Marine Tondelier veut concilier candidature présidentielle et nouveau-né sans renoncer à ses priorités politiques
Après la naissance de son fils, Marine Tondelier adapte sa campagne présidentielle. La candidate écologiste veut aussi placer la santé reproductive et l’accompagnement des jeunes parents au cœur du débat politique.

Marine Tondelier a annoncé la naissance de son deuxième enfant alors qu’elle vient d’être désignée candidate des Écologistes. Elle prévoit d’adapter son rythme de campagne tout en défendant un suivi renforcé après l’accouchement, un accompagnement à domicile et un congé parental mieux partagé. Les adhérents écologistes devront encore confirmer sa stratégie en décembre.
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Peut-on mener une campagne présidentielle tout en accueillant un nouveau-né ? Marine Tondelier entend répondre à cette question par les actes, sans faire de sa maternité un sujet secondaire ni renoncer à ses responsabilités politiques.
Une naissance annoncée après une réunion à l’Élysée
La dirigeante des Écologistes a annoncé mercredi 23 septembre la naissance de son deuxième enfant. Le petit garçon, prénommé Léon, est né vendredi 18 septembre à Lens, dans le Pas-de-Calais.
Quelques heures avant l’accouchement, Marine Tondelier avait participé à une réunion organisée à l’Élysée avec Emmanuel Macron et les chefs de parti. Les échanges portaient sur les crises internationales et leurs conséquences pour la France.
La candidate a indiqué que l’accouchement s’était « très bien passé ». Elle a aussi prévenu qu’elle allait, pendant un temps, « travailler différemment » afin de donner la priorité à la santé et au bien-être de son enfant.
Sur Instagram, elle a expliqué que l’arrivée de son bébé, légèrement en avance, avait conduit la famille à garder cette nouvelle quelques jours pour elle. « On a profité de l’arrivée de notre enfant un peu en avance pour garder quelques jours cette belle nouvelle rien que pour nous », a-t-elle écrit.
Cette naissance intervient alors que Marine Tondelier vient d’être désignée comme candidate des Écologistes à l’élection présidentielle. Elle est aussi déjà mère d’un garçon de 7 ans.
Une campagne présidentielle avec un nouveau-né
Marine Tondelier est la première candidate à l’Élysée à avoir mené une campagne enceinte. Cette situation met en lumière une réalité rarement visible dans la vie politique : les responsabilités publiques continuent souvent pendant la grossesse, l’accouchement et les premiers mois d’un enfant.
La candidate n’a pas annoncé un retrait de la campagne. Elle a toutefois affirmé qu’elle n’envisageait pas de « partir quatre mois » en congé. Son objectif consiste plutôt à adapter son organisation, avec des réunions à distance et un rythme compatible avec les besoins de son bébé.
Ce choix pose une question concrète pour toutes les personnes qui travaillent après une naissance : comment éviter que la disponibilité permanente devienne la seule norme professionnelle ?
Pour une candidate à la présidentielle, la difficulté est encore plus forte. Une campagne implique des déplacements, des prises de parole, des négociations internes et une présence médiatique continue. Elle suppose aussi une équipe capable de répartir les tâches et de limiter les contraintes inutiles.
La situation ne concerne donc pas seulement Marine Tondelier. Elle renvoie aux conditions de travail des parents, aux inégalités entre professions et à la possibilité réelle de s’absenter sans perdre sa place.
La maternité comme sujet politique
La candidate veut faire de cette expérience un point de départ pour défendre la santé reproductive et un « pays à hauteur d’enfant ». Cette expression désigne une politique publique qui prend en compte les besoins des enfants, mais aussi ceux des parents qui les accompagnent au quotidien.
Son programme met notamment en avant un parcours de santé couvrant la première année après l’accouchement. Il inclurait un suivi physique, gynécologique, sexuel et psychique, avec un repérage systématique de la dépression post-partum.
Cette proposition s’appuie sur un problème de santé publique bien documenté. Selon les données de Santé publique France sur la santé mentale périnatale, 16,7 % des femmes présentaient des symptômes de dépression deux mois après leur accouchement, d’après l’enquête nationale de 2021.
La même enquête faisait état de 27,6 % de femmes concernées par des symptômes d’anxiété et de 5,4 % déclarant des idées suicidaires à cette période. Ces chiffres montrent que le suivi médical ne peut pas s’arrêter au retour à domicile.
En France, un entretien postnatal précoce est prévu entre la quatrième et la huitième semaine après l’accouchement. Il vise notamment à repérer les signes de dépression, l’anxiété, la fatigue extrême et les situations d’isolement. L’Assurance maladie présente ce dispositif de suivi postnatal et les possibilités d’accompagnement.
Des mesures qui bénéficieraient surtout aux familles les plus fragiles
Marine Tondelier propose aussi de créer un service public d’accompagnement à domicile après la naissance. Elle souhaite enfin un congé parental mieux rémunéré, suffisamment long et comprenant une part individuelle non transférable pour chaque parent.
Un congé non transférable signifie qu’une partie du congé serait réservée à chacun des deux parents. Si cette période n’est pas utilisée, elle ne pourrait pas être entièrement reportée sur l’autre parent. Le mécanisme vise à favoriser un partage plus équilibré des responsabilités.
Ces mesures pourraient aider les familles qui ne disposent pas d’un entourage proche, d’un logement adapté ou de moyens financiers suffisants. Elles bénéficieraient aussi davantage aux salariés précaires, aux parents isolés et aux personnes qui reprennent rapidement le travail par nécessité économique.
Mais leur mise en œuvre poserait plusieurs difficultés. Un accompagnement à domicile nécessite des professionnels disponibles, notamment des sages-femmes, des infirmiers, des travailleurs sociaux et des personnels de la petite enfance. Or les besoins sont particulièrement visibles dans les territoires où l’accès aux soins est déjà compliqué.
Le financement constituerait également un point de débat. Mieux rémunérer le congé parental et développer les visites à domicile demanderait des crédits publics supplémentaires. Les partisans de ces mesures y voient un investissement dans la santé et la prévention. Leurs opposants pourraient y voir une dépense difficile à soutenir sans préciser les économies ou les recettes correspondantes.
Une candidature encore soumise au choix des adhérents
La candidature de Marine Tondelier n’est pas encore définitivement verrouillée. Les adhérents écologistes doivent voter du 10 au 13 décembre pour décider du maintien d’une candidature autonome ou d’un retrait derrière une autre personnalité de gauche.
Cette échéance place la candidate dans une double situation. Elle doit installer son propre projet tout en laissant ouverte la possibilité d’une stratégie commune à gauche. Pour les Écologistes, l’enjeu consiste à préserver leur identité politique sans se couper des discussions sur une candidature unitaire.
Marine Tondelier défend donc à la fois une campagne autonome et l’idée d’un débat sur l’avenir de la gauche. Cette position peut satisfaire les militants attachés à l’écologie politique. Elle peut aussi frustrer ceux qui souhaitent connaître rapidement la stratégie collective du camp progressiste.
La candidate devait participer mercredi 23 septembre à une conférence de presse en visioconférence consacrée à sa campagne et aux Marches Climat prévues le 26 septembre. Si son état de santé et celui du bébé le permettent, elle prévoit également de participer au rassemblement organisé à Arras.
Les prochaines étapes à surveiller
Dans les prochains jours, l’attention se portera sur le rythme de reprise de Marine Tondelier et sur la manière dont son équipe adaptera la campagne. Les Marches Climat du 26 septembre doivent constituer son premier rendez-vous public depuis la naissance de son fils.
Le débat portera ensuite sur le contenu précis de ses propositions concernant la santé reproductive, le congé parental et l’accompagnement à domicile. Enfin, le vote des adhérents écologistes, prévu du 10 au 13 décembre, déterminera si sa candidature reste autonome ou s’inscrit dans une autre stratégie à gauche.



