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ACTUALITé NATIONALE La droite face au test sénatorial

Élections sénatoriales : pourquoi Gérard Larcher joue l’union de la droite et du centre jusqu’en 2027

En défendant la majorité sénatoriale, Gérard Larcher cherche à contenir la progression du RN et à préserver l’unité de la droite et du centre. Le scrutin du 27 septembre pèsera aussi sur la présidentielle de 2027.

Salle des séances du Sénat vide au Palais du Luxembourg, avec pupitres rouges et micros alignés.
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En bref

Gérard Larcher mobilise les élus locaux pour préserver la majorité de droite et du centre au Sénat lors du renouvellement du 27 septembre 2026. Le scrutin doit aussi mesurer la progression du Rassemblement national et pourrait influencer les rapports de force en vue de la présidentielle de 2027.

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À quelques jours des élections sénatoriales, une question dépasse les frontières des départements concernés : la droite et le centre peuvent-ils conserver leur poids au Sénat, alors que le Rassemblement national espère y faire son entrée en groupe ? Gérard Larcher sillonne le terrain pour défendre cette majorité. Mais, derrière le scrutin du 27 septembre 2026, se joue déjà une partie de la présidentielle de 2027.

Un scrutin indirect, mais un enjeu national

Les élections sénatoriales renouvellent la moitié du Sénat. Le 27 septembre 2026, 178 sièges seront concernés dans 58 départements métropolitains, une circonscription des Français de l’étranger et plusieurs territoires ultramarins. Les résultats seront suivis par les responsables politiques bien au-delà des communes concernées.

Les sénateurs ne sont pas élus directement par l’ensemble des citoyens. Ils le sont par un collège de « grands électeurs », composé à 95 % de maires, d’adjoints aux maires et de conseillers municipaux. Les élections municipales de mars 2026 ont donc contribué à façonner le corps électoral qui votera dimanche.

Cette mécanique favorise généralement les réseaux locaux et les listes capables de rassembler plusieurs familles politiques. Elle donne aussi un poids particulier aux élus de terrain. Pour eux, le choix d’une liste dépend autant des étiquettes que des équilibres départementaux, des relations avec les maires et de la capacité des candidats à défendre les intérêts locaux au Parlement.

Le calendrier officiel des élections sénatoriales de septembre 2026 confirme le renouvellement de la série 2 du Sénat. La majorité actuelle de la chambre haute reste composée de la droite et du centre. Elle pourrait conserver la direction de l’institution, mais avec une marge de manœuvre plus étroite.

Gérard Larcher défend l’union de la droite et du centre

Président du Sénat depuis 2014, Gérard Larcher multiplie les déplacements dans les départements concernés. Il s’est rendu notamment dans l’Aisne, le Vaucluse, le Calvados, le Var et la Vienne.

Son message est constant : la majorité sénatoriale doit être « confortée, renforcée et élargie ». Le président de la chambre haute présente cette alliance comme un facteur de stabilité dans une période politique marquée par l’instabilité gouvernementale et les tensions à l’Assemblée nationale.

Cette stratégie bénéficie directement aux candidats Les Républicains et à leurs partenaires centristes. Dans les départements où plusieurs listes de droite pourraient se concurrencer, l’union permet de limiter la dispersion des voix. Elle peut aussi protéger les sortants menacés par la progression du RN ou par des listes alliées à Éric Ciotti.

Pour Gérard Larcher, l’enjeu dépasse pourtant la composition du Sénat. Il s’agit aussi d’empêcher la création d’un groupe Rassemblement national dans la chambre haute. Une telle entrée constituerait une première historique et modifierait les équilibres politiques du Palais du Luxembourg.

Le ministère de l’Intérieur présente les candidats aux sénatoriales de 2026 et rappelle l’ampleur du renouvellement. La majorité de droite et du centre ne semble pas directement menacée dans son ensemble. Toutefois, plusieurs sièges LR pourraient être disputés de près.

Le RN en embuscade, cinq à dix sièges LR menacés

Selon les projections évoquées avant le scrutin, cinq à dix sièges détenus par Les Républicains seraient directement exposés à une perte au profit du RN et de ses alliés. Le résultat dépendra des rapports de force locaux, mais aussi de la capacité des listes à conclure des accords entre les deux tours lorsqu’ils sont nécessaires.

