Au PS, Olivier Faure fustige l’hypocrisie des opposants sur les accords locaux avec LFI et résiste aux appels au départ lors du bureau national tendu
Lors d'un bureau national tendu, Olivier Faure a dénoncé l'hypocrisie de ses opposants après les accords locaux avec LFI, défendant militants et direction face aux appels au renouvellement.

Lors d’un bureau national du Parti socialiste marqué par de vives tensions, le premier secrétaire Olivier Faure a vivement répondu, mardi 24 mars au soir, aux critiques de ses opposants internes sur la gestion de l’entre-deux-tours des municipales et sur les alliances locales avec La France insoumise (LFI), ont indiqué à l’AFP et BFMTV plusieurs participants.
Accords locaux avec LFI : reproches et défense d’Olivier Faure
Des délégations du parti ont pointé du doigt des accords d’entre-deux-tours conclus par des candidats socialistes avec LFI dans plusieurs villes — notamment Nantes, Brest, Clermont-Ferrand, Toulouse et Limoges — pour tenter de remporter des mairies. Ces rapprochements ont été présentés par certains opposants comme un manque de clarté de la direction nationale.
Face à ces attaques, Olivier Faure a dénoncé « l’hypocrisie et le cynisme » de ses détracteurs, affirmant que, pour l’essentiel, les fusions avec les listes LFI « ne sont pas le fait de la direction », ni de son courant interne, mais relèvent de courants adverses au sein du parti. « C’est trop facile de venir dire à la direction nationale maintenant que vous avez avalisé des accords avec la France insoumise », a-t-il fustigé, en défendant par ailleurs des militants locaux : « quand il y a des camarades qui sont au combat, je les ai défendus ».
Un procès d’insincérité et une résolution rejetée
Plus tôt dans la soirée, le chef des députés, Boris Vallaud, a pris la parole pour critiquer ces alliances, estimant qu’elles avaient « nourri le procès en insincérité » envers le PS et qu’elles n’avaient pas été efficaces. Selon lui, elles ont parfois été « improductives » et ont alimenté un « front inversé au profit de la droite ».
Vallaud a déploré un manque de « dialogue collectif » pendant l’entre-deux-tours et jugé qu’au bout de huit ans d’opposition, le PS n’était « toujours pas l’alternative ». Il a résumé la défiance de certains par cette interrogation : « On va redire plus jamais LFI mais qui nous croit ? »
Sur cette base, Boris Vallaud a tenté de faire adopter une résolution dénonçant « le manque de clarté et de cohérence » de la direction. La résolution se réfère notamment aux propos d’Olivier Faure, qui, entre les deux tours, avait dit « comprendre parfaitement les choix » de candidats ayant choisi de s’allier localement avec LFI, alors que le bureau national avait acté début mars qu’il n’y aurait « aucun accord national » avec LFI du fait, selon la décision collective, des « propos antisémites intolérables » attribués à Jean-Luc Mélenchon.
Selon plusieurs participants, la direction a refusé de soumettre la résolution au vote — « ils savent qu’ils sont mis en minorité s’il y a un vote », a commenté un proche de Boris Vallaud. D’après des témoins présents, le bureau national n’était toujours pas terminé à minuit.
L’ex-sénateur David Assouline a déclaré que la résolution bénéficiait du soutien d’une majorité de membres du bureau national, information rapportée par des participants au débat.
Pressions internes et appels au changement
La réunion a également vu des appels explicites à un renouvellement de la direction. Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, a demandé à la sortie du bureau national un changement à la tête du parti. Le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, avait auparavant demandé sur BFMTV le départ d’Olivier Faure.
Le maire de Rouen, Nicolas Mayer‑Rossignol, a fustigé l’image donnée aux Français : « Aux yeux des Français, nous sommes apparus comme des tambouillards. C’est la pire des choses », a-t-il dit, appelant à suivre « l’exemple de l’ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche : un socialiste, pour être vraiment de gauche, doit être droit » — propos rapportés comme émanant d’un opposant présent.
Il est rappelé que, lors du dernier congrès du PS à Nancy, Olivier Faure et Boris Vallaud s’étaient alliés, ce qui avait permis à Faure d’obtenir une majorité interne. La faiblesse du consensus actuel illustre la recomposition difficile des lignes internes du parti après les municipales.
Les tensions exprimées mardi 24 mars ont mis en lumière des désaccords profonds sur la stratégie municipale et la direction politique du PS, sans qu’un apaisement clair n’ait été acté au terme du bureau national, selon les participants cités par l’AFP et BFMTV.



