TGV M : des ministres aux maires de Belfort et de La Rochelle, la France célèbre son nouveau TGV et le made in France industriel
Ce 6 novembre, le TGV M d’Alstom s’élance pour son voyage inaugural entre Paris et Marseille. Conçu et fabriqué en France, le TGV de cinquième génération rassemble ministres, élus et territoires autour d’une même fierté : celle d’une industrie qui sait encore inventer et produire chez elle.

Le TGV M aux couleurs TGV Inoui près de La Rochelle, où sont assemblées ses voitures, en août 2025.
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Quand avez-vous été fier, pour la dernière fois, d’un objet fabriqué en France ? Ce vendredi, beaucoup de Français auront une bonne raison de l’être. Le TGV M, nouvelle génération du train à grande vitesse, entre en scène sur la ligne Paris-Marseille.
Quarante-cinq ans après le premier TGV, un nouveau chapitre
En 1981, les rames orange du TGV Sud-Est reliaient Paris à Lyon et faisaient entrer la France dans l’ère de la grande vitesse. En 2007, un TGV atteignait 574,8 km/h, un record du monde de vitesse sur rail qui tient toujours. Le savoir-faire français n’a jamais quitté le peloton de tête.
Ce vendredi 6 novembre, le TGV M ouvre la cinquième génération. Il quitte Paris-Gare-de-Lyon pour Marseille-Saint-Charles avec à son bord le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et le PDG de la SNCF, Jean Castex. Il rejoindra ensuite les circulations TGV Inoui sur l’axe Paris-Lyon-Marseille.
Un train pensé, conçu et fabriqué en France
Le TGV M est le fruit d’une décennie de travail commun entre Alstom et SNCF Voyageurs, réunis depuis 2016 sur un même plateau de conception. Onze sites français d’Alstom y participent et plus de 4 000 personnes ont été mobilisées. Les motrices naissent à Belfort, les voitures à La Rochelle, les bogies au Creusot, les moteurs à Ornans, la traction à Tarbes et l’électronique embarquée à Villeurbanne.
Ce maillage n’est pas qu’un symbole. En avril 2025, Alstom a annoncé plus de 150 millions d’euros d’investissements dans ses usines françaises : lignes doublées à La Rochelle, nouvelle ligne d’assemblage à Valenciennes, nouvelle usine à Belfort. Autant d’emplois et de savoir-faire ancrés dans les territoires.
Plus de voyageurs, moins d’énergie : le progrès à la française
Avec neuf voitures au lieu de huit, le TGV M accueille jusqu’à 740 passagers, environ 20 % de plus que la génération précédente. Il consomme 20 % d’énergie en moins et 97 % de ses matériaux sont recyclables. Plus de 400 innovations y ont été intégrées, du bar sur deux niveaux aux équipements connectés qui anticipent la maintenance.
Sa modularité est une petite révolution : une voiture de première peut devenir une seconde, les espaces bagages ou vélos se redistribuent selon les besoins. Conçu pour fonctionner jusqu’à 50 °C et doté de batteries de secours, il est aussi armé pour les étés à venir. Un train taillé pour durer, dans un pays qui veut voyager plus et polluer moins.
Le confort suit. En seconde classe, cinq centimètres de plus pour les jambes ; en première, des fauteuils plus larges de cinq centimètres. Une voiture peut accueillir jusqu’à cinq personnes en fauteuil roulant, avec un élévateur intégré pour monter à bord. Un progrès concret pour des millions de voyageurs.
Une fierté partagée, des ministres aux maires
L’exécutif ne boude pas son plaisir. Dans un entretien à L’Hémicycle, qui consacre un hors-série au train, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, y voit la preuve que la France sait concevoir et produire les technologies de demain. Il en profite pour lancer un appel aux industriels : ouvrir leurs usines, aller chercher les jeunes dans les collèges et les lycées. Près de 60 000 postes industriels restent à pourvoir.
Les élus de terrain suivent. Dans une tribune publiée ce 5 novembre par Les Échos, dix élus et anciens ministres, parmi lesquels Jean-Louis Borloo, Yves Jégo et les maires de Belfort, de La Rochelle et d’Ornans, saluent en Alstom un fleuron industriel français. Leur formule résume l’état d’esprit du jour : « Le patriotisme industriel ne doit pas être une émotion intermittente ».
Le made in France, jusque dans la commande publique
Les signataires vont plus loin. Ils invitent l’État, les collectivités et tous les acheteurs publics à mobiliser la commande publique, c’est-à-dire l’ensemble de leurs achats, en faveur des filières françaises. Le droit français et européen le permet déjà, en jugeant les offres sur la qualité, la durabilité, la performance environnementale, l’innovation, la sécurité des approvisionnements et le coût global sur toute la durée de vie.
Le TGV M montre que la demande est au rendez-vous. Le contrat-cadre Avelia Horizon, du nom commercial du train, totalise 160 rames commandées fermes, dont trente pour Eurostar. Même le nouvel opérateur privé Velvet a choisi des rames du même modèle. Fin mars 2026, le carnet de commandes d’Alstom atteignait le niveau record de 104,4 milliards d’euros.
C’est aussi une formidable carte de visite. L’inventeur du TGV emploie aujourd’hui 88 800 personnes dans plus de 60 pays, et ses tramways Citadis circulent de Lyon à Melbourne. Avec le TGV M, la vitrine française de la grande vitesse s’offre une nouvelle génération.
Ce qu’il faut suivre
Les prochaines semaines verront la flotte monter en puissance, avec treize rames attendues d’ici la fin de l’année, puis de nouvelles destinations comme Nice, les Alpes ou le Languedoc-Roussillon. La semaine prochaine, le salon du Made in France prendra le relais, et Alstom y est candidat à l’un des prix. De quoi prolonger la fierté bien au-delà du quai de la gare de Lyon.