Le RN part avec un handicap institutionnel. Le scrutin sénatorial repose sur des élus locaux, et le parti dispose encore de réseaux municipaux moins anciens que ceux de la droite traditionnelle ou du centre. Cependant, ses progrès lors des élections municipales et la présence de candidats implantés peuvent lui ouvrir des possibilités nouvelles.

Pour les grands partis, le gain ou la perte de quelques sièges peut avoir des conséquences concrètes. Un groupe plus important obtient davantage de temps de parole, de postes dans les commissions et de capacité à peser sur l’ordre du jour. À l’inverse, les petites formations doivent souvent négocier texte par texte.

Le Sénat conserve une fonction particulière dans le système français. Il représente les collectivités territoriales et se montre généralement plus stable que l’Assemblée nationale. Mais cette stabilité ne signifie pas immobilité. Une progression du RN, même sans changement de majorité, modifierait les débats, les alliances et la pression exercée sur la droite parlementaire.

Le soutien à Bruno Retailleau reste la ligne officielle

Gérard Larcher continue d’afficher son soutien à Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027. Les deux hommes ont travaillé ensemble pendant de longues années au Sénat, lorsque Bruno Retailleau dirigeait le groupe LR.

Cette proximité place toutefois Gérard Larcher dans une position délicate. Il appelle à l’unité de la droite et du centre, mais il soutient pour l’instant le candidat LR. Or Édouard Philippe, Gabriel Attal et d’autres responsables du centre entendent également défendre leur propre ligne en vue de 2027.

Gérard Larcher répète qu’il faudra, à terme, un seul candidat de la droite et du centre. Il refuse cependant de prendre une initiative immédiate. Son entourage indique qu’il ne devrait pas intervenir avant le début de l’année 2027.

Cette prudence répond à un calcul politique. Une pression trop rapide pourrait affaiblir Bruno Retailleau et provoquer une rupture avec le groupe LR. À l’inverse, une attente prolongée risque de laisser s’installer plusieurs candidatures concurrentes. Le président du Sénat doit donc préserver à la fois son autorité institutionnelle et sa relation avec son camp.

Une influence réelle, mais pas illimitée

Plusieurs responsables de la droite et du centre voient en Gérard Larcher un possible arbitre. Il a déjà réuni autour de la même table des personnalités comme Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau pour discuter des alliances politiques.

Certains l’imaginent construire une initiative commune avec Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. D’autres pensent qu’il pourrait finir par soutenir Édouard Philippe si Bruno Retailleau ne parvient pas à s’imposer.

Éric Ciotti, président de l’UDR, a déjà affirmé que Gérard Larcher appellerait Bruno Retailleau à se retirer après les sénatoriales. L’entourage du président du Sénat dément cette perspective et assure qu’il soutiendra le candidat LR jusqu’au bout.

Le constitutionnaliste Benjamin Morel appelle toutefois à relativiser l’influence de Gérard Larcher. Selon lui, le président du Sénat ne pourrait pas nécessairement imposer une décision au groupe LR. Bruno Retailleau conserve une influence importante parmi les sénateurs et dispose de ses propres relais politiques.

Autrement dit, Gérard Larcher peut faciliter une discussion. Il ne peut pas garantir seul un accord. Les intérêts divergent entre les élus LR, les centristes et les personnalités déjà engagées dans la course présidentielle.

Les résultats du 27 septembre donneront le premier signal

Le premier rendez-vous sera le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre 2026. Les résultats permettront de mesurer la solidité de l’union entre la droite et le centre, mais aussi l’implantation électorale du RN dans les territoires.

La réélection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat, prévue le 1er octobre, dépendra ensuite de la composition de la chambre haute et du maintien de la majorité actuelle. Même en cas de pertes pour LR, le changement de présidence ne paraît pas être l’hypothèse centrale. Mais une majorité plus fragmentée réduirait sa liberté d’action.

Il faudra enfin surveiller la séquence présidentielle. Gérard Larcher pourrait être amené à préciser son calendrier, sa méthode et son éventuel rôle dans la désignation d’un candidat unique. Pour l’instant, il maintient son soutien à Bruno Retailleau tout en laissant ouverte la perspective d’une alliance plus large.

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