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ACTUALITé NATIONALE

Au Mont-Valérien, la dernière commémoration du 18 juin par Macron rappelle le poids civique de la mémoire résistante

Emmanuel Macron a présidé au Mont-Valérien sa dernière commémoration de l’appel du 18 juin en tant que président. Entre hommage à la Résistance et vigilance orange canicule, la cérémonie a pris une tonalité particulière.

Élu local anonyme de dos devant une mairie française, dossier en main, dans une ambiance de commémoration républicaine.

Un hommage, mais aussi un signal politique

Que signifie, pour un président, de revenir au Mont-Valérien un 18 juin ? Pour beaucoup de Français, cette cérémonie reste d’abord un rendez-vous de mémoire. Mais, à quelques mois de la fin du quinquennat, elle prend aussi une valeur de passage de témoin.

Ce jeudi 18 juin, Emmanuel Macron a présidé au Mont-Valérien, à Suresnes, la cérémonie du 86e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Ce texte, lancé à Londres par le général de Gaulle, a appelé à continuer le combat après la défaite de 1940. Le chef de l’État a assisté aux honneurs militaires, à la lecture du texte historique, au ravivage de la flamme et à l’hommage rendu dans la crypte du mémorial. Le site est l’un des principaux lieux de mémoire de la Résistance en France. Il a été inauguré en 1960 par de Gaulle lui-même, et il rappelle aussi la violence de l’Occupation : plus d’un millier de résistants et d’otages y ont été exécutés entre 1941 et 1944.

Autour du président, plusieurs membres du gouvernement étaient présents, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants Alice Rufo, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le chef d’état-major des armées Fabien Mandon. La cérémonie s’est tenue dans un contexte de forte chaleur, alors que les Hauts-de-Seine figuraient parmi les départements placés en vigilance orange canicule par Météo-France. Selon l’établissement public, cette vigilance vise à prévenir des risques sanitaires liés aux vagues de chaleur, qui peuvent imposer des adaptations très concrètes dans la vie quotidienne. Voir la cérémonie du 85e anniversaire au Mont-Valérien et consulter l’évolution de la vague de chaleur.

Le Mont-Valérien, un lieu de mémoire très concret

Le décor compte. Le Mont-Valérien n’est pas un monument abstrait. C’est un lieu d’exécution, devenu après guerre un haut lieu de la mémoire nationale. Pendant l’Occupation, les Allemands y ont fusillé plus de mille personnes. Aujourd’hui encore, le mémorial rassemble des symboles puissants : la flamme, la crypte, les seize combattants et la combattante inhumés sur place, et le souvenir des résistants, des otages, des juifs, des communistes, des étrangers et des gaullistes frappés par la répression. Découvrir le mémorial de la France combattante et relire l’histoire du Mont-Valérien.

C’est aussi ce qui donne à cette cérémonie une portée particulière. Pour l’exécutif, le message est clair : rappeler que la République se construit aussi par la fidélité à ses morts et à ses récits fondateurs. Pour les familles de résistants, les anciens combattants et les institutions mémorielles, ce type d’hommage maintient un lien entre l’histoire et le présent. Pour les plus jeunes générations, il sert surtout de porte d’entrée vers une histoire souvent mal connue. Le Mont-Valérien fonctionne alors comme un outil de transmission autant que comme un lieu de recueillement.

Mais cette mise en scène du souvenir a aussi ses limites. Une cérémonie nationale peut renforcer le consensus républicain. Elle peut aussi donner l’impression d’un rituel très codifié, presque automatique, si elle n’est pas reliée à des enjeux plus larges : transmission scolaire, recherche historique, place des combattants étrangers, reconnaissance des résistances multiples. C’est là que le symbole devient politique.

Ce que cette dernière commémoration dit du quinquennat

Emmanuel Macron a indiqué qu’il s’agissait de sa dernière commémoration de l’appel du 18 juin en tant que président de la République. La formule n’a rien d’anodin. Elle clôt une séquence ouverte en 2017, marquée par une présence répétée sur les grands rituels de mémoire nationale. À chaque fois, le même objectif affleure : se placer dans la continuité gaullienne, sans en faire un monopole partisan.

Cette stratégie profite d’abord au chef de l’État, qui parle au-dessus des camps et s’inscrit dans une histoire longue. Elle profite aussi aux institutions mémorielles, qui obtiennent visibilité et moyens symboliques. En revanche, elle peut agacer ceux qui voient dans ces cérémonies une récupération politique du passé, ou une façon de privilégier les grands récits nationaux au détriment d’autres mémoires, notamment coloniales, sociales ou immigrées. Le débat n’est pas nouveau. Il revient régulièrement dès qu’un président s’avance sur le terrain du récit national.

Sur le fond, la cérémonie de ce 18 juin rappelle une chose simple : la mémoire nationale n’est jamais seulement commémorative. Elle dit aussi qui la République choisit d’honorer, comment elle transmet l’histoire, et à qui elle s’adresse. Ici, le message passe par des lieux, des rites et des noms. Il passe aussi par l’attention portée aux combattants anonymes, aux fusillés du Mont-Valérien et aux héritages de la Résistance. Le 18 juin reste une date fondatrice. Mais il reste aussi un objet de débat sur la façon de raconter la France.

Le prochain rendez-vous à surveiller

La suite se jouera moins dans les discours que dans le calendrier. D’ici 2027, Emmanuel Macron n’aura plus l’occasion de présider de nouveau cette cérémonie en tant que président de la République. Le prochain 18 juin au Mont-Valérien dira donc autre chose : la manière dont son successeur reprendra, ou non, ce rituel républicain. En attendant, la vigilance reste du côté du contexte immédiat : la canicule, les conditions d’accueil du public, et la place accordée aux commémorations dans un pays où les urgences du présent bousculent souvent le temps long de la mémoire.

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