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ÉCONOMIE & SOCIéTé L’école sous pression

Remplacements, rythmes, bâtiments : ce que la mobilisation lycéenne change pour les élèves et leurs familles

Après la mobilisation de 735 établissements, Édouard Geffray promet d’accélérer les remplacements, surtout dans les classes à examen. Les lycéens maintiennent toutefois la pression et appellent à une nouvelle journée d’action.

Entrée de lycée bloquée par des élèves, avec barrières et sacs posés au sol devant le portail.
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En bref

Le ministre de l’Éducation nationale annonce un plan avec les recteurs pour réduire les délais de remplacement des enseignants, en priorité dans les classes de première et de terminale. Les lycéens jugent ces annonces insuffisantes et poursuivent leur mouvement sur les rythmes scolaires, les bâtiments et leur participation aux décisions.

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Que se passe-t-il quand un professeur manque pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans une classe qui prépare un examen ? Pour les lycéens mobilisés, cette situation résume un malaise plus large : cours annulés, bâtiments dégradés, emplois du temps jugés trop lourds et sentiment de ne pas être entendus.

Une mobilisation qui s’étend dans les lycées

Le mouvement lycéen s’est renforcé depuis la fin du mois de septembre. Il a commencé dans plusieurs établissements de la région parisienne, avant de s’étendre à d’autres villes. Les élèves dénoncent notamment le manque d’enseignants et de personnels, les classes chargées et les conditions matérielles de scolarité.

La mobilisation intervient aussi dans un contexte de forte pression scolaire. Les élèves de première et de terminale doivent préparer leurs examens tout en anticipant leur orientation. Les absences non remplacées peuvent donc peser directement sur les apprentissages et sur la préparation aux épreuves.

Le mouvement est porté notamment par l’Union syndicale lycéenne. L’organisation demande des réponses sur les remplacements, la santé mentale, les rythmes scolaires et l’état des bâtiments. Elle réclame également une place plus importante pour les élèves dans les décisions qui concernent la vie des établissements.

Le gouvernement promet d’accélérer les remplacements

Vendredi 2 octobre, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a rencontré des représentants des lycéens, des enseignants et des parents d’élèves. À l’issue de cette journée d’échanges, il a annoncé le lancement d’un « plan d’action » avec les recteurs.

Objectif affiché : réduire les délais de remplacement des professeurs absents. Les classes à examen, en particulier les classes de première et de terminale, doivent être prioritaires. Le ministre a reconnu qu’une absence prolongée pouvait pénaliser directement les élèves.

« Vous êtes écoutés, entendus et crus dans vos angoisses », a déclaré Édouard Geffray en s’adressant aux lycéens mobilisés. Il a aussi annoncé un travail sur la démocratie lycéenne. Cette expression désigne les moyens donnés aux élèves pour participer davantage à la vie et aux décisions de leur établissement.

Le ministre a toutefois fixé une limite. Il a reconnu l’existence d’enjeux concernant les bâtiments scolaires, les classes et les rythmes de travail. Mais il a indiqué ne pas être en mesure de prendre une décision pour la rentrée 2027.

735 établissements perturbés selon le ministère

Selon les chiffres communiqués par le ministère, 735 établissements ont été concernés par des perturbations vendredi. Ce nombre représente une baisse de 30 % par rapport à la veille.

Le ministre a également fait état d’une diminution des violences contre les personnels. Trois personnes ont été blessées vendredi, contre 31 la veille. Ces chiffres décrivent l’ampleur des incidents signalés, mais ils ne mesurent pas à eux seuls la mobilisation. De nombreux rassemblements ont aussi eu lieu sans violence.

Les perturbations peuvent prendre plusieurs formes : blocage des entrées, rassemblements devant les établissements ou fermeture préventive de certains lycées. Pour les familles, les conséquences sont immédiates. Elles doivent parfois modifier leur organisation, tandis que les élèves peuvent perdre des heures de cours.

La situation n’est pas identique partout. Les grands établissements urbains disposent parfois de davantage de personnels et de solutions de remplacement. À l’inverse, les lycées éloignés des grandes villes peuvent rencontrer plus de difficultés pour trouver rapidement un enseignant disponible.

Une réponse encore jugée trop vague par les lycéens

L’annonce ministérielle ne suffit pas à mettre fin au mouvement. Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, a appelé à « continuer la mobilisation » et à rejoindre l’« acte III » prévu mardi 6 octobre.

Pour les organisations lycéennes, le problème ne se limite pas aux remplacements. Elles demandent des engagements précis sur les conditions d’étude, la santé mentale, les rythmes scolaires et la rénovation des établissements. Elles reprochent au gouvernement de répondre par des consultations sans annoncer, pour l’instant, de mesures concrètes sur tous ces sujets.

Cette critique est également relayée par d’autres représentants d’élèves. Certains estiment que le dialogue engagé avec le ministre constitue une première étape, mais qu’il ne permet pas encore de sortir de la crise. Leur position bénéficie directement aux lycéens qui souhaitent obtenir des changements rapides dans leur quotidien scolaire.

De son côté, le gouvernement cherche à reprendre la main sans promettre une réforme générale immédiate. Le plan sur les remplacements peut produire des effets rapides s’il permet de mieux répartir les enseignants disponibles. En revanche, les bâtiments, les rythmes scolaires et la taille des classes nécessitent des décisions budgétaires et des changements plus longs à mettre en œuvre.

Les enseignants appelés à rejoindre la mobilisation

Une large intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer à la journée de mardi, y compris par la grève. Le mouvement pourrait donc dépasser les seuls blocages lycéens et associer des personnels éducatifs.

Les syndicats enseignants portent une revendication proche sur un point essentiel : le remplacement des absences ne peut pas reposer uniquement sur la bonne volonté des équipes. Dans certains établissements, les enseignants doivent déjà absorber des heures supplémentaires ou modifier leurs cours pour éviter que les élèves restent sans encadrement.

Mais cette convergence comporte aussi un risque pour le gouvernement. Une mobilisation réunissant élèves et personnels pourrait rendre plus difficile une réponse limitée aux annonces sur les remplacements. Elle placerait également au centre du débat les moyens consacrés à l’Éducation nationale et les conditions de travail des enseignants.

Le rendez-vous de mardi sera le prochain test

La journée du mardi 6 octobre constituera le prochain indicateur de la mobilisation. Il faudra observer le nombre d’établissements perturbés, la participation des enseignants et la présence des lycéens dans les manifestations.

Le gouvernement devra aussi préciser rapidement le contenu de son plan. Les questions sont concrètes : quels remplaçants seront mobilisés ? Dans quels délais ? Comment les académies traiteront-elles les classes à examen ? Et quels moyens seront consacrés aux autres revendications ?

Le dialogue lancé vendredi peut donc ouvrir une sortie de crise. Pour y parvenir, les organisations lycéennes attendent désormais des décisions vérifiables. Sans calendrier ni mesures précises, l’appel à poursuivre le mouvement risque de conserver sa force.

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