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ACTUALITé NATIONALE Carburants, la colère monte

Prix des carburants : face à la colère des pêcheurs, le gouvernement promet des stocks sécurisés et des mesures ciblées

La hausse des carburants fragilise les pêcheurs et inquiète les automobilistes. Après le blocage d’un dépôt à Fos-sur-Mer, le gouvernement prépare des réponses pour sécuriser l’approvisionnement et limiter l’impact des prix.

Dépôt pétrolier avec réservoirs et installations de stockage, illustrant la tension sur l’approvisionnement en carburants.
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En bref

La hausse des carburants met sous pression les pêcheurs, les transporteurs et les ménages dépendants de leur voiture. Après le blocage d’un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, le gouvernement cherche à sécuriser les volumes disponibles et envisage de nouvelles aides, tout en restant prudent sur leur coût et leur calendrier.

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Pourquoi le plein coûte-t-il plus cher alors que les stations-service continuent, pour l’instant, à être approvisionnées ? La hausse des carburants ravive une colère sociale déjà visible chez les pêcheurs et fait craindre de nouvelles mobilisations.

Le gouvernement veut éviter la pénurie et contenir la hausse

Emmanuel Macron a demandé, mercredi 16 septembre, une « totale mobilisation » du gouvernement sur deux fronts : l’approvisionnement en carburants et la maîtrise des prix.

À l’issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a expliqué que l’exécutif voulait sécuriser les volumes disponibles dans les prochains jours et les prochaines semaines. La France pourrait notamment renforcer ses achats auprès d’autres pays.

Le gouvernement travaille aussi sur une évolution des règles européennes qui encadrent les raffineries. L’objectif serait de donner davantage de souplesse au système, afin d’adapter plus rapidement la production et les importations.

Cette piste ne signifie pas une baisse automatique à la pompe. Le prix payé par les automobilistes dépend du cours du pétrole, du raffinage, du transport, du stockage, de la distribution et des taxes. Une modification des règles peut donc faciliter l’approvisionnement sans effacer immédiatement la hausse des marchés.

Le ministère de la Transition écologique rappelle que le carburant passe par plusieurs étapes avant d’arriver dans une station : importation ou raffinage, stockage, acheminement jusqu’au dépôt, puis livraison par camion. Un problème à un seul de ces niveaux peut créer des tensions locales.

Une station sur dix rencontre déjà une difficulté

Selon Maud Bregeon, environ 10 % des stations-service connaissent une difficulté d’approvisionnement sur au moins un carburant. L’« immense majorité » de ces stations appartiendrait au réseau TotalEnergies.

Le gouvernement assure toutefois qu’il ne constate pas de rupture générale de la chaîne logistique. Les difficultés seraient concentrées sur certains produits ou certains points de distribution.

Pour les automobilistes, la différence est importante. Une station peut rester ouverte tout en manquant de gazole, de sans-plomb ou d’un autre carburant. Les files d’attente et les achats préventifs peuvent alors aggraver localement la tension, même sans pénurie nationale.

Les effets sont aussi très différents selon les territoires. Dans les grandes villes, plusieurs stations sont souvent accessibles à faible distance. Dans les zones rurales ou périphériques, la fermeture temporaire d’un seul point de vente peut compliquer les trajets domicile-travail, les livraisons et l’accès aux services publics.

Pourquoi les pêcheurs sont en première ligne

La hausse touche particulièrement les activités qui dépendent directement du gazole. C’est le cas de la pêche, où le carburant représente une dépense immédiate avant même la vente de la production.

Des pêcheurs ont bloqué un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, mardi 15 septembre. Le site est stratégique : il participe à l’alimentation du réseau régional et représente près de 10 % des volumes de carburant de l’Hexagone, selon des informations diffusées lors de la mobilisation.

Le blocage a depuis été évacué et le dépôt a repris son activité. Mais l’épisode montre le rapport de force qui s’installe. Les professionnels de la mer réclament une réponse rapide à la hausse des coûts et dénoncent plus largement la dégradation de leurs conditions de travail.

Le problème ne s’arrête pas aux bateaux. Quand une marée devient moins rentable, la pression se transmet aux mareyeurs, aux transporteurs, aux poissonniers et aux entreprises de transformation. À l’inverse, une aide ciblée peut protéger une filière sans bénéficier directement à l’ensemble des automobilistes.

Des aides possibles, mais un calendrier encore flou

Interrogée sur la colère qui monte, Maud Bregeon a indiqué que le gouvernement ne fermait pas la porte à de nouveaux dispositifs. Elle a reconnu que la situation devenait « de plus en plus difficile », notamment depuis plusieurs semaines.

Aucune mesure précise ni aucun calendrier n’a toutefois été annoncé. Plusieurs options existent en théorie : aide directe aux ménages, soutien aux professionnels les plus exposés, remise ciblée, plafonnement temporaire ou intervention sur les marges.

Chacune a ses limites. Une aide générale coûte cher aux finances publiques et profite aussi aux ménages qui n’en ont pas besoin. Une aide ciblée réduit la dépense, mais elle demande des critères précis et peut exclure certains travailleurs dépendants de leur voiture. Un plafonnement peut protéger les consommateurs, mais il risque de déplacer la charge vers l’État, les distributeurs ou les producteurs.

Les automobilistes ne sont donc pas les seuls concernés. Les entreprises de transport, les artisans, les agriculteurs et les salariés qui travaillent loin de leur domicile sont particulièrement exposés. Les ménages modestes, eux, consacrent déjà une part plus importante de leur budget aux dépenses contraintes.

Une colère qui rappelle les Gilets jaunes

La flambée des prix provoque des appels à manifester. Certains reprennent les références aux Gilets jaunes, mouvement né en 2018 autour de la hausse de la fiscalité sur les carburants et du coût des déplacements.

La comparaison a cependant ses limites. La crise actuelle mêle plusieurs facteurs : prix internationaux, capacités de raffinage, dépendance aux importations et difficultés propres à certains secteurs. La contestation ne repose donc pas uniquement sur une taxe nationale.

Le risque politique reste néanmoins réel. Si les files d’attente se multiplient ou si les prix continuent de progresser, la question peut rapidement dépasser les seuls pêcheurs. Le précédent de 2018 montre qu’une mesure portant sur le carburant peut devenir le symbole d’un sentiment plus large d’injustice territoriale et sociale.

Du côté des professionnels, la demande principale porte sur une visibilité rapide. Les pêcheurs veulent savoir quelles aides seront maintenues et pendant combien de temps. Du côté du gouvernement, l’enjeu consiste à soutenir les secteurs fragiles sans créer un dispositif général trop coûteux ni contredire les règles européennes.

Les prochaines échéances à surveiller

Dans les prochains jours, trois éléments seront particulièrement suivis : le niveau réel des stocks dans les stations-service, l’évolution des prix internationaux et les mesures que le gouvernement pourrait présenter.

Les éventuelles discussions avec les partenaires européens seront également décisives. Elles pourraient déterminer la marge de manœuvre des raffineries et la capacité de la France à sécuriser rapidement ses approvisionnements.

Enfin, la poursuite ou non des mobilisations dans les ports méditerranéens donnera une première indication sur l’ampleur de la contestation. Pour les automobilistes comme pour les professionnels, la question centrale reste la même : la hausse sera-t-elle temporaire, ou exigera-t-elle une nouvelle réponse durable de l’État ?

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