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ACTUALITé NATIONALE Le pouvoir d’achat sanctionne

Pouvoir d’achat sous pression : la défiance envers Macron et Lecornu complique les choix du gouvernement

La popularité d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu recule fortement, tandis que le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français. Le gouvernement doit désormais faire adopter son budget dans une Assemblée sans majorité absolue.

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En bref

Le baromètre Ipsos bva-CESI de septembre 2025 place Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu à 16 % d’opinions favorables. Dans le même temps, 54 % des répondants citent le pouvoir d’achat comme leur première préoccupation. Ces résultats compliquent la préparation du budget et les négociations avec une Assemblée sans majorité absolue.

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Quand le pouvoir d’achat recule et que l’avenir de la protection sociale inquiète, la popularité de l’exécutif devient un indicateur politique majeur. En septembre 2025, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu atteignent tous deux un niveau très faible dans l’opinion.

Un exécutif fragilisé par la crise sociale

Le baromètre politique Ipsos bva-CESI de septembre 2025 mesure une nette dégradation de l’image du président de la République et du Premier ministre.

L’enquête a été réalisée en ligne les 9 et 10 septembre auprès de 1 000 personnes majeures. L’échantillon est représentatif de la population française selon la méthode des quotas. La marge d’erreur se situe entre 0,6 et 3,1 points.

Emmanuel Macron recueille 16 % d’opinions favorables. Il perd cinq points par rapport à juillet. Il s’agit de son plus mauvais niveau depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, selon ce baromètre.

Sébastien Lecornu obtient lui aussi 16 % d’opinions favorables dans les résultats détaillés de l’enquête. Le Premier ministre commence donc son passage à Matignon avec un socle d’adhésion limité.

La majorité présidentielle n’est plus totalement préservée

La baisse ne concerne pas seulement les électeurs des oppositions. Elle touche aussi les sympathisants de Renaissance, du MoDem et d’Horizons, les trois forces qui soutiennent principalement l’action présidentielle.

Chez ces sympathisants, Emmanuel Macron recueille 53 % d’opinions favorables. Ce score recule de 19 points en deux mois. Cette évolution est importante, car le président conserve davantage de soutien dans son propre camp que dans l’ensemble de la population.

La tendance est comparable pour Sébastien Lecornu. Sa popularité atteint 64 % chez les sympathisants de Renaissance, du MoDem et d’Horizons. Mais ce résultat baisse de 14 points par rapport à la précédente mesure.

Ce recul peut traduire une lassitude plus large dans le camp présidentiel. Depuis les élections législatives de 2024, le gouvernement doit composer avec une Assemblée nationale sans majorité absolue. Chaque projet budgétaire devient donc un exercice de négociation et de rapport de force.

La popularité d’un responsable politique ne résume pas, à elle seule, sa capacité à gouverner. Elle indique toutefois la solidité de son soutien dans l’opinion. Un pouvoir qui perd ses relais électoraux dispose de moins de marge pour demander des efforts.

Le pouvoir d’achat reste la première inquiétude

Les difficultés liées au pouvoir d’achat arrivent en tête des préoccupations citées dans l’enquête. Elles sont mentionnées par 54 % des personnes interrogées.

Ce résultat renvoie à des situations très concrètes. Les ménages doivent arbitrer entre les dépenses alimentaires, les factures d’énergie, les transports et les frais de logement. La hausse générale des prix peut aussi réduire leur capacité à épargner ou à financer des projets.

L’avenir du système social arrive en deuxième position. Il est cité par 40 % des répondants. Derrière cette formulation se trouvent plusieurs débats : les retraites, l’assurance maladie, l’indemnisation du chômage et le financement des services publics.

L’environnement et l’immigration sont ensuite mentionnés par 31 % des personnes interrogées chacun. Le niveau de la dette et des déficits publics arrive à 30 %.

Ces priorités placent le gouvernement face à une difficulté classique. Les Français demandent davantage de protection, mais les finances publiques limitent les dépenses possibles. Les décisions prises pour réduire le déficit peuvent donc entrer en conflit avec les attentes sociales.

Une popularité qui ne suffit pas à mesurer l’action gouvernementale

Un sondage d’opinion mesure un état de perception à un moment donné. Il ne constitue ni un vote ni une prévision électorale. Les résultats peuvent évoluer rapidement après une annonce, une crise ou une décision budgétaire.

Le score de Sébastien Lecornu doit aussi être lu avec prudence. Nommé Premier ministre le 9 septembre 2025, il reste moins connu du grand public que le chef de l’État. Une partie des personnes interrogées peut donc exprimer une opinion encore peu consolidée.

Les premiers jours à Matignon pèsent néanmoins lourd. Le chef du gouvernement doit préparer le budget, répondre aux demandes des groupes parlementaires et éviter une nouvelle crise politique. Une motion de censure, c’est-à-dire un vote par lequel l’Assemblée peut faire tomber le gouvernement, reste un outil central pour les oppositions.

À gauche, les socialistes ont indiqué vouloir négocier certaines mesures avant de se prononcer sur leur attitude parlementaire. La France insoumise et le Rassemblement national défendent, de leur côté, une opposition plus frontale à l’exécutif. Ces stratégies différentes compliquent la recherche d’un compromis durable.

Le gouvernement peut toutefois bénéficier d’un avantage institutionnel. Tant qu’aucune majorité alternative ne se dessine à l’Assemblée nationale, les oppositions doivent choisir entre la censure, la négociation et l’abstention. Leur capacité à s’entendre pèsera autant que la popularité de l’exécutif.

Les prochains tests seront budgétaires et sociaux

La question du pouvoir d’achat sera au cœur des prochaines discussions. Les ménages attendent des mesures lisibles. Les parlementaires devront, eux, arbitrer entre nouvelles dépenses, économies et éventuelles hausses de prélèvements.

Les grands acteurs économiques et les administrations disposent de davantage de marges pour absorber certaines décisions. Les personnes seules, les familles modestes, les retraités et les habitants des territoires mal desservis peuvent subir plus directement une baisse des aides ou une hausse des coûts.

La suite dépendra donc moins des seuls scores de popularité que de la capacité du gouvernement à faire adopter ses textes. Il faudra surveiller les négociations autour du budget, les réactions des syndicats et les positions des groupes parlementaires.

Le prochain rendez-vous décisif sera l’examen des textes financiers à l’Assemblée nationale. Il permettra de vérifier si le nouvel exécutif peut transformer un soutien politique limité en majorité de circonstance.

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