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ÉLECTIONS La bataille de l’après-Muselier

Après son élection au Sénat, Muselier laisse la Région Sud face à une succession qui peut rebattre les équilibres locaux

Élu sénateur des Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier quitte la présidence de la Région Sud tout en restant conseiller régional. François de Canson est son candidat pour lui succéder.

Main dans l’hémicycle d’un conseil régional, sur fond de pupitres, micros et gradins de l’assemblée.
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En bref

Renaud Muselier quitte la présidence de la Région Sud après son élection au Sénat, mais conserve son mandat de conseiller régional. Christian Estrosi assure l’intérim avant le vote du conseil régional prévu le 12 octobre. Muselier soutient François de Canson, dont l’élection dépendra du rassemblement de la majorité régionale.

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Que devient la Région Sud après le départ de son président ? Pour les habitants, le changement sera d’abord institutionnel. Les politiques régionales continuent, mais une nouvelle bataille s’ouvre pour diriger la collectivité jusqu’aux prochaines élections régionales.

Un départ annoncé au lendemain des sénatoriales

Renaud Muselier a été élu sénateur des Bouches-du-Rhône le dimanche 27 septembre 2026. Il figurait sur une liste divers droite qui a obtenu deux sièges dans un département où huit postes étaient à pourvoir. Les élections sénatoriales désignent les représentants des collectivités territoriales au Sénat. Elles sont donc votées par un collège de grands électeurs, composé principalement d’élus locaux.

Le lundi 28 septembre, Renaud Muselier a annoncé sa démission de la présidence de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il a précisé avoir signé sa lettre dès le dimanche soir, à 20 heures, après près de dix ans à la tête de la collectivité.

Cette décision était attendue. Pendant la campagne sénatoriale, Renaud Muselier avait déjà indiqué qu’une élection au Sénat le conduirait à quitter la présidence régionale. En revanche, il conserve son mandat de conseiller régional.

Ce choix lui permet de rester présent dans les débats régionaux. Il ne dirigera plus l’exécutif, mais continuera de siéger dans l’assemblée élue en 2021. La différence est importante : le président prépare le budget, exécute les décisions du conseil régional et représente juridiquement la collectivité. Le conseiller régional participe, lui, aux votes et aux décisions de l’assemblée.

Christian Estrosi chargé de l’intérim

Christian Estrosi doit assurer provisoirement la direction de la Région Sud. Il est le premier vice-président et le président délégué de la collectivité. Il avait lui-même présidé la région avant de laisser la place à Renaud Muselier en 2017, après son élection à la mairie de Nice.

Dans une région, la vacance de la présidence ne provoque pas de nouvelles élections régionales générales. Le conseil régional doit élire un nouveau président parmi ses membres. Dans l’intervalle, les fonctions sont exercées provisoirement par un vice-président, selon l’ordre des nominations.

Le cadre juridique prévoit que le renouvellement de l’exécutif régional intervient dans un délai d’un mois. Les élus régionaux doivent donc rapidement désigner un nouveau président et réorganiser l’équipe qui l’accompagnera.

Une séance plénière exceptionnelle est prévue le 12 octobre 2026. C’est à cette date que les conseillers régionaux pourraient élire le successeur de Renaud Muselier, sous réserve du respect des procédures de convocation et de l’ordre du jour.

François de Canson soutenu par Renaud Muselier

Renaud Muselier a déjà fait connaître son choix. Il soutient François de Canson pour lui succéder à la tête de la Région Sud.

François de Canson est le troisième vice-président de la collectivité. Il est chargé du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs. Il est également maire de La Londe-les-Maures, dans le Var, et président de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures.

Son profil correspond à la ligne défendue par Renaud Muselier depuis plusieurs années : une majorité large, réunissant des élus de droite, du centre et des indépendants. Son implantation locale peut aussi compter dans une région où les équilibres politiques varient fortement entre les métropoles, le littoral et les territoires ruraux.

Le soutien de l’ancien président ne suffit toutefois pas à garantir l’élection. Le futur président sera choisi par les conseillers régionaux. Il devra donc rassembler une majorité au sein d’une assemblée composée de sensibilités différentes.

Une succession qui dépasse la simple formalité

Pour la majorité régionale, l’enjeu consiste à préserver la continuité. Les dossiers liés aux transports, aux lycées, à la formation professionnelle, au développement économique et à l’adaptation au changement climatique ne s’arrêtent pas avec la démission du président.

La Région Sud gère notamment les trains régionaux et les transports interurbains. Elle intervient aussi dans le financement des lycées et dans l’orientation de nombreuses politiques économiques. Une période de transition trop longue pourrait compliquer la préparation des décisions budgétaires et la conduite des projets déjà engagés.

Les grandes collectivités disposent cependant de services administratifs permanents. Les directions et les agents continuent de préparer les dossiers. Le changement politique touche surtout la définition des priorités, la capacité d’arbitrage et la représentation de la région auprès de l’État, des entreprises et des autres collectivités.

Les effets ne seront pas identiques selon les territoires. Les grandes villes disposent de services importants et d’une forte capacité d’expertise. Les petites communes et les intercommunalités dépendent davantage des financements régionaux pour leurs équipements, leurs transports ou leurs projets touristiques. Elles suivront donc de près la composition du prochain exécutif.

La succession peut aussi modifier les équilibres entre les différents départements. François de Canson est fortement implanté dans le Var. Christian Estrosi reste associé aux Alpes-Maritimes et à la métropole niçoise. Renaud Muselier, élu des Bouches-du-Rhône au Sénat, conservera pour sa part un ancrage politique dans la partie ouest de la région.

Une majorité à préserver, une opposition attentive

Le camp soutenant François de Canson peut présenter cette transition comme une continuité maîtrisée. Le candidat connaît déjà les dossiers régionaux et participe à l’exécutif depuis plusieurs années. Cette expérience réduit le risque de rupture administrative.

À l’inverse, ses opposants peuvent considérer que la succession est déjà orientée par l’ancien président avant même le vote des conseillers régionaux. La décision finale appartient pourtant à l’assemblée régionale. Les groupes d’opposition pourront aussi demander des garanties sur les priorités budgétaires et sur la répartition des aides entre les territoires.

Le contexte politique national pèsera également. L’élection de Renaud Muselier au Sénat renforce son rôle dans les débats nationaux. En restant conseiller régional, il pourrait continuer à défendre certains dossiers de la région depuis Paris. Cette double position peut faciliter les relations avec l’État, mais elle entretient aussi une question politique : le nouveau président disposera-t-il d’une autonomie complète ?

La réponse dépendra de la composition du prochain exécutif. Le vote du président sera suivi de celui des vice-présidents et de la répartition des délégations. Ces choix permettront de mesurer le rapport de force réel entre les différentes composantes de la majorité.

Le prochain rendez-vous : le vote du 12 octobre

La séance plénière du 12 octobre 2026 constitue la prochaine échéance décisive. Les conseillers régionaux devront y désigner le nouveau président de la Région Sud et renouveler l’exécutif.

D’ici là, trois éléments seront à surveiller : le nombre d’élus ralliés à François de Canson, la place accordée aux différentes sensibilités de la majorité et les demandes formulées par l’opposition. Le résultat donnera aussi une première indication sur la capacité de Renaud Muselier à conserver une influence régionale après son entrée au Sénat.

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