Carburants et budget 2027 : le RN veut protéger les ménages sans renoncer à peser sur le gouvernement
Invité de la matinale, Thomas Ménagé a défendu la ligne du RN sur les carburants et le budget 2027. Son parti refuse une censure automatique, mais conditionne sa position à l’équilibre du texte.

Thomas Ménagé a présenté les priorités du Rassemblement national sur le prix des carburants, la fiscalité et le budget 2027. Le parti défend une baisse de la TVA pour alléger la facture des automobilistes, tout en refusant de s’engager dans une censure automatique. Son vote dépendra du contenu et de l’équilibre du projet budgétaire.
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Quand le prix de l’essence augmente, la facture ne s’arrête pas à la station-service. Elle touche les trajets domicile-travail, les courses, les artisans et les familles qui vivent loin des transports collectifs. C’est sur ce terrain très concret que le Rassemblement national veut installer son discours pour 2027.
Invité du 8h30 franceinfo mardi 22 septembre 2026, le député du Loiret et porte-parole du RN Thomas Ménagé a défendu la ligne de son parti sur les crises géopolitiques, les carburants et le prochain budget de l’État.
Le prix des carburants, un sujet politique autant qu’économique
La hausse des carburants dépend d’abord du marché mondial du pétrole. Elle peut aussi être accentuée par les tensions internationales, les coûts de raffinage, le taux de change entre l’euro et le dollar et les taxes appliquées à la pompe.
Pour les ménages qui disposent d’une voiture, l’impact est immédiat. Les habitants des zones rurales et périurbaines sont souvent les plus exposés. Ils ont moins facilement accès au train, au bus ou au vélo pour aller travailler, accompagner leurs enfants ou consulter un médecin.
Les petites entreprises subissent également cette pression. Un artisan, un infirmier libéral ou un salarié itinérant ne peut pas toujours réduire ses déplacements. Une hausse limitée du prix au litre peut donc peser directement sur les revenus et les coûts de fonctionnement.
Le RN défend régulièrement une baisse de la TVA sur les carburants. Cette taxe, appliquée au prix hors taxe, passerait de 20 % à 5,5 % selon la proposition mise en avant par le parti. À l’Assemblée nationale, des députés du groupe ont présenté cette mesure comme une réponse universelle à la hausse des prix.
Le débat porte cependant sur son financement et sur sa répercussion réelle. Une baisse de TVA réduit les recettes de l’État. Elle ne garantit pas automatiquement que l’intégralité du gain sera visible sur le ticket de caisse ou sur le prix affiché à la pompe.
Le gouvernement et plusieurs opposants à cette mesure estiment ainsi qu’une baisse générale profiterait aussi aux ménages qui peuvent déjà absorber la hausse. Ils défendent plutôt des aides ciblées ou des dispositifs limités aux foyers et aux secteurs les plus exposés.
La « règle d’or » envisagée par le gouvernement
Thomas Ménagé a également critiqué la « règle d’or » évoquée par le gouvernement. Le principe serait de restituer aux Français un éventuel surplus de TVA lié à la hausse des prix des carburants.
Le mécanisme repose sur une idée simple. Si le prix augmente, la TVA augmente mécaniquement puisque son montant est calculé en pourcentage. L’État pourrait alors s’engager à rendre tout ou partie de cette recette supplémentaire.
Pour le député RN, cette solution ne répond pas au problème à sa source. Elle reviendrait à attendre une hausse des prix avant d’en corriger les conséquences. Le parti préfère une baisse de la fiscalité, présentée comme plus lisible et plus durable.
Le gouvernement doit toutefois arbitrer entre plusieurs contraintes. Il lui faut limiter le choc pour les automobilistes, préserver les recettes publiques et éviter une mesure trop coûteuse pour les finances de l’État. La difficulté est encore plus forte dans un contexte de dette élevée et de déficit à réduire.
Une baisse générale bénéficierait à tous les conducteurs, y compris aux ménages aisés et aux entreprises disposant de flottes importantes. Une aide ciblée serait potentiellement moins coûteuse, mais aussi plus complexe à appliquer. Elle pourrait laisser de côté certains travailleurs qui utilisent leur véhicule sans entrer dans les critères retenus.
Budget 2027 : le RN refuse une censure « automatique »
L’autre sujet sensible concerne le budget 2027. Le gouvernement devra présenter ses choix de recettes et de dépenses dans un climat politique tendu. À l’Assemblée nationale, aucune majorité stable ne permet de garantir l’adoption d’un texte sans négociation.
Une motion de censure est un vote par lequel les députés peuvent faire tomber le gouvernement. Le RN dispose d’un nombre de voix important, mais son choix peut devenir décisif si d’autres groupes parlementaires envisagent également de sanctionner l’exécutif.
Interrogé sur la position de son parti, Thomas Ménagé a affirmé que le RN recherchait « la stabilité ». Il a également assuré que le groupe ne soutiendrait pas une censure « automatique ». La décision dépendrait de l’équilibre du budget présenté.
Cette position laisse ouverte la possibilité d’un soutien ponctuel, d’une abstention ou d’un vote de censure. Tout dépendra des mesures retenues sur le pouvoir d’achat, les impôts, les dépenses publiques et les services publics.
Pour le gouvernement, cette prudence peut offrir un espace de discussion. Elle ne garantit toutefois pas l’adoption du texte. Le RN devra mesurer le coût politique d’un compromis avec l’exécutif, alors qu’il cherche à apparaître comme une force capable de gouverner.
Pour les citoyens, l’enjeu est très concret. Le budget détermine les moyens accordés à l’hôpital, à l’école, aux collectivités et aux politiques de sécurité. Il fixe aussi le niveau de prélèvements et les aides accessibles aux ménages.
Une ligne internationale encore sous surveillance
Les crises géopolitiques figuraient également au programme de l’interview. Sur ces sujets, le RN cherche à préciser sa position internationale, alors que les conflits et les tensions entre grandes puissances influencent directement l’énergie, les prix et la sécurité européenne.
Le lien entre politique étrangère et pouvoir d’achat est devenu difficile à ignorer. Une crise dans une région productrice d’hydrocarbures peut perturber les marchés. Une nouvelle tension commerciale peut renchérir certains produits. Une décision militaire peut aussi entraîner des dépenses supplémentaires pour les États européens.
Le discours du RN vise donc à relier souveraineté, maîtrise des dépenses et protection des ménages. Cette approche bénéficie particulièrement aux électeurs qui attendent une réponse nationale aux chocs extérieurs.
Ses contradicteurs soulignent néanmoins les limites d’une action isolée. La France ne contrôle ni le prix mondial du pétrole ni les décisions des principaux producteurs. Elle dépend aussi de ses partenaires européens pour une partie de sa politique énergétique, commerciale et diplomatique.
Les prochaines étapes à suivre
Le premier point à surveiller sera la présentation précise du dispositif gouvernemental sur les carburants. Il faudra connaître son coût, sa durée et les ménages concernés. La question sera aussi de savoir si l’aide sera automatique ou soumise à des conditions.
Le deuxième rendez-vous sera la préparation du budget 2027. Les arbitrages sur les dépenses, les impôts et les économies permettront de mesurer la marge de négociation avec le RN et les autres groupes parlementaires.
Enfin, la position du RN sera observée lors des premiers votes budgétaires. Le parti affirme vouloir éviter la censure systématique. Mais son choix dépendra du texte final et de l’équilibre politique qui se dessinera à l’Assemblée nationale.



