas la porte à une adaptation du travail, mais il privilégie une approche plus large. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a écarté l’idée d’un congé climatique immédiat et a évoqué des solutions structurelles à travailler à partir de l’automne.
Cette position peut favoriser les entreprises qui ont les moyens d’adapter rapidement leurs locaux, leurs horaires ou le télétravail. À l’inverse, les petites structures et les métiers sans possibilité de travail à distance disposent de marges de manœuvre plus limitées.
La rénovation des logements constitue un autre point sensible. Un logement mal isolé protège peu contre la chaleur. Les ménages modestes sont souvent les plus exposés, car ils vivent davantage dans des logements anciens et disposent de moins de moyens pour financer des travaux ou installer des équipements adaptés.
Des annonces d’urgence aux décisions durables
Le gouvernement affirme de son côté avoir renforcé la mobilisation de l’État face à la canicule, à la sécheresse et aux incendies. Les services territoriaux ont été chargés d’intensifier la prévention des feux et d’appliquer rapidement les mesures réglementaires nécessaires.
La communication du ministère de la Transition écologique sur la mobilisation de l’État met l’accent sur la prévention, la surveillance et la coordination des services publics.
Le désaccord porte donc moins sur le constat que sur le rythme et l’ampleur de la réponse. Les Écologistes réclament des décisions politiques immédiates. Le gouvernement insiste sur la préparation de mesures durables. Les collectivités, elles, doivent gérer dès maintenant les conséquences sur le terrain.
La réunion demandée par Marine Tondelier pourrait servir à clarifier les priorités : moyens aériens contre les feux, prévention dans les zones forestières, rénovation des logements, protection des travailleurs et organisation des services de santé.
Ce qu’il faudra surveiller à la rentrée
Le premier rendez-vous sera celui des arbitrages budgétaires. Les crédits consacrés à la prévention des incendies, à la rénovation thermique et à l’adaptation des villes seront particulièrement observés.
Le débat sur le congé climatique devrait également revenir au Parlement. Il faudra préciser les seuils de déclenchement, les salariés concernés, l’indemnisation et le financement du dispositif.
Enfin, les prochaines semaines permettront de mesurer si les pouvoirs publics tirent des leçons opérationnelles de l’été 2026. La question centrale restera simple : comment protéger les citoyens lorsque les épisodes extrêmes deviennent plus fréquents, plus longs et plus coûteux ?



